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Alstom doit cesser ses activités de tôlerie à la fin de mars
4 Février 2003 - La Voix - La compagnie Alstom Canada Power a annoncé cette semaine qu'elle cessera ses activités de tôlerie effectuées à Sorel-Tracy dès le 28 mars prochain.
Déjà, l'entreprise avait dû réduire ses activités dans ce secteur cet été à cause de la décision de son principal client, Siemens Westinghouse, de suspendre son approvisionnement. Cette dernière avait alors invoqué une surcapacité de production suite à l'affaissement du marché des composantes d'alternateur au États-Unis.
Ce ralentissement, qui avait entraîné la mise à pied d'environ 70 employés, devait dans un premier temps s'étendre sur une période de six à neuf mois.
Toutefois, Siemens Westinghouse a récemment fait savoir à Alstom que cette période de ralentissement sera vraisemblablement prolongée pour au moins 24 mois, ce qui ne lui permet pas de prendre des engagements fermes envers Alstom.
En mai, la nouvelle nous avait frappé comme un mur de brique, s'est rappelé le directeur des ressources humaines Pierre F. Renault, rejoint au téléphone par La Voix cette semaine.
Et quand le client a fait connaître sa décision de prolonger cette suspension, M. Renault a déclaré que l'entreprise avait dû se résoudre à prendre la décision de fermer cet atelier.
Ce département (découpage à la presse et vernissage de tôles magnétiques) a une capacité de production annuelle de six millions de tôles, a précisé M. Renault. Le contrat de Westinghouse garantissait la production de cinq millions de tôles par année. Quand nous avons appris la décision de Siemens Westinghouse au printemps, nous avons cherché un client de remplacement mais ce, sans succès, en raison de la conjoncture économique, a-t-il soutenu, indiquant du même souffle que le volume de production, sans cet important contrat, avoisinait les 750 000 tôles par année, ce qui est nettement insuffisant pour être rentable, a-t-il fait valoir.
Sur la quinzaine de travailleurs qui continuaient à travailler dans cet atelier, deux ou trois personnes, qui possèdent une expertise en mécanique ou en électronique, seront affectées à l'atelier des roues.
Le sort des autres travailleurs sera décidé en conformité avec les conventions collectives en vigueur, a précisé M. Renault. Ils pourront être affectés à d'autres fonctions, mis à la retraite ou encore mis à pied.
L'équipement, dont une grande partie était la propriété de Siemens Westinghouse, sera démantelé et rapatrié dans une de leurs usines. Ce qui appartient à Alstom sera pour sa part récupéré, vendu à d'autres établissements Alstom ou vendus à d'autres entreprises.
Cette fermeture ne constitue pas une bonne nouvelle, admet M. Renault. Toutefois, a-t-il voulu mettre en relief, l'atelier Triumf poursuit toujours ses activités temporaires dont la fin est prévue jusqu'en juillet prochain.
L'atelier des roues, qui embauche une centaine de personnes, a pour sa part le vent dans les voiles, a fait valoir M. Renault. J'admets que ce n'est pas réconfortant pour ceux qui risquent de perdre leur emploi, mais pour ce qui est de l'atelier des roues, on y travaille à plein régime. Le carnet de commandes est encourageant et rempli pour les deux prochaines années, a-t-il indiqué, précisant que la production de cet atelier nécessitait quelque 77 000 heures de travail annuellement, ce qui est, selon lui, énorme. Ça fait longtemps qu'on n'avait pas eu un carnet aussi bien rempli dans ce secteur, a-t-il enfin laissé savoir.
Réaction syndicale
De son côté, le président du syndicat des employés horaires d'Alstom, Mario Cournoyer, a admis que la fermeture de l'atelier des tôles s'avérait décevante. C'est sûr qu'on est déçu, mais on ne peut pas nier que le marché est très faible, a-t-il concédé.
Au-delà de la perte d'une quinzaine d'emplois, c'est l'insécurité engendrée par la fermeture de l'atelier qui inquiète les travailleurs. Encore une autre partie de l'usine qui s'en va en lambeaux, a laissé tomber M. Cournoyer. On s'en va tout le temps en plus petit, a-t-il soutenu, rappelant que les 70 travailleurs qui avaient été mis à pied l'été dernier sont aussi affectés par cette fermeture, puisqu'ils risquent pour plusieurs de perdre leur lien d'emploi.
Le droit de rappel - un travailleur garde un lien d'emploi durant trois ans chez Alstom - peut être toutefois théorique pour certains qui n'ont ce droit que pour le département dans lequel ils évoluent. Il n'en pleut pas, des jobs dans la région, a d'autre part fait remarquer le président syndical, disant craindre pour l'avenir de ces travailleurs dont la moyenne d'âge est relativement élevée.
Quoiqu'il en soit, un comité de reclassement sera mis sur pied, et le syndicat compte faire une demande formelle à l'employeur dans le but d'obtenir, pour les pré-retraités, une prime de départ. L'entreprise a un devoir social, même si rien ne l'oblige à verser une prime. On en verse bien aux cadres qui doivent quitter, a-t-il enfin laissé entendre.














