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Le Syndicat des travailleurs d’Alstom craint la cessation de la production
10 Septembre 2002 - La Voix - (Hélène Goulet)Selon le président du Syndicat des travailleurs d’Alstom, Mario Cournoyer, différents indices portent à croire que les opérations de production de l’usine de Sorel-Tracy pourraient cesser dans un avenir plus ou moins rapproché.
Tout concorde en ce sens, note M. Cournoyer, qui, lors d’un point de presse tenu mercredi, a rappelé la mise à pied de plus de 70 employés qui a pris effet le 26 juillet dernier.
Selon lui, ces mises à pied temporaires, qui devaient prendre fin en avril 2003, se prolongeront vraisemblablement jusqu’à l’automne 2004. Elles sont attribuables, de dire M. Cournoyer, au «naufrage pour cause de fraudes généralisées du courtier en énergie Enron, qui a entraîné des pertes de contrats avec la compagnie Westinghouse, importante cliente d’Alstom».
Cette situation n’est pas attribuable à la gestion d’Alstom, reconnaît le président syndical, qui déplore toutefois l’augmentation du travail donné en sous-traitance à d’autres PME. La sous-traitance de travaux auparavant effectués à l’usine s’amplifie et aucun effort n’est fait pour donner du travail au personnel de l’usine, a-t-il soutenu. Des équipements ont été prêtés ou vendus à d’autres usines. Tout cela fait qu’il ne reste plus qu’une centaine d’employés au travail et que la déprime s’est installée chez nous.
Par ailleurs, M. Cournoyer a signalé que la convention collective était échue depuis le 30 avril. Selon lui, les demandes syndicales sont relativement modestes et ne totaliserait que 10 % pour un contrat de quatre années. D’après lui, il n’y a eu qu’une rencontre avec la partie patronale en juin où aucun avancement n’a été constaté. Il estime également que les demandes syndicales se situent «nettement plus bas que la moyenne des avantages consentis dans ce secteur industriel lors des récents règlements intervenus».
Le syndicat espère améliorer sensiblement le programme de retraite en injectant à même le surplus actuariel quelque 1,2 M $ pour abaisser l’âge de la retraite à 57 ans.
L’usine dispose en outre du programme gouvernemental québécois «Aménagement de la réduction du temps de travail (ARTT)» qui pourrait permettre de donner du travail à 12 jeunes. Ces fonds gouvernementaux demeurent inutilisés, croit M. Cournoyer, alors qu’un programme de départ assisté à la retraite a été élaboré.
Le syndicat réclame une rencontre
Toutefois, c’est bel et bien l’avenir du secteur de la production qui préoccupe principalement le syndicat, qui a réclamé une rencontre avec le comité de direction de la compagnie. Une lettre en ce sens a été adressée à la direction de l’usine qui, à ce jour, n’a fait qu’accuser réception de la demande. Alstom est locataire des ateliers de production, a-t-il fait remarquer, estimant qu’une entreprise n’a pas intérêt à continuer à louer un édifice n’abritant qu’une dizaine de travailleurs.
Nous voulons avoir un portrait réel de la situation. Nous pensons qu’Alstom veut devenir une firme d’ingénieurs et abandonner la production, a répété M. Cournoyer, qui dit avoir finalement constaté qu’aucune mise à pied n’est survenue dans l’effectif des quelque 300 personnes affectées à l’administration et à l’ingénierie.














