Les agents correctionnels demandent au ministre Dupuis d’agir

30 Juin 2006 - Les 2 Rives - Patrick Turgeon - Les agents de la paix en services correctionnels sont exaspérés par la situation qui prévaut dans les 18 établissements carcéraux au Québec. Ils demandent une rencontre avec le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, afin que celui-ci comprenne l’importance de procéder à un examen en profondeur de la capacité carcérale, mette en place un collège de formation pour les agents des services correctionnels, augmente les ressources, s’assure que les contrôles des sursitaires soient réalisés sur une base régulière et autorise l’agrandissement des plusieurs centres de détention.

C’est pourquoi une quinzaine d’agents de la paix en services correctionnels ont manifesté, jeudi après-midi, devant le Centre de détention de Sorel, qui compte 58 agents. «Le gouvernement abuse et est allé beaucoup trop loin avec l’adoption de sa Loi 142 en décembre 2005. Nous voulons être valorisés dans le travail que nous effectuons. Aujourd’hui, nous voulons sensibiliser la population et les médias au fait que les services correctionnels doivent être améliorés. Au cours des semaines à venir, nos actions se radicaliseront» , nous a affirmé le vice-président du S.A.P.S.C.Q, Stéphane Lemaire.

Il poursuit en affirmant qu’il est temps que le gouvernement prenne des moyens pour changer la donne dans les établissements de détention au Québec. À Sorel-Tracy, on demande d’agrandir l’établissement de 40 places afin de porter sa capacité opérationnelle à 118. En tenant compte des statistiques correctionnelles et du besoin de la Montérégie, cet agrandissement est inévitable. «Nous travaillons avec des agresseurs sexuels, des pédophiles et des membres de groupes criminalisés. Nous avons à les surveiller, mais nous n’avons pas les outils pour le faire. Il serait important de s’assurer que les agents reçoivent la formation et disposent de l’équipement nécessaire pour y parvenir».

Un mémoire réalisé par le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec rendu public en mars dernier souligne l’importance que toutes les régions du Québec aient des ressources et des équipements qui répondent à leurs besoins. C’est ce qui permettra aux contrevenants de purger leur peine dans leur région, de maintenir des liens avec leur famille et leur milieu social et de favoriser leur réinsertion sociale. Quatre grandes recommandations ont été proposées. Leur application permettrait ensuite, dit-on, un meilleur avenir, tant pour la qualité des services que pour la sécurité du public.

«La sécurité du public, de la clientèle carcérale et du personnel sera accrue. L’État québécois, sur une période de cinq ans, peut et doit financer ces mesures qui demeurent la seule façon de se doter d’un système carcéral sécuritaire, qui tient compte de la philosophie québécoise en matière de réinsertion sociale et qui assurera sa crédibilité auprès de la population. La situation actuelle ne laisse plus de choix entre les contraintes budgétaires et la véritable sécurité publique» , précisent enfin les auteurs du mémoire.

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