Sorel-Tracy rencontrera le président d'Hydro-Québec, le 29 mars

6 Mars 2004 - La Voix - Hélène Goulet - Le président d'Hydro-Québec, André Caillé, a finalement accepté de rencontrer des représentants de la Ville de Sorel-Tracy, le 29 mars prochain, afin de discuter des répercussions environnementales de l'utilisation, à plein régime, de la Centrale thermique de Tracy. C'est le conseiller Michel Berthiaume, principal défenseur du dossier environnemental dans ce domaine au sein du conseil municipal, qui a communiqué la nouvelle lors de la période des commentaires des membres du conseil de Sorel-Tracy, à l'assemblée mensuelle tenue lundi soir dernier.

M. Berthiaume a indiqué que Sorel-Tracy, qui vient d'adhérer au programme environnemental mondial Agenda local 21, tient à souscrire son action dans un contexte de développement durable et de qualité de l'environnement.

La Centrale thermique, a rappelé à La Voix le conseiller Berthiaume, à l'issue de l'assemblée, a été mise en service entre 1964 et 1968. Ses opérations ont donc débuté avant l'entrée en vigueur de la Loi sur la qualité de l'environnement et de la réglementation applicable à cet égard. Ceci donne à l'entreprise des droits acquis, ses normes d'émissions dans l'atmosphère (oxyde de souffre ou SO2) ayant alors été associées à une installation déjà existante.

La réglementation actuelle limite le taux de souffre du combustible utilisé (mazout) à un maximum de 2% en poids. Hydro-Québec s'est déjà engagée à n'utiliser que des combustibles dont la teneur en souffre atteint un maximum de 1,5 % en poids.

Michel Berthiaume a également rappelé que la Centrale thermique ne devait, au départ, être utilisée qu'occasionnellement, lors de grands froids, par exemple.

Qui plus est, elle était sur le point d'être complètement fermée à la fin des années 80. Toutefois, la baisse générale du niveau d'eau, couplée à une demande accrue d'électricité, tant pour le Québec qu'à l'exportation, font en sorte qu'aujourd'hui, la centrale fonctionne à plein régime.

Conséquemment, la Centrale thermique a rejeté dans l'air en 2003 entre 10 000 et 12 000 tonnes de SO2 , soit 100 fois plus qu'en 2002, rapportait cette semaine un article paru dans le quotidien La Presse sur la centrale de Tracy.

Selon cet article, Hydro-Québec, qui voudrait bien construire la nouvelle centrale thermique du Suroît dans la région de Beauharnois - ce qui suscite un tollé de la part des citoyens de cette région - prévoit utiliser la centrale de Tracy à plein régime pour les années 2005, 2006 et 2007, surtout si les précipitations sont trop faibles dans le Nord pour remplir les réservoirs d'eau.

À la fin de l'assemblée du conseil, lors de la période de questions de la salle, le président de l'Association de vigie municipale, François Gadoury, a offert son appui au conseiller Berthiaume pour la formation d'une éventuelle coalition visant à contrer les effets polluants de la Centrale thermique de Tracy. Ceci même s'il a avoué être sceptique concernant les résultats de la rencontre avec le président d'Hydro-Québec. André Caillé n'abandonnera pas son idée de centrale du Suroît. C'est un gros morceau ! Toutefois, a-t-il poursuivi, la population est sensible au problème de la pollution atmosphérique. Elle a par exemple bien répondu à la demande, par Hydro, de baisser sa consommation d'électricité lors des grands froids. Si les gens de Sorel sont sensibilisés, ils pourraient participer à une coalition, a-t-il enfin laissé entendre, souhaitant également que la société se penche sur l'utilisation d'autres formes d'énergie, dont l'énergie éolienne.



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