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Il faudra recruter de nouveaux médecins avant d'obtenir l'accès 24 heures sur 24
25 Janvier 2004 - La Voix - Le Groupe de médecine familiale (GMF) Richelieu-Saint-Laurent, qui vient de recevoir son accréditation du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, ne sera pas dès maintenant ouvert 24 heures sur 24 et sept jours par semaine. Pour qu'il en soit ainsi, il faudra que l'équipe recrute de nouveaux médecins, ce qu'elle compte effectuer dès la sortie de la prochaine cuvée de jeunes finissants omnipraticiens, à la fin du printemps.
Ceci dit, l'accréditation du GMF constitue une excellente nouvelle, estime le responsable du groupe, le Dr Léandre Chenard, interviewé par La Voix cette semaine.
Car cette accréditation, qui a pour effet de fournir du personnel infirmier supplémentaire provenant du CLSC du Havre, constitue également un effet attractif pour les jeunes médecins. Avec notre accréditation comme GMF, nous sommes maintenant mieux outillé pour faire une offre à de nouveaux médecins, plaide le Dr Chenard.
Notamment, a-t-il fait valoir, un GMF est une unité de médecine familiale de 1ère ligne qui ressemble au milieu dans lequel le finissant a évolué, ce qui peut être attirant pour ce dernier.
D'autant plus que la plupart des postes en Montérégie, en ce qui concerne les "activités médicales prioritaires" (AMP) sont remplis. Ces AMP obligent les nouveaux finissants à effectuer des heures de travail en milieu hospitalier, à l'urgence et dans les CHSLD. À cet égard, le Dr Chenard croit que les nouveaux médecins n'auront d'autres choix que de venir dans des régions plus éloignées de Montréal que la rive sud immédiate, ce qui favorise Sorel-Tracy.
C'est donc dans le but avoué d'attirer de nouveaux médecins omnipraticiens que le Dr Chenard et ses collègues de sa clinique, située route Marie-Victorin (secteur Tracy, à l'étage de la pharmacie Jean Coutu) se sont investis dans ce projet de GMF. Notre motivation, c'est le recrutement de la relève pour notre région, a déclaré le Dr Chenard, qui a fait remarquer que le dernier médecin omnipraticien à s'installer à Sorel-Tracy l'avait fait il y a près de quatre ans.
Jusqu'à tout récemment, un jeune médecin était pénalisé s'il décidait de ne pratiquer qu'en bureau privé. Durant ses premières années de pratique, il ne recevait alors que 70 % du traitement auquel il avait droit. Cette pratique a finalement été abolie, se réjouit le Dr Chenard.
Le GMF regroupe à l'heure actuelle sept médecins les Drs Fontaine, Guillemette, Chenard, ainsi que Rioux, Desmarais, Chevalier et Morin.
Et pour le moment, le GMF ne profitera qu'aux seuls patients qui ont des dossiers ouverts chez l'un ou l'autre de ces médecins.
Généralement, on doit compter 1700 patients par médecin. Toutefois, la moyenne montérégienne est de 1800, et celle du Bas-Richelieu est de 2900 ! Actuellement, les médecins du GMF Richelieu-Saint-Laurent ont 16 000 dossiers ouverts. On compte dans le Bas-Richelieu une quarantaine d'omnipraticiens, sur près de 80 médecins au total.
Il nous faudrait onze médecins supplémentaires dans le Bas-Richelieu pour faire face à la demande, croit le Dr Chenard, qui espère pouvoir compter sur au moins quatre nouveaux médecins dès le mois d'août prochain. Au fur et à mesure que des médecins se joindront à la clinique, le nombre d'heures d'ouverture pourra augmenter, ainsi que le nombre de clients, qui pourra atteindre 2000 pour chaque nouveau médecin.
L'implication du CLSC du Havre
Le CLSC du Havre est à l'origine de l'implantation de ce projet, dont les études préliminaires ont débuté en 2001.
Le directeur général Benoît Marchesseault a précisé de son côté que la reconnaissance du GMF, officialisée le 16 janvier, arrive avec un budget attribué au groupe.
Cela permettra au GMF "d'acheter " les services de deux infirmières du CLSC, qui travailleront en équipe au GMF. Ces infirmières pourront notamment alléger la tâche des médecins en s'occupant de cas à la hauteur de leurs compétences.
La ligne Info-Santé sera également mise à contribution, puisque les cas signalés durant la nuit - du moins au tout début - seront analysés le lendemain pour les clients ayant déjà leur dossier au GMF.
Pour le CLSC, explique M. Marchesseault, la démarche vise à mieux structurer l'offre de services de 1ère ligne, ce qui a des répercussions concrètes sur la fréquentation de l'urgence, par exemple.
M. Marchesseault croit enfin qu'il devrait avoir plus qu'un GMF dans la région, propos corroboré par le Dr Chenard.
On veut que ça marche bien, afin de créer une incitation auprès des autres médecins, a enfin soutenu le médecin qui a accepté dans cette aventure de faire office de "débroussailleur".
Car si la gestion d'un GMF demande un peu plus de bureaucratie à ses médecins, l'implantation de cette nouvelle façon de faire constitue certes, croit-il, une organisation mieux outillée pour répondre aux besoins de la population en matière de santé.














