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L'enquête confirme l'origine criminelle de l'incendie qui a détruit le poste CJSO

11 Avril 2004 - La Voix - Hélène Goulet et Joey Olivier - Journal La Voix - L'incendie qui a complètement détruit l'édifice qui abritait la station de radio CJSO, lundi soir, est d'origine criminelle. C'est ce que confirme l'enquête policière menée par le Bureau régional des enquêtes de la Sûreté du Québec.
Selon le porte-parole de la SQ, l'agent Ronald McInnis, deux jeunes adolescents âgés d'environ 12 à 14 ans ont été vus s'enfuyant, quelques minutes avant le début de l'incendie, lundi soir vers 19h30. Ils portaient tous deux des vêtements foncés. L'un d'eux portait un kangourou en-dessous duquel son chandail dépassait.
L'agent McInnis a de plus fait savoir que l'enquête a déterminé que le feu avait débuté à l'extérieur de la bâtisse, vraisemblablement dans une poubelle située près du mur. On n'a toutefois pas constaté l'utilisation d'accélérant.
La situation n'est pas sans rappeler l'incendie qui avait détruit la Maison des jeunes de Sorel, il y a quelques années. Là aussi, ce sont des jeunes qui avaient malencontreusement mis le feu dans une poubelle à l'extérieur. Le feu s'était propagé rapidement au toit du balcon arrière de cette bâtisse.
Les dommages à l'édifice de CJSO, situé au 100, boulevard Couillard-Després, sont évalués à environ 750 000 $. La bâtisse est également une perte totale. L'incendie n'a pu être maîtrisé que tard dans la nuit; il a nécessité trois appels, selon le directeur du service d'incendie Alain Rouleau.
Mais heureusement, il n'y a eu aucune victime car l'édifice était vide au moment du sinistre.
Une équipe sous le choc
Lundi soir, vers 23h00, les sapeurs étaient encore en action sur le toit. Le propriétaire de la station, Claude St-Germain, était passablement ébranlé par le drame. Debout dans la rue, il contemplait la désolante scène qui se déroulait devant lui. Figé par le froid et le vent, il laissait à l'occasion tomber une réflexion, une crainte, un regret : celui, par exemple, de savoir les toiles qui décoraient son bureau détruites par les flammes; la crainte, pour le comptable qu'il est, d'avoir perdu d'importants papiers en cette période de rapport d'impôts. La peine d'imaginer la destruction de l'équipement, de nombreux documents et d'albums CD - on en comptait au-delà de 3000, juste à l'étage.
Heureusement, certaines archives, qui avaient été remises à Joseph Cardin, un des pionniers de la station à l'époque de sa fondation, ont été acheminées en 1988 et en 2001aux Archives nationales d'Ottawa.
Toutefois, et malgré l'ampleur du désastre, il n'a pas été question pour lui d'abandonner la station de radio. CJSO ne mourra pas ! Nous allons reprendre la diffusion le plus tôt possible, avait-il alors déclaré.
Lundi soir, ce fut également un moment pénible pour les journalistes et les animateurs. C'est 15 ans de ma vie, ce soir, qui s'envolent en fumée ! a déclaré Yannick Lévesque, qui y a débuté sa carrière d'animateur sportif à l'âge de 18 ans.
Le lendemain, l'animatrice Jocelyne Lambert, qui compte aussi plusieurs années de service, disait qu'il s'agissait là d'une terrible épreuve à traverser.
Toutefois, la tragédie a suscité un élan de solidarité envers CJSO, la seule station radiophonique à diffuser de l'information régionale dans le Bas-Richelieu. Des messages de sympathie ont afflué de la part de plusieurs citoyens, politiciens, intervenants locaux, et même d'autres stations de radio telle CKOI-FM.
CJSO revient au centre-ville
La diffusion, dans des installations de fortune, a finalement redémarré 24 heures plus tard, mardi soir, à 19h15.
CJSO, dont lettres signifient Canada,Joseph Simard, SOrel, est le 2e plus ancien poste de radio indépendant du Québec, après CKAC. Le poste a été fondé en 1945, et jusqu'en 1987, la station a eu pignon sur rue au centre-ville, notamment à l'étage du magasin Laflamme fourrures. CJSO a par la suite déménagé boulevard Couillard-Després, dans l'édifice qui a déjà abrité l'Office de la construction du Québec, une bâtisse construite en 1960.
Grâce à la collaboration rapide de son assureur André Lussier, Claude St-Germain a pu revenir s'installer dès le lendemain au centre-ville, au 52 rue du Roi. Toutefois, durant les premières heures de diffusion mardi soir et mercredi, les animateurs ont dû utiliser une installation de fortune, dans une roulotte de construction située près de l'antenne émettrice.
C'est d'ailleurs une chance, estime M. St-Germain, que l'antenne n'ait pas été située près de la station, ce qui a permis une remise en ondes rapide.
Depuis jeudi, l'équipe a complètement intégré le local de la rue du Roi. Pour le moment, ils expérimentent la joie de faire de la radio à la façon des années 50 : la diffusion tout en direct !
Ceci, il s'agit d'une installation temporaire pour les mois à venir, car au moment de mettre sous presse, M. St-Germain ne savait pas encore quel serait l'emplacement définitif de la station.
Témoins recherchés
À l'heure actuelle, les policiers sont à la recherche d'éventuels témoins qui pourraient aider à l'identificationdes deux jeunes suspects. On présume que ceux-ci, qui ont été vus s'enfuyant à pied, demeurent dans le secteur du boulevard Couillard-Després.
Tout renseignement peut être communiqué à la SQ du Bas-Richelieu au 743-7947, ou à Info-Crime Québec, au 1-800-711-1800.














