Sans convention collective depuis 3 ans ; Les débardeurs dénoncent le mauvais climat de travail

10 Septembre 2001 - La Voix - Les 19 travailleurs des Élévateurs a grain de Sorel, sans convention collective depuis le 31 décembre 1998, ont donné à leurs représentants syndicaux le mandat d'exercer des moyens de pression visant à amener leur employeur, James Richardson International, à reconsidérer sa façon de gérer les relations de travail dans l'entreprise.

En conférence de presse jeudi après-midi, le président du syndicat, Mario Plouffe, et le secrétaire de la Fédération des employés de Services publics affiliée à la CSN, François Juneau (aussi membre du syndicat local), ont indiqué que depuis l'échéance de la convention, il n'y avait eu qu'une vingtaine de rencontres de négociations, dont une dizaine en présence d'un conciliateur nommé par le ministre fédéral du Travail.

Les relations de travail se détériorent de plus en plus, croit M. Juneau, qui a indiqué que le syndicat a dû déposer quelque 90 griefs pour régler certains différents.

Griefs qui sont souvent gagnés par le syndicat, a-t-il soutenu, faisant remarquer que l'employeur allait invariablement en appel par la suite. L'employeur a choisi la voie de la «judiciarisation». 90 griefs pour 19 employés, c'est beaucoup, a-t-il noté.

La sous-traitance constitue un autre sujet d'insatisfaction pour les travailleurs. La direction de l'entreprise a eu de plus en plus recours à des sous-traitants pour exécuter divers travaux de mécanique, d'entretien et de ménage, des travaux qui font pourtant partie de la charge normale de travail des membres du syndicat, a indiqué M. Juneau.

Selon les représentants syndicaux, il ne s'agit pas à l'heure actuelle d'une négociation traditionnelle. Tout est attaché.
L'employeur demande certains aménagements, comme de diminuer le temps supplémentaire le dimanche. En contrepartie, nous avons nos propres demandes sur certaines garanties ou sur le fonds de pension. Nous ne sommes pas vraiment loin l'un de l'autre, mais le règlement sera global.

Les employés, qui disent n'avoir eu qu'une augmentation salariale de 1 % depuis plusieurs années pour aider l'entreprise à partir son projet de soya, souhaitent maintenant obtenir une augmentation de 3 % par année et signer une convention de cinq ans. Le salaire moyen actuel est d'environ 18 $ et les travailleurs sont à l'ouvrage en moyenne de 30 à 40 semaines par année.

Pour le syndicat, il s'agit donc d'un climat de travail malsain qu'il faut régler. La maison-mère de JRI, située à Winnipeg, ne connaît pas la culture des relations de travail au Québec, croit M. Juneau. Toutefois, Mario Plouffe déplore certains agissements de la direction locale qui, affirme-t-il, utilise certaines mesures d'intimidation et de provocation sous forme de lettres d'avertissement ou de suspension ceci, estime-t-il, sans raison valable.

Il déplore enfin que l'employeur mette en application certaines demandes qu'il a formulées sans qu'il y ait eu entente entre les parties. Nous ne disons pas non à certaines demandes, mais nous voulons en discuter avant de donner notre réponse.

Les moyens de pression votés par les travailleurs visent principalement à publiciser le conflit et ne comprennent pas le recours à la grève générale.

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