Le gouvernement refuse de considérer le cas comme une urgence. Le bris d’un tuyau d’égout à St-Roch tarde à être réparé

10 Septembre 2002 - La Voix - (Hélène Goulet) Une conduite d’égout passant dessous la rivière Richelieu, entre St-Roch et St-Ours, percée depuis la fin du mois de mars, n’est toujours pas réparée.

Une citoyenne de St-Roch, Claire Simard, est quelque peu victime de cette situation, puisque le tuyau d’appoint utilisé en cas de bris passe sous son terrain avant de se jeter dans la rivière.

Et comme l’eau est actuellement très basse, ce tuyau est actuellement presque sorti de l’eau, laissant échapper à l’occasion des odeurs parfois nauséabondes.

Mme Simard, qui déplore la lenteur à voir ce problème réglé, a alerté les médias dans l’espoir de voir s’accélérer le processus.

Une fuite qui n’est pas considérée comme un cas d’urgence

Ce n’est pourtant pas faute, pour la municipalité de St-Roch, ainsi que la municipalité de St-Ours, gestionnaire des eaux usées pour les deux municipalités, d’avoir interpellé le gouvernement afin de procéder aux réparations le plus tôt possible.

La mairesse de St-Ours, Marie Bouchard, a indiqué à La Voix avoir demandé rapidement qu’on reconnaisse ce bris comme un cas urgent. Dans lequel cas la Loi prévoit des mesures d’exception pouvant accélérer la procédure, alors qu’en temps normal, c’est beaucoup plus long. Le représentant du ministère des Affaires municipales et de la Métropole, Jean Pronovost, dans une lettre qu’il a envoyée à Mme Bouchard le 16 août, indique toutefois que même si la Loi sur les cités et villes prévoit de telles mesures d’exception pour les cas de force majeure, le bris de la conduite survenu en mars dernier à St-Roch ne constitue pas, selon le ministère, un cas de force majeure. St-Roch, qui compte obtenir une subvention gouvernementale pour aider à défrayer les coûts pouvant s’élever à plusieurs centaines de milliers de dollars, devra donc utiliser les moyens habituels qui nécessitent beaucoup plus de temps. La mairesse de St-Roch, Suzanne Durrez se dit déçue de cette décision, car elle va retarder les travaux : Avec le gouvernement, ça ne va pas vite ! a-t-elle laissé tomber.

Avant la dernière lettre du gouvernement, a par ailleurs fait remarquer Mme Bouchard, beaucoup de temps et d’énergie avaient été mis sur ce dossier dont nous rappelons ici les principaux faits saillants.

Le bris est survenu à la fin du mois de mars. Après plusieurs jours d’analyse, on découvre enfin, grâce à des procédés de pointe (caméras, substances phosphorescentes), une fuite importante dans le tuyau qui passe à une quinzaine de pieds sous le lit de la rivière Richelieu, ce tuyau devant rejoindre l’usine d’assainissement des eaux située du côté est de la rivière.

Les mêmes analyses ont démontré que cette conduite était en fort mauvais état en plusieurs endroits et cela, même si elle a été installée en 1994. À cette époque, c’est la Société québécoise d’assainissement des eaux (SQAE) qui était gestionnaire du projet, a rappelé Mme Bouchard. Ce tuyau devait être garanti pour une centaine d’années !!! se sont exclamées, chacune de leur côté, Mme Bouchard et Mme Durez. On a tenté d’obtenir des documents relatifs à ces travaux, mais on n’a pas tous les papiers en main, a poursuivi Mme Bouchard. Il nous manque beaucoup de données. Ainsi, pour le moment, l’heure n’est pas à trouver qui est responsable de cet incident, mais cela viendra, assure-t-elle, en faisant remarquer que les citoyens payent encore pour les règlements d’emprunts relatifs à ces travaux.

Mme Bouchard a par ailleurs dû, à la demande du ministère, faire préparer les études et analyses par des firmes spécialisées, ce qui a nécessité encore des délais.

Par ailleurs, quand un tel tuyau n’est plus utilisable, une deuxième conduite – celle qui se trouve sous le terrain de Mme Simard – est alors utilisée. Normalement, cela arrive lors de pannes d’électricité, lorsque le système de pompage est inopérant. Mais là, déplore Mme Simard qui a emménagé en juin dans sa nouvelle maison, c’est plus qu’un dépannage, fait-elle remarquer. Surtout que dans son entrée, on retrouve un trou d’homme relié à cet égout. Pour pallier au problème d’odeur, des employés municipaux sont venus poser un morceau de plastique afin d’empêcher les émanations d’en sortir.

Quant au tuyau lui-même, il se déverse directement dans la rivière, à quelques kilomètres en amont de Sorel-Tracy, où cette dernière puise son eau pour la consommation. L’eau est actuellement très basse, ce qui devient dangereux pour les bateaux d’accrocher le tuyau au passage.

Si la situation avait été déclarée urgente par le gouvernement, on aurait pu faire faire les travaux plus rapidement et à meilleur coût, croit par ailleurs Mme Durez, qui évaluait alors le coût à quelque 250 000 $. Maintenant que la municipalité a fait des demandes de subventions dans un cadre de procédure normale, Mme Durez estime que cela fera monter la facture à 500 000 $ ou 600 000 $, les contractants gonflant souvent la facture dans de pareils cas. Propos auquel acquiesce Mme Bouchard.

Bref, cette dernière déclare ne pas vouloir lâcher le dossier malgré les embûches, et croit que les travaux vont s’effectuer sous peu. La firme d’ingénieur doit remettre son rapport cette semaine, et on compte aller en appel d’offres le plus tôt possible. Il faut toutefois attendre une fois de plus l’aval du ministère. Mais je vous garantis que cela va être fait à l’automne, a promis Mme Bouchard. Je ne lâcherai pas le dossier.

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