Pour le nouveau concessionnaire Nissan
Un édifice écologique qui permettra de réduire la facture énergétique de 55%

9 Septembre 2006 - La Voix - Hélène Goulet - La bâtisse qui est en train d'être érigée pour le nouveau concessionnaire Nissan, rue Saint-Laurent dans le secteur Tracy, sera de facture hautement écologique puisque sa conception permettra à son propriétaire d'économiser annuellement 55% du montant total des coûts énergétiques.

Cette réalisation deviendra réalité grâce à l'implication de la firme soreloise Concept R, qui s'est impliquée depuis le début dans l'élaboration des devis et plans de l'édifice.

C'est d'ailleurs à cette firme que l'on doit la réalisation du magasin Comptoir Richelieu Botanix, qui, lui aussi, a été érigé il y a deux ans en tenant compte des dépenses énergétiques inhérentes à cette installation.

Ronald Gagnon, de Concept R, estime que la réalisation du bâtiment de Nissan sera d'une efficacité énergétique encore plus grande. Parce que nous sommes intervenus au tout début du projet, nous avons pu proposer des solutions énergétiques plus efficaces, a-t-il fait savoir cette semaine à La Voix, lors d'une visite sur le chantier de construction.

Le technologue examine en effet tous les moyens qui peuvent être utilisés pour améliorer la qualité et le confort d'un bâtiment.

Bien que les installations reliées au coût énergétique coûteront au propriétaire, Yves Ayotte, quelque 100 000 $ de plus que la construction d'une bâtisse aux normes ordinaires, M. Gagnon assure que M. Ayotte pourra faire des économies substantielles et ainsi recouvrer son investissement dans trois ans. Un programme d'efficacité énergétique est en effet subventionné à plus de 60% par le gouvernement fédéral et Hydro-Québec.

L'efficacité énergétique doit être conçue de façon globale. Ainsi, le choix d'un verre plus performant, pour les grandes fenêtres, s'avère essentiel, tout comme l'utilisation d'un isolant composite (un alliage de laine minérale, de mousse et de polystyrène) pour les murs.

Les planchers seront chauffants grâce à un système radiant. Ainsi, comme la salle de montre est très haute, le plancher ne chauffera que l'espace nécessaire pour le confort des gens, au lieu de chauffer le haut pour rien. Le chauffage est en fonction seulement là où c'est requis, a fait valoir M. Gagnon. Il faut toujours éliminer les pertes dès le départ, a-t-il ajouté.

Le plancher, chauffant l'hiver, est aussi refroidissant durant l'été.

Par ailleurs, M. Gagnon a aussi proposé un système d'éclairage qui s'ajuste automatiquement selon la lumière du jour, grâce à des détecteurs de luminosité.

Dans les différentes pièces de la bâtisse, l'éclairage s'allume seulement lorsqu'il y a des gens à l'intérieur.

Les appareils (toilettes, lavabos, etc.) sont tous à débit réduit afin d'économiser l'énergie. Les composantes électrotechniques de la bâtisse sont gérées par un ordinateur de façon à optimiser leur utilisation.

La géothermie, élément essentiel du procédé

Toutes les étapes précitées sont préalables à l'installation du système géothermique, pierre angulaire du procédé d'efficacité énergétique.

Ce procédé consiste à forer dans le sol, à l'extérieur de la bâtisse, quatre trous de six pouces de diamètre et profonds de 150 mètres (500 pieds, soit l'équivalent de 35 étages). De longs tuyaux y sont introduits, dans lequel on insère une solution d'eau et d'antigel qui circule. C'est avec ça qu'on puise ou on rejette l'énergie, explique M. Gagnon.

Durant l'été, la chaleur est rejetée du bâtiment, grâce à la climatisation, pour être emmagasinée dans les puits, alors qu'en hiver, on va puiser cette chaleur pour chauffer l'édifice.

Selon Ronald Gagnon, M. Ayotte, avec cette nouvelle installation, réduira de 51 222 kilogrammes par année les rejets de gaz à effet de serre dans l'air, pour une économie annuelle d'environ 10 000 $ par rapport à un édifice similaire construit selon les normes du Code national.

La géothermie, issue des années 70

L'utilisation du procédé de géothermie existe depuis environ une quarantaine d'années, estime M. Gagnon qui, lui-même, travaille dans le milieu de l'efficacité énergétique depuis une dizaine d'années. À cette époque, on était considéré comme des hippies ! a-t-il lancé en riant.

Si les débuts ont été lents, depuis un an toutefois, le procédé gagne rapidement en popularité, car s'il s'agit d'une technologie dont l'installation est coûteuse, les économies énergétiques importantes sont aujourd'hui reconnues. C'est maintenant parti en flèche, assure M. Gagnon. La technique est plus claire, il y a moins d'inconnus et la preuve de la fiabilité et de l'efficacité d'un tel système a été faite.

Qui plus est, les coûts d'entretien sont limités, assure-t-il, puisque la majeure partie du système - y compris le climatiseur - est sous terre. Ça évite le vandalisme, entre autres, fait-il remarquer.

Enfin, le confort relié à ce système permet même, selon lui, d'augmenter la productivité, surtout grâce au plancher radiant, qui empêche les gens de travailler sur un sol froid et humide.

La construction de la bâtisse devrait être complétée au début d'octobre.

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