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Les haies brise-vent, peu coûteuses et efficaces pour l’agriculture
27 Août 2002 - La Voix - L’implantation de haies brise-vent constitue une solution peu coûteuse pour l’érosion des sols, et comporte de nombreux avantages pour les producteurs agricoles. C’est le message qu’a transmis l’agronome Jean-Pierre Bonin à une trentaine de producteurs agricoles réunis le 15 août dernier à la ferme les Entreprises Everi de St-David.
Selon M. Bonin, qui est responsable régional du dossier haies brise-vent pour le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), l’utilisation des haies brise-vent est une pratique encore peu utilisée dans la région. Pourtant, estime-t-il, cette pratique permet d’augmenter le rendement des cultures, de diminuer les coûts de chauffage en les implantant près des installations agricoles; elle permet également de sauver des coûts relatifs à la ventilation en été, puisqu’elle a un effet de climatisation., non seulement pour les ateliers, mais aussi pour les animaux qui se rafraîchissent à l’ombre des arbres. Il est prouvé, de dire M. Bonin, que la température est de 9 degrés C inférieure autour des arbres.
Par ailleurs, les haies évitent l’érosion des sols due aux vents. En hiver, la neige qui s’accumule devient un isolant pour différents arbustes fruitiers (framboises, fraises). L’arbre agit aussi comme filtre en pompant près de 45 gallons d’eau par jour en été. Par le fait même, il retient l’azote et le phosphore qui, autrement, se seraient retrouvés dans des cours d’eau. L’implantation d’arbres diminue donc la pollution, et permet un certain contrôle des odeurs. Elle peut notamment être utile autour des porcheries.
Du côté de la faune ailée, l’implantation de rangées d’arbres permet d’augmenter le nombre d’espèces (de quatre à 28 dans certains secteurs, estime M. Bonin) qu’on retrouve le long des corridors boisés de la région. Ces oiseaux insectivores sont fort utiles pour les cultures, tout en constituant une aire de circulation pour la faune, a-t-il fait remarquer.
Les producteurs agricoles voient souvent l’arbre comme un «ennemi», a noté M. Bonin, rappelant qu’au début de la colonie, le déboisement constituait le principal défi des colons qui arrivaient pour défricher la terre. Au contraire, a-t-il poursuivi, l’implantation de haies brise-vent fait augmenter la production de 10 à 15 %, a-t-il fait valoir.
À ceux qui craignent que la plantation d’arbres risque de reboiser les terres agricoles, Daniel-Francis Vignola, du bureau de Sorel-Tracy du MAPAQ, répond que le déboisement des dernières années en Montérégie est équivalent à 8200 hectares, alors que l’implantation de haies brise-vent (47 000 arbres) n’a représenté que 30 hectares. Les producteurs agricoles manquent d’informations sur les avantages des haies brise-vent, et il faut les sensibiliser, a-t-il déclaré.
Les hôtes de la journée, Geneviève Breton et Richard Potvin, des Entreprises Everi, qui ont une pépinière, des animaux de reproduction et qui font également de la culture maraîchère, sont convaincus de l’efficacité de cette pratique. Ils ont implantés plusieurs haies brise-vent, dont certaines tout récemment. La tenue de cette rencontre d’information à leur ferme a permis de faire une démonstration concrète des avantages reliés à cette pratique écologique.
Selon M. Potvin, on peut utiliser et mélanger plusieurs essences d’arbres, selon la culture. On alterne souvent conifères et feuillus, et on tente d’implanter la haie de façon à protéger les cultures des vents dominants.
Le MAPAQ donne gratuitement certaines essences d’arbre, et les producteurs doivent payer la plantation et l’entretien. Une aide technique gratuite est également offerte.














