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Le Centre de transfert de technologie J.-Édouard-Simard est enfin accrédité par Québec
3 Septembre 2002 - La Voix - Même s’il existe depuis 1999, le Centre collégial de transfert de technologie J.-Édouard-Simard, dont les locaux sont situés au Cégep de Sorel-Tracy, vient tout juste d’être accrédité par le ministère de l’Éducation du Québec.
C’est ce qu’a annoncé lundi le ministre d’État à l’Éducation et à l’Emploi, Sylvain Simard, lors d’une rencontre de presse qui avait lieu dans l’institution collégiale.
M. Simard a fait savoir que le gouvernement du Québec investira 975 000 $ en vue de développer et de soutenir le réseau des centres collégiaux de transfert de technologie du Québec. Jusqu’en 1999, il existait 23 centres, et ce nouvel investissement permet la création de cinq nouveaux centres à travers la province, dont celui de Sorel-Tracy.
Ce dernier, qui a été créé il y a deux ans, bénéficiait jusqu’à maintenant de subsides divers, dont une subvention de 225 000 $ de Développement économique Canada pour le démarrage de l’organisme, ainsi qu’un octroi de 250 000 $ de la Société de diversification économique des régions, a fait savoir le président du CCTT, Gratien Lebel.. Un moratoire imposé par Québec en 1999 – dans le but d’ordonner la croissance de ces centres, a indiqué le ministre – a empêché l’organisme de recevoir des subventions plus rapidement.
Aujourd’hui, la reconnaissance officielle du CCTT lui permettra d’obtenir un financement récurrent, les cinq nouveaux centres se partageant en effet 150 000 $ par année pour les trois prochaines années. Outre Sorel-Tracy, qui se spécialise en écologie industrielle, il s’agit des CCTT de Rimouski (innovation maritime), de La Pocatière, André-Laurendeau et John Abbott, regroupés pour former un centre en optique-photonique, de la Région de l’Amiante (oléochimie industrielle) et de St-Jérôme (transport avancé).
À Sorel-Tracy, le CCTT en écologie industrielle a vu le jour dans la foulée des travaux effectués au Centre de recherche en environnement UQÀM Sorel-Tracy (CREUST).
En effet, selon la directrice générale du CCTT, Hélène Gignac, si le CREUST, fondé en 1990, se spécialise dans l’analyse et la caractérisation des résidus industriels (granulométrie fine), le centre de transfert, lui, est axé sur la recherche de solutions appliquées et économiquement rentables.
Marcel Allard, directeur général de la compagnie Recmix, a profité de la rencontre pour illustrer ce propos : l’entreprise qu’il représente valorise et commercialise différents résidus d’aciérie, dont la scorie de QIT-Fer et Titane, qui fournit à elle seule 400 000 tonnes de résidus par année. Il faut donc, selon lui, trouver une valeur ajoutée à ces résidus, trouver à quoi ces résidus peuvent être utilisés, dans un contexte de développement durable et de recyclage d’un produit.
C’est en collaboration avec le CCTT que l’entreprise a pu développer un produit qui peut être mêlé dans un produit de sablage (sand blast). Le produit remplace même avantageusement un produit jusqu’à maintenant utilisé qui est considéré comme étant cancérigène.
L’avantage du CCTT, précise M. Allard, c’est qu’on peut continuer nos recherches chez nous. On a la maîtrise de la recherche, et on a localement un potentiel de développement. On a pu tester le produit et en démontrer l’équivalence par rapport aux autres produits utilisés, tant pour le prix que son rendement compétitif, a-t-il fait valoir, précisant que d’autres projets de recherche étaient en cours.
Pour le ministre Simard, par ailleurs, le renforcement des CCTT à travers le Québec constitue une des voies de solutions retenues par son ministère pour contrer la baisse de l’effectif scolaire dans le réseau collégial public. Les centres, chacun dans un secteur-clé de l’économie québécoise, contribuent à l’innovation technologique ainsi qu’à l’implantation et à la diffusion des nouvelles technologies. Ils travaillent en étroite collaboration avec les entreprises et l’industrie. Ils favorisent la création d’emploi de haut niveau dans les régions et sont un soutien au développement économique régional, a-t-il soutenu.
Selon lui, le Bas-Richelieu, qui a longtemps été considérée comme une région où la pollution industrielle faisait tache d’encre, est en train de faire de cette faiblesse une force économique nouvelle, en devenant un exemple pour la recherche dans le domaine de l’utilisation des résidus industriels.
Soulignons que la rencontre, à laquelle participait également la directrice générale du Cégep de Sorel-Tracy, Françoise Richer, a aussi réuni la vingtaine d’étudiants qui entament, cet automne, leurs études dans le cadre du tout nouveau programme en Environnement, hygiène et sécurité au travail.














