Discussion sur l'avenir du centre-ville : il faut y mettre du sien, affirment plusieurs

19 Janvier 2003 - La Voix - Le froid n'a pas empêché près de 75 citoyens de se déplacer mercredi soir, pour se réunir et discuter de l'avenir du centre-ville. Cette rencontre, initiée par Denis Castilloux, propriétaire du cabaret du St-Cyrille et résidant du centre-ville, a réuni non seulement des commerçants, intervenants socio-économiques et quelques politiciens, mais également des citoyens et résidants qui ont à cœur la revitalisation du centre-ville.

Du conseil municipal de Sorel-Tracy toutefois, n'étaient présents que la conseillère Michèle Lacombe-Gauthier, ainsi que les conseillers Denis Dumont et André Potvin.

Il faut préciser qu'aucune invitation particulière n'avait été lancée, a précisé à La Voix M. Castilloux, qui a toutefois invité certaines personnes, au fil de ses rencontres la semaine précédant l'assemblée, dont le directeur général du CLD Yves Fortin et la directrice générale de la SADC, Sylvie Pouliot.

Les discussions, qui se sont poursuivies durant près de trois heures, ont notamment fait état de l'importance, pour chacun, "de faire son propre bout de chemin" pour faire avancer les choses. Certains ont proposés des petits projets - illuminer le pont Turcotte, par exemple - pour embellir le centre-ville. D'autres ont fait état d'activités qui pourraient y être réalisées.

Mais au-delà de projets concrets, tous se sont dits conscients qu'il fallait développer un sentiment d'appartenance pour la communauté dans laquelle on vit. Changer une certaine mentalité qui porte à dire au nouveau commerçant qui ose se lancer en affaires : Tu "tofferas" pas trois mois.... Améliorer l'accueil tant pour les nouveaux arrivants, les touristes ou pour la clientèle constitue également un point à développer pour certains. Donner plus d'informations aux nouveaux arrivants, a fait valoir Nicole Lavallée-Bergeron. Développer le centre-ville en regard d'un thème particulier, comme cela se fait dans d'autres villes du Québec, avance René Noël, qui suggère le développement d'une restauration spécialisée et diversifiée. Développer un cachet et une ambiance particulière qui metteront de la vie dans le centre-ville.

Le promoteur de l'exposition de voitures anciennes Christian Labonté a pour sa part paraphrasé les paroles du l'ancien président américain John Kennedy, en disant qu'il ne fallait pas se contenter de se demander ce que la Ville pouvait faire pour le développement du centre-ville, mais bien de se demander à soi-même ce que chacun pouvait faire. Des propos qui ont été applaudis.

Plusieurs ont posé des questions concernant le projet municipal présenté dans le plan triennal de Sorel-Tracy pour l'année 2003. Ce projet de revitalisation du centre-ville, au coût total de 1,1 M $, pourrait bénéficier d'une subvention de 50 % (550 000 $) de la part du gouvernement du Québec dans le cadre du programme AGIR pour un renouveau urbain, a rappelé le conseiller Denis Dumont. Toutefois, il faut aller de l'avant en 2003 pour bénéficier de la subvention et à ce jour, près de la moitié des conseillers municipaux ont émis des réticences face à ce projet, lors du dépôt du plan triennal.

À ceux et celles qui répètent que Sorel-Tracy n'est qu'un cul-de-sac, la directrice de la Société historique Pierre-de-Saurel, Catherine Objois, objecte que Sorel-Tracy, par la voie fluviale, ne l'est pas, étant située entre Québec et Montréal. C'est par l'histoire qu'on peut développer un sentiment d'appartenance, a-t-elle fait valoir, rappelant que les frères Simard, des gens originaires de Charlevoix, ont été capables de croire dans notre région.

Normand Fortin a fait valoir de son côté que la marina de Sorel attire bon an mal an 1200 plaisanciers, alors que dans d'autres marinas de l'Ontario, par exemple, les gens s'enorgueillissent d'en attirer que 1000. Il faut s'organiser pour que les plaisanciers restent plus qu'une journée à Sorel-Tracy. Il faut les attirer au centre-ville. Ce sont des gens qui dépensent en moyenne 350$ par jour.

Par ailleurs, plusieurs estiment qu'il faut arrêter de ne faire que des études - les plans d'aménagement du centre-ville qui ont déjà été présentés en 1985 et en 1994 sont toujours d'actualité, prétendent certains.

Beaucoup de questions ont été également posées concernant la formation d'un comité pour l'élaboration d'un plan directeur de développement du centre-ville. Le directeur général du CLD, Yves Fortin, a indiqué que plus de détails seront disponibles d'ici trois semaines concernant l'élaboration de ce plan, qui comporte une importante démarche de consultation publique. Une soirée d'échanges comme celle de mercredi soir s'inscrit, a-t-il indiqué, dans le cumul des informations dont aura besoin le comité pour élaborer ce plan directeur. M. Fortin estime pour sa part que les études ont leur importance pour se positionner et être cohérent avec les différentes démarches entreprises.

D'autre part, plusieurs notent une urgence à déterminer ce que la Ville doit faire avec le Marché Richelieu. Certains des commerçants de l'endroit sont prêts à investir, mais devant l'insécurité reliée avec un futur plus ou moins certain, ils mettent de côté des projets d'investissement qui pourraient s'avérer intéressants pour le centre-ville. Qu'on en fasse une salle de spectacle ou non, ce n'est pas ça qui est important, laisse entendre M. Bonneville, du Saucissier William J. Walter. Une décision doit être prise rapidement, que ce soit dans un sens ou dans l'autre , espère-t-il, de façon à ce que les commerçants puissent prendre des décisions éclairées. À l'heure actuelle, les commerçant du Marché possèdent un bail qui peut être résilié, d'une part comme de l'autre, à 30 jours d'avis.

En conclusion, M. Castilloux dit espérer que cette expérience d'échanges pourra être renouvelée d'une façon ou d'une autre. À cet égard, certains ont exprimé le désir d'en savoir plus sur les études et les plans d'aménagement actuellement sur la table, dont le plan du programme AGIR.

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