Le retour du Festival de la gibelotte au centre-ville examiné sous toutes ses coutures

19 Octobre 2006 - Les 2 Rives - Louise Grégoire-Racicot - Alors que le conseil d'administration du Festival de la gibelotte est unanime à tenir sa prochaine édition au centre-ville, la Société de développement commerciale du Vieux-Sorel (SDC) sonde ses membres sur quel genre de festival ils souhaiteraient.

C'est ce que nous confirmaient Sylvio Bouchard, président du festival et Jérémy Parent, directeur général de la SDC. Tous deux sont confiants d'arriver à une entente satisfaisante à court terme. Mais certainement pas avant le milieu de novembre puisque les marchands sondés ont jusqu'au 6 novembre pour acheminer leurs réflexions sur le sujet. Date que M. Bouchard trouve éloignée, lui qui comptait présenter à la ville ses demandes d'appui au plus tôt, mais après la conclusion avec des partenaires sur ce que pourrait être la trentième édition du festival, l'été prochain.

Il est en fait en pourparlers avancés pour que d'autres organisations intègrent leurs activités à la sienne - à l'image du Festidanse désormais d'envergure provinciale - dont le Festival nautique du lac Saint-Pierre ou Poker Run.

Une question d'argent

Derrière toutes ces discussions se profile celle du budget pour tenir l'événement. L'an dernier, l'édition a coûté 836 000 $ dont 300 000$ venaient des festivaliers qui payaient des droits d'entrée au site.

Mais une loi interdit que l'on impose des droits d'accès à une artère ou centre-ville. La menace d'une injonction évoquée il y a quatre ans avait d'ailleurs poussé le conseil du festival à changer de site. Une décision qui a nui à son succès, reconnaît M. Bouchard : " Ceux qui n'avaient jamais vu le festival étaient agréablement surpris de son importance. Mais ceux qui l'avaient vécu au centre-ville le boudaient depuis son déménagement. Visiblement ils n'aimaient pas le site et ne se gênaient pas pour le dire. En fait, le caractère principal de notre festival était précisément qu'il se tenait dans un centre-ville. Il a fallu le relocaliser pour s'en apercevoir! "

Un sondage en quatre questions

Qu'en serait-il en 2007 ? C'est la grande question que la SDC pose d'ailleurs à ses membres en leur demandant ce qu'il voient comme formule idéale de financement.

Ils ont aussi à répondre à trois autres questions : êtes vous pour le retour du festival au centre-ville? Combien de jours devrait-il durer? 5, 7 ou 9 ? Quelle serait la principale raison qui inciterait la population à fréquenter le site du festival? Des spectacles mettant en scène des artistes de renom? Des spectacles d'artistes locaux et/ou de la relève? La vente-trottoir? L'aspect social et l'ambiance du centre-ville?

Visiblement, il y a dans ce questionnaire des avenues de réflexion sur la forme que devrait prendre le festival : égal à lui-même ou plus modeste? Plus familial et local? Régional ou international? Moins axé sur les grands spectacles?

Pour Sylvio Bouchard, il y a peu d'intérêt à redevenir le petit festival des années quatre-vingts avec un budget diminué de moitié. Il; s'explique : "Il faut savoir que ce qui coûte le plus cher au festival, ce sont ses infrastructures et l'organisation (personnel et local) qu'il garde à l'année longue pour l'organiser ainsi que la sécurité du site . Cela est financé par les commanditaires. Le reste est consacré aux artistes. La portion payée par les festivaliers. Et le tenir sur neufs jours ne coûte presque rien de plus que 5 ou 7 jours. Si on diminue l'envergure du festival, on risque aussi de perdre nos commanditaires majeurs, Loto-Québec et la SAQ qui vont dans les grands événements et à qui on doit donner de la visibilité. Même si on intègre d'autres activités au festival, il faudra prendre garde de ne pas amener des commanditaires concurrents. Une seule brasserie ou une seule institution bancaire accepteront par exemple d'y être associées. Sans prix d'entrée on ne peut donc rien faire", conclut-il pour le moment.

Mais il est ouvert aux suggestions qui sauront contribuer beaucoup d'argent. Il attend notamment la réflexion de la ville qui est devenue son plus gros bailleur de fonds avec les 50 000$ contribués depuis deux ans.

Chacun doit faire ses devoirs

Mais cette réflexion, elle viendra, a précisé le maire Marcel Robert quand le festival lui aura déposé ses bilans, ce qui guidera le conseil dans ses décisions futures. " Mais en aucun moment on ne veut devenir le bouc émissaire de tout cela. La ville peut être un partenaire important du festival mais les parties doivent régler les problèmes qui leur appartiennent. Certains ont aussi des actes de contrition à faire. Mais chacun a aussi des ressources nouvelles qui amènent un nouveau dynamisme. Et j'ai confiance qu'on arrivera à trouver la solution efficace que tous souhaitent ainsi que les modalités acceptables pour tous. Le retour au centre-ville porte toujours la menace de l'injonction si on impose des droits d'entrée. Le litige à régler dans ce cas, c'est l'heure à laquelle on peut imposer un droit d'entrée sans être illégal."

Et d'insister que tous ont des devoirs à faire avant que la ville intervienne au dossier : "Ce n'est pas le rôle d'une ville de se substituer à ses organismes et de prendre des décisions à leur place. Nous, on supporte les objectifs. Le retour au centre-ville est souhaitable. Reste à voir quelles modalités les groupes concernés se donneront pour en faire un succès"

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