La coopération, une formule d'avenir, dit le directeur général de Covilac

14 Juin 2006 - Les 2 Rives - Patrick Turgeon - La coopération est une formule à succès si on maintien le principe de l'intérêt collectif avant celui à court terme individuel et si on accepte une vision à moyen ou long terme. C'est une façon de faire des affaires qui a fait ses preuves avec 97 coopératives comptant 51 342 membres sont présentes au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Voilà le message lancé par Jean-Yves Lavoie, le directeur général de la coopérative agricole Covilac et de Rosaire Blain, lors d'une conférence prononcée, jeudi soir, lors du banquet d'ouverture de la 157e Exposition agricole de Sorel-Tracy.

Sous le thème "la coopérative, un monde et un monde d'affaires", cette présentation a permis de mieux saisir la portée du mouvement coopératif. Les coopératives dans le monde créent 20% plus d'emplois que les multinationales réunies, a-t-il fait valoir, admettant aussi qu'il est faux de croire que les membres des coopératives n'ont pas leur mot à dire dans la prise de décision. On retrouve des coopératives dans une centaine de pays, lesquelles regroupent 725 millions de membres. "Une coopérative, c'est une entreprise économique appartenant à une collectivité qui a décidé de se prendre en charge pour s'offrir elle-même des services", citant en exemple des dizaines de secteurs d'activités en région qui ont choisi le mouvement coopératif.

La coopération comme formule entrepreneuriale a été fondée en Angleterre en 1844. Au Québec, la première coopérative agricole a été fondée en 1903 à Adamsville, dans la région de Granby, par Jean-Baptiste-Arthur Allaire. M. Lavoie a ensuite précisé que le taux de survie comparatif dans le secteur coopératif est de sept sur dix alors qu'il se situe à quatre sur dix dans le secteur non coopératif. Au Québec d'ailleurs, deux entreprises agricoles sur trois sont membres d'une coopérative agricole. Le Canada se situe à cet effet au 9e rang pour le chiffre d'affaires de la coopération agricole dans le monde avec 13,8 milliards de dollars. C'est 93 milliards de moins que les États-Unis, classés au premier rang. Ce qui force les agriculteurs du Québec à relever d'importants défis.

"La coopération agricole au Québec amène des parts de marché de 85 % de la volaille, 64 % du lait, 54 % des fromages, yogourts et beurre, 65 % du porc, près de 50 % de l'approvisionnement de la ferme et 60 % du sirop d'érable en vrac. En terme de chiffre d'affaires, la Coopérative fédérée de Québec se classe devant plusieurs grandes entreprises. Elle vient également au 13e rang des plus grands employeurs du Québec avec ses 8 000 employés. Dans son ensemble, elle en compte 17 000", de poursuivre M. Lavoie, tout en précisant que la coopération fait place aux femmes et aux jeunes dans l'administration, ce qui serait impossible, croit-il, dans d'autres entreprises à moins d'en posséder un pourcentage d'action. Ce qui fait de la coopération une formule d'avenir.

"Nos valeurs les plus précieuses ne sont pas cotées en bourse, mais la coopération est une formule à succès pour le démarrage, le besoin nouveau, pour combler des vides

et pour faire des affaires rentables au niveau local, national et international", a indiqué M. Lavoie. À cet effet, il a rappelé des paroles qui ont marqué le mouvement coopératif au fil des décennies. "Ce que nous ne pouvons faire seuls, nous pouvons le faire ensemble. L'entrepreneurship, c'est entreprendre et non demander la charité".

Des négociations cruciales

Prenant la parole devant plus de 150 invités, le président de la Société d'agriculture de Richelieu, Dollard Cournoyer, s'est rappelé de grands moments de l'histoire de l'exposition. De ses débuts, sur une ferme de la famille Larochelle, à Sainte-Victoire, et de ses nombreux combats gagnés au fil des années pour assurer sa continuité. Il a également reconnu le travail colossal des bénévoles qui ont permis aux agriculteurs de pouvoir continuer à se rassembler, une fois par année, pour fraterniser et se comparer lors de différents jugements d'animaux. M. Cournoyer a ensuite applaudi les nombreux changements réalisés sur le site de l'exposition depuis le début des années 1990. Changements, convient-il, qui a permis au site de la Société d'être exploité pleinement.

Enfin, ce n'est pas d'aujourd'hui que l'agriculture doit se battre avec les gouvernements pour obtenir sa part, a dit le député Louis Plamondon, soutenant que les présentes négociations sont cruciales pour l'avenir de l'agriculture au Québec. Entre autres, il a fait référence au dossier de la gestion de l'offre, que le ministre conservateur s'apprête à charcuter au profit de l'Ouest, dit-il. Du même souffle, il a précisé l'importance pour le gouvernement canadien de mettre en place des barrières tarifaires. "Nous avons un combat à mener et nous devons continuer à le faire jour après jour. Il faut savoir qu'un producteur américain produit autant d'œufs que tous les producteurs canadiens réunis. D'où l'importance des barrières tarifaires pour la protection des agriculteurs au pays".

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