Une équipe de soins palliatifs qui aide à apprivoiser la mort dignement


Odette Arseneault, chef de service
des soins palliatifs

14 Mai 2006 - Les 2 Rives - Louise Grégoire-Racicot - Mourir en paix avec soi. Avec les autres. Peu importe que l'on croit qu'il y a la vie après la mort. Ou un long silence éternel. Mourir tout de même dignement. Sereinement. Entouré. À l'hôpital, à l'unité Myosotis ou chez soi.

Voilà la philosophie qui imprègne tous les gestes posés par les personnels attachés aux soins palliatifs du Centre de santé et des services sociaux du Bas-Richelieu rencontrés jeudi dernier à l'occasion d'un point de presse.

Une rencontre qui fut en quelque sorte un échange sur la mort elle-même, ses exigences et la façon d'y faire face, sinon de l'accepter.

" Mourir est inéluctable et fait partie de la vie. Il faut en parler de plus en plus. Pour remettre la mort à sa place, dans une culture qui l'a tassée au profit de la jeunesse et de la santé. Il ne faut pas vouloir vivre à tout prix ni à n'importe quel prix", rappelait Odette Arseneault, chef de service des soins palliatifs.

Ces soins découlent d'une approche qui intègre à la fois des thérapies actives et du soutien moral, pour soulager le malade mais aussi sa famille et ce, pendant la maladie et le deuil. " Elle n'est pas là pour avancer ou retarder la mort mais en atténuer la douleur et l'inconfort. Elle intègre tous les aspects psychologiques et spirituels aux soins qu'elle dispense. "

Telle est l'approche qui caractérise cette équipe composée de médecins et d'infirmières, de psychologue, travailleur social, animateur de pastorale, auxiliaire familiales, inhalothérapeute, ergothérapeute, et physiothérapeute. Ensemble, ils établissent la meilleure approche à adopter pour chaque patient que l'unité suit.

De fait, ces patients sont de tous les âges. L'an dernier, exceptionnellement cependant, elle a entouré de soins un bébé de 3 trois (et sa famille). Des patients qui savent bien qu'ils ne guériront pas mais vont vers la mort, à un rythme plus ou moins rapide.

C'est la condition qui les réunit. Tous, selon qui ils sont, où ils en sont et ce qu'ils souhaitent, sont accompagnés avec leur famille pour franchir cette étape. >A la recherche d'un soulagement optimal de leurs souffrances physiques et morales.


Plusieurs des membres de l'équipe de soins palliatifs

L'équipe est présente tout le temps qu'il faut. pour aider à mieux partir, à exprimer ce qu'il faut et à dénouer, quand il y en a, des nœuds émotifs qui bouleversent celui qui part et ceux qui restent. " Notre histoire en est une d'équipe. Tout tient à ce que chacun apporte à cause de sa formation, en regardant la même personne, en l'accompagnant. Tous contribuent à mieux comprendre les besoins, qu'il soit professionnel de la santé, préposé aux soins, bénévoles, etc. "

Une présence sur appel

" Nous vivons dans une petite région qui a la chance de compter sur une équipe au sein de laquelle on retrouve quatre médecins. Ce qui est rare et exemplaire. Toutes les semaines, nous nous rencontrons pour discuter de nos clients. Ainsi chacun est au courant des difficultés que rencontre chaque client et fait en sorte d'assurer sa sécurité. Ici, les soins sont dispensés 24 heures par jour, 7 jours par semaine, que le malade soit à domicile ou à l'hôpital, par des personnes passionnées de leur travail et en formation continue. Ils savent donner réponse très rapidement aux besoins exprimés, dès qu'ils le sont ", a dit Mme Arseneault.

Ainsi Sorel-Tracy se démarque, assure-t-elle, des autres régions québécoises. Notamment par son service de nuit à domicile et par la présence d'une infirmière spécialisée qui repère, accompagne et réfère un patient qui vient, à l'hôpital, de recevoir son diagnostic de maladie terminale. Cette dernière complète le dossier qui lui permet de s'inscrire aux soins palliatifs s'il le désire sans avoir à répéter toutes les informations qui s'y trouvent. Enfin l'équipe peut aussi offrir du répit aux aidants du malade.

Ainsi la région a été avant-gardiste. On a commencé à y implanter les soins palliatifs en 1996. Au centre hospitalier d'abord. Puis en 1997, cinq lits à l'unité Myosotis du Centre d'hébergement de Sorel-Tracy. Enfin, en 2004, on intégrait tous les services de soins à domicile requis en de telles conditions.

Tout cela, a dit Mme Arseneault, avant que le ministre Couillard dépose sa politique des soins palliatifs, en 2004!

Mourir à domicile

Grâce à ces soins prodigués, mourir à la maison est un choix de plus en plus courant, note-t-elle. Surtout si le malade bénéficie de la présence d'aidants naturels qui peuvent recevoir l'appui de l'équipe ainsi que des équipements adéquats pour l'aider à demeurer autonome le plus longtemps possible.

.L'an dernier, des 140 personnes suivies par son unité qui sont décédées, le tiers étaient toujours chez elles. Un second tiers a résidé quelques temps à l'Unité Myosotis alors que le dernier tiers est mort à l'hôpital. " Chaque patient a sa préférence et nous la respectons. "

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