En 2005, les bénévoles du CAB ont servi 9860 petits déjeuners dans sept écoles

7 Septembre 2006 - Les 2 Rives - Louise Grégoire-Racicot - Il est très difficile d'apprendre le ventre vide. Les nutritionnistes le disent, les enseignants le constatent. Le Centre d'action bénévole (CAB) l'a conscientisé il y a 10 ans déjà en entreprenant de servir à une quinzaine d'enfants de deux écoles primaires, avant la classe, le petit déjeuner substantiel qui leur permettra de passer à travers les apprentissages du matin.

En 2005, de 115 à 120 jeunes reçoivent à leur arrivée à l'école, cinq matins par semaine, dans un local aménagé à cette fin, un petit déjeuner nutritif comportant céréales, rôties, muffins, bagels servis par l'un ou l'autre des 75 à 90 bénévoles qui contribuent ainsi présence quotidienne chaleureuse et attentive ainsi que de l'écoute, dans sept écoles primaires du Bas-Richelieu.

Et ce nombre pourrait être augmenté, précise Claudette Dupuis Salvas directrice générale du CAB, peu importe l'école, en milieu rural ou urbain. Il suffit que des directions d'écoles primaires en fassent la demande quand elles sentent que des enfants ont faim le matin. "Que ce soit pour quelques élèves seulement ou pour un plus grand nombre, on sera présent", précise-t-elle.

De fait, le CAB ne choisit pas ses "clients". Ce sont les parents eux-mêmes, avertis par lettre, du service en début d'année, qui doivent y inscrire leur enfant.

"Il n'y a pas de honte à recourir à ce service. Personne n'est à l'abri de difficultés financières qui peuvent être passagères, subites ou plus durables. Certains reçoivent de l'aide sociale, d'autres ont des revenus très bas. Ils ont souvent des fins de mois plus précaires. L'important pour nous est de savoir que le parent consent à ce que nous servions ce déjeuner à l'enfant et si ce dernier souffre ou pas d'allergie particulière. D'ailleurs nous faisons attention à ce que nous servons pour éviter ces allergies. Ainsi il n'y a pas d'oeufs ou de beurre d'arachide au menu!"

Une fois que le parent a inscrit son jeune au petit déjeuner, quelqu'un du CAB communique avec lui pour concrétiser le service. Si jamais le parent n'a pas cru bon l'inscrire en septembre mais que la situation l'exige par la suite, il pourra toujours le faire. Et si jamais l'école repère un enfant qui souffrirait de la faim, elle enverra une lettre au parent lui rappelant l'existence de ce service.

Le service, précise Mme Salvas, n'est offert que dans les écoles primaires, là où les besoins sont plus criants et les moyens d'y répondre moins nombreux, dit-elle. "Au secondaire", rajoute-t-elle, "déjà les jeunes sont plus débrouillards et peuvent fort bien avoir recours à du personnel ressource s'ils ont faim. D'ailleurs des services en ce sens existent déjà. Ce qui n'est pas le cas au primaire."

Les petits déjeuners sont servis là aussi où les directions d'école jugent bon qu'ils le soient. À son grand dam. Car, croit-elle, certaines écoles non desservies devraient l'être. Mais, déplore-t-elle, on ne voit pas nécessairement l'urgence de ce besoin . "Mais les milieux changent. Il fut un temps où certaines écoles ne faisaient pas appel à nos services et maintenant le font. Car il y a déplacement d'écoliers d'un secteur à l'autre ainsi que l'ajout de nouveaux arrivants pas toujours fortunés. Le service existe. Il suffit d'en faire la demande et de nous fournir un local ainsi qu'un frigo où ranger des denrées. Nous serions en mesure de répondre à tous les besoins", insiste-t-elle.

Chose certaine, le déjeuner est servi discrètement. Les enfants qui mangent à l'école peuvent rejoindre leur classe en même temps que les autres.

Ce programme coûte 25 000 $ à l'organisme et est entièrement financé par des dons régionaux, excepté une contribution du fonds social de Sears présent depuis le début du service. L'apport du TCM et du théâtre des Marguerites à ce programme est essentiel, dit-elle, de même que la généreuse contribution de Dunkin Donuts (muffins), des dons de fruits et légumes ainsi que de barres tendres pour les collations par divers marchands qui offrent aussi à prix réduits des denrées nécessaires.

Aujourd'hui, le service est accepté. On n'a plus de préjugés à son égard. Un bel exemple de la façon dont la communauté peut être solidaire des siens.

À la recherche de bénévoles

L'équipe actuelle de bénévoles varie de 75 à 90 personnes. Mais il y a encore de la place pour l'élargir et ainsi permettre un répit à ceux qui répondent présents à cette invitation. Les personnes disponibles sont appelées à consacrer au maximum une heure à la fois et les petits déjeuners sont servis de 7 h 30 à 8 h 15, dit-elle.

"Nos bénévoles ne font pas de relation d'aide, c'est bien entendu. Mais ils assurent une présence. Une attention aussi aux jeunes. Il sont une bonne oreille qui sait entendre et référer à l'école ou à la travailleuse sociale quand ils sentent que le jeune vit quelque chose de difficile que ce soit à l'école ou ailleurs."

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