11 100 jeunes seront vaccinés contre la méningite

17 Septembre 2001 - La Voix - Les 11 100 jeunes habitant le Bas-Richelieu âgés entre 2 mois et 20 ans sont appelés à être vaccinés contre le méningocoque du sérogroupe C, dans le cadre d'une vaste campagne qui vise à prévenir des cas d'infection invasive qui peuvent entraîner la méningite.

C'est ce qu'a fait savoir le directeur général du CLSC du Havre, Benoît Marchessault, cette semaine, lors d'une rencontre de presse.

C'est la recrudescence de cas observés l'année dernière qui a poussé le ministère de la Santé et des Services sociaux à prendre cette décision, a-t-il indiqué. En 2000, on a en effet signalé 83 cas de méningite, dont une quarantaine est attribuable au méningocoque du sérogroupe C, l'un des plus virulents pouvant entraîner des séquelles importantes, voire la mort.

Les jeunes les plus susceptibles d'attraper cette bactérie sont les adolescents de niveau secondaire, et les tout-petits de 2 mois à un an, a fait savoir Sylvie Cusson, chef du service aux familles du CLSC.
C'est donc pourquoi le CLSC, maître d'œuvre de cette campagne de vaccination, mettra la priorité sur ces jeunes plus vulnérables.

Même si l'infection à méningocoque n'est pas une nouveauté et qu'elle est même relativement rare en Amérique du Nord, le nombre de personnes atteintes a augmenté au Québec. La campagne de vaccination débutera le 24 septembre et se terminera le 31 décembre. Elle touchera les enfants nés entre le 17 juillet 1980 et le 31 octobre prochain (ces derniers atteignant l'âge de 2 mois au 31 décembre). Selon leur âge, ils recevront entre un et trois vaccins.

En ce qui concerne la clientèle d'âge scolaire, les cliniques de vaccination seront offertes à l'école fréquentée par les jeunes. Les élèves et parents recevront l'information complète par le biais de l'école fréquentée la semaine précédant la vaccination. Cela touche donc les élèves des écoles primaires et secondaires, le Centre de formation professionnelle, le Centre Bernard-Gariépy, le programme Passe-Partout, ainsi que le Cégep de Sorel-Tracy.

Il y aura aussi des cliniques offertes aux enfants fréquentant les centres de la petite enfance. Quant à la clientèle pré-scolaire, il y aura des cliniques offertes selon le lieu de résidence (Ste-Anne, secteur Sorel, secteur Tracy, St-Joseph, St-Aimé-Massueville, St-Roch, Yamaska, St-Ours, St-Robert, St-David et Ste-Victoire).

Pour les jeunes qui ne fréquentent aucune institution scolaire, il y aura une clinique offerte au CLSC du Havre le 10 décembre, entre 15h et 21h.

De plus, il y aura des cliniques de rattrapage prévues pour les personnes qui seront dans l'impossibilité de se présenter aux endroits et dates prévues.

Selon M. Marchessault, on espère ainsi pouvoir vacciner 85 % de la clientèle visée, puisque la vaccination se fait sur une base volontaire. Nous croyons que ceux qui ne voudront pas être vaccinés pour diverses raisons seront tout de même protégés, puisque leur entourage sera majoritairement vacciné, estime-t-il.

Une campagne précédente avait été effectuée en 1993. Toutefois, les jeunes qui ont alors été vaccinés sont invités à se faire vacciner de nouveau, le vaccin de l'époque étant devenu inefficace.

En effet, a fait savoir la responsable de cette clinique, Manon L'Espérance, contrairement à 1993, le vaccin actuel, appelé le Menjugate, amène une mémoire immunologique. Ainsi, les personnes vaccinées contre le méningocoque du sérogroupe C (le plus dangereux), pourront bénéficier des effets du vaccin, même après plusieurs années. Ce qui n'était pas le cas, a-t-elle précisé, du vaccin donné en 1993.

Même s'il faut une équipe importante pour assurer le succès de cette campagne, il n'y aura pas de coupure dans les autres services offerts par le CLSC, a assuré M. Marchessault. On fera appel notamment à des employés de la liste de rappel, et des stagiaires en techniques de soins infirmiers du Cégep de Sorel-Tracy seront aussi mis à contribution.

C'est 125 M $ que le ministère de la Santé a décidé d'injecter pour cette campagne qui vise à vacciner quelque 1,7 M de jeunes à travers le Québec. Ce qui revient grosso modo à un coût de 120 $ par personne vaccinée. Mais comme l'infection à méningocoque peut entraîner la mort ou, à tout le moins, des séquelles importantes, le ministère a décidé d'investir dans cette campagne qui se veut préventive. En Montérégie, 350 000 jeunes seront ainsi vaccinés.

Le Menjugate est un nouveau vaccin au Québec, mais, a fait remarquer M. Marchessault, il a été administré avec succès à quelque 13,5 millions de personnes en Europe. Les études ont démontré son efficacité et sa sécurité. Les effets secondaires sont extrêmement rares, si ce n'est quelques rougeurs locales à l'occasion. Il offre en outre une protection de plus de 90 %, y compris chez les nourrissons.

Signalons que généralement, le méningocoque se transmet par contact avec les sécrétions du nez ou de la gorge d'une personne infectée, même si celle-ci n'a pas de symptôme de la maladie. On peut prévenir l'infection par l'adoption de mesures d'hygiène de base comme se laver les mains fréquemment et éviter le partage d'objets qui ont été en contact avec la salive.

Les adultes sont peu touchés par la bactérie, puisqu'ils possèdent une défense immunitaire adéquate.

Pour plus d'informations sur l'horaire et les dates des cliniques, on peut communiquer avec le service Info-Santé du CLSC au 746-4545.

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