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Même si c'est aussi la période de pointe de celle à l'herbe à poux
Bien des gens attribuent leur crise d'allergie à la poussière dégagée lors du transbordement de grains aux élévateurs sorelois
19 Septembre 2006 - Les 2 Rives - Louise Grégoire-Racicot - Plus les bateaux chargés et déchargés aux élévateurs à grains sont gros, constatent certains, plus la poussière de grains qui flotte dans l'air, les enveloppant dans un nuage blanc qui s'étend au gré du vent, est abondante.
Et plus les gens allergiques à ces poussières ont le nez qui coule, les yeux rougis qui piquent, des picotements dans la gorge, des éternuements, voire des difficultés respiratoires. Ils ressortent alors l antihistamiques et pompes à asthme, repartent leurs humidificateurs et arrêtent leurs échangeurs d'air. Certains évitent même de sortir dehors pour marcher, venir manger au centre-ville et ce, qu'ils vivent à proximité du port ou y travaillent à quelques kilomètres, dans un rayon à 5 minutes du port.
Lundi dernier, chez RM Bibeau de Sorel-Tracy, au comptoir des matériaux, on distribuait même des kleenex aux clients, eux qui se disaient affectés par les poussières de grains.
"Du milieu septembre à la mi-novembre, j'en suis un qui mange sa grappe", dit Richard Drouin, un ingénieur des Forges de Sorel dont le système immunitaire tolère très peu ce type de poussière en suspension.
Comme bien d'autres, il se demande ce qu'attend le ministère de l'Environnement pour intervenir dans ce dossier. "Pourtant, quand les entreprises émettent accidentellement des poussières, ce n'est pas long qu'on en entend parler", dit-il pour manifester son étonnement à ce que rien ne se fasse dans ce domaine.
Bien sûr, reconnaît-il, tout dépend des vents. S'ils sont de l'est, c'est fatal pour lui et d'autres travailleurs de l'entreprise, dit-il. Même les gazons et les autos "blanchissent" ou "jaunissent" à vue d'œil, certains jours.
Le maire Olivar Gravel, de Saint-Joseph, reconnaît que des citoyens se plaignent de cet état de fait. Surtout par vent nord-est et fort qui rabat la poussière sur sa ville.
Déjà un avis d'infraction
Lundi matin, la directrice des communications du ministère en Montérégie, Marie-André Thériault confirmait que son ministère a déjà émis, l,an dernier, un avis d'infraction à l'entreprise concernant les poussières émises. Et ce, suite à une plainte d,un citoyen et en vertu de la loi sur la qualité de l'air.
Mais depuis, plus rien n'apparaît au dossier, a-t-elle dit. En 2005, aucune plainte n'a été portée. Ni cette année, dit-elle.
Il appartenait, suite à cet avis qui supposait un correctif, à l'entreprise de proposer des solutions pour redresser la situation. Elle n'était pas toutefois de dire si cette dernière avait fait quelque chose pour minimiser ces émanations de poussières .
Mais assurait-elle, un inspecteur visitera l'entreprise sous peu pour faire le point avec elle sur la question.
L'avis d'infraction ne comportait pas d'amende, répond-elle, car il n'est pas un constat d'infraction qui, lui, est émis après enquête, par un tribunal.
Elle a rappelé que c'est souvent sur plainte qu'intervient son ministère. Plainte prise encore plus au sérieux quand elle est accompagnée de constats médicaux.
Pas de constat médical particulier
À l'Hôtel-Dieu de Sorel, le pneumologue Jacques Godin affirme ne pas avoir enregistré de hausse de demande de soins à cet effet. Ni constaté que des personnes soient particulièrement affectées par cette situation.
Mais, dit-il, les gens qui ont des allergies aux grains et à la poussière ont souvent des problèmes respiratoires. Et les poussières denses peut leur donner tous ces symptômes s'ils y sont exposés régulièrement.
Mais il faut aussi savoir que la période d'allergie à l'herbe à poux est à sa pointe ces temps-ci et ce. Jusqu'au milieu d'octobre, voire jusqu'aux premières gelées. dit-il.
Mais non, il ne note pas une augmentation des cas d'hospitalisation rendus nécessaires par ces allergies dans les mois d'automne.
Cependant, à la pharmacie Brunet du centre-ville de Sorel-Tracy, la pharmacienne Manon Ladouceur, qui y pratique depuis longtemps confirme que lorsque des bateaux effectuent du transbordement, plus de gens la consultent, se plaignant de symptômes d'allergie.
Quant au porte-parole des élévateurs, Benoît Soucy, il n'était pas joignable, lundi, pour réagir à cette information.














