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Ils déplorent le fait de ne pas avoir été consultés Des paroissiens de Notre-Dame craignent la fermeture imminente de leur église
21 Octobre 2002 - La Voix - C'est un cri du cœur qu'on lancé quelques paroissiens de l'église Notre-Dame-du-perpétuel-secours, après avoir découvert avec stupeur en lisant les journaux locaux que leur église pourrait être bientôt vendue à la Ville de Sorel-Tracy.
La fermeture de l'église ne devait pas se faire avant 2004 , fait savoir une des paroissienne, Thérèse Cardin, qui déplore plus que tout le fait que les paroissiens n'aient pas été consultés avant d'évoquer la possibilité d'une vente. Elle a pointé du doigt le curé Réal Decelles qui, selon elle, a d'entrée de jeu toujours souhaité la fermeture de cette église plutôt qu'une des trois autres églises du secteur Sorel (St-Pierre, St-Maxime et St-Gabriel).
En effet, la Ville de Sorel-Tracy, intéressée à implanter une salle de spectacle dans le centre-ville pour abriter notamment les Productions Azimut, veut évaluer les possibilités qui s'offrent à elle.
D'une part, une étude de réaménagement de la salle Georges-Codling, au marché Richelieu, évalue à quelque 4 M $ le coût des travaux en ce sens. Corollaire à ces travaux, un changement radical de vocation pour l'édifice du marché, qui ne pourrait plus abriter la quasi-totalité des commerces existants.
D'autre part, l'achat de l'église Notre-Dame, condamnée à être fermée suite à une restructuration des paroisses de l'Unité pastorale Sorel-Ste-Anne, constituerait au yeux du conseil municipal, une autre alternative intéressante.
Pour le maire Marcel Robert, il est important, a-t-il déclaré à La Voix , d'avoir toutes les options sur la table avant de prendre une décision.
Ce dernier dit avoir approché la direction de l'unité pastorale, qui s'est selon lui montrée ouverte à une éventuelle transaction. M. Robert avance même que l'église pourrait être cédée à la Ville pour la somme symbolique de 1 $, à condition, bien sûr, que la Ville préserve l'aspect patrimonial de cette bâtisse érigée dans les années 20. Une première église, construite en 1911 à l'intersection des rues Prince et Limoges, a toutefois été détruite par les flammes. L'église actuelle - la plus belle de la région, assurent les paroissiens - a été construite à la fin des années 20.
Ceci dit, ce sont les paroissiens, rappelle Mme Cardin, qui ont payé pour leur église au fil des générations. Aujourd'hui, il ne reste plus qu'une messe hebdomadaire, le samedi après-midi. Plusieurs décisions de l'Unité pastorale ont également appauvri l'apport de cette église dans sa communauté, qui voit ses activités considérablement diminuées.
Ce qu'on n'accepte pas dans cette histoire, c'est qu'on ne l'ait pas su , fait remarquer Mme Cardin. On n'a jamais pu discuter de cette question , a-t-elle poursuivi. On veut savoir si on va avoir notre mot à dire dans cette vente a renchéri Gilles Daigle.
Pourtant, soutiennent Mme Cardin et ses collègues, c'est la plus belle église de la région, elle est spacieuse (plus de 1000 places) et plus sécuritaire que l'église St-Maxime, par exemple, cette dernière, de dimension modeste, étant construite en bois. Selon M. Daigle, elle serait même dangereuse pour le feu, alors que l'église Notre-Dame, elle, est à l'épreuve du feu.
Coincée entre les paroisses St-Gabriel, en expansion vers le chemin des Patriotes, et St-Maxime, en expansion vers le boulevard Fiset (ancien St-Pierre), la paroisse Notre-Dame possède un territoire limité. Selon Mme Cardin, les deux paroisses voisines auraient pu "donner" des paroissiens à Notre-Dame pour équilibrer les effectifs.
Aujourd'hui, ces citoyens voient venir avec angoisse la mort de leur paroisse. Je ne sais pas ce qu'on peut faire avec ça. Nous sommes en deuil , déclare Mme Cardin.
Il faut toucher les Sorelois qui ont aimé Notre-Dame , clame-t-elle.
Au moment de mettre sous presse, La Voix n'avait pu rejoindre le curé Decelles, à l'extérieur pour quelques jours. Lors d'une précédente entrevue effectuée l'année dernière toutefois, il avait déclaré que la fermeture de l'église Notre-Dame, qui coûte cher d'entretien - 20 000 $ en chauffage seulement - serait en effet une solution à envisager.
Un lieu pour la culture
Dans un autre ordre d'idées, le conseiller municipal Denis Gagné a réitéré l'importance, pour la Ville, d'avoir un lieu de diffusion culturel, au même titre que le milieu sportif possède le Colisée Cardin comme équipement.
M. Gagné s'exprimait à l'occasion de la période de commentaires des conseillers lors de l'assemblée mensuelle qui a eu lieu lundi dernier.
Selon lui, la réponse à la question, à savoir si Sorel-Tracy a besoin d'une salle de spectacle d'envergure, est oui. À mon sens, c'est primordial. Les villes de notre d'importance ont toutes ce genre de salle. J'espère que tous les intervenants vont s'unir pour réaliser un tel projet. Je crois que c'est un investissement important et nécessaire, et je suis prêt à travailler pour réaliser un tel projet. M. Gagné estime que ça prend ce genre de lieu qui pourra être utilisé par les organismes culturels de la région.
À toutes fins pratiques, a-t-il fait remarquer à La Voix , Azimut a lancé le débat en présentant une étude sur la salle Georges-Codling. Il faut que le monde culturel se concerte, et il faut doter la Ville de cet instrument. Tout le monde va y gagner .
Interrogé à son tour, le maire Marcel Robert a endossé les propos de son collègue sur l'importance de doter Sorel-Tracy d'un lieu de diffusion culturelle. Ceci dit, il compte bien étudier attentivement les options qui se présenteront au conseil, même s'il avoue avoir un penchant pour l'église Notre-Dame. À coût égal, j'admets que je préférerait l'église Notre-Dame, parce que cela permettrait à la Ville de préserver son patrimoine, et au marché de garder sa vocation actuelle.
Ce sont les différents coûts rattachés à l'un ou l'autre des projets qui, finalement, aideront le conseil à prendre sa décision.














