Le Cabaret du Saint-Cyrille à la recherche d'investisseurs

11 Avril 2004 - La Voix - Les propriétaires du Cabaret du Saint-Cyrille, Denis Castilloux et Lorraine Rochon, lancent un appel à la population dans le but de financer l'hypothèque de l'édifice qui abrite la salle de spectacles.La créance, qui est due dans un mois, s'élève à 160 000 $.

En conférence de presse cette semaine, M. Castilloux a rappelé qu'il avait fait l'acquisition de l'édifice centenaire en 1997, de Gérard Beaudry, qui y avait durant de nombreuses années tenu une quincaillerie.

La bâtisse, située à l'intersection des rues du Roi et Cyrille-Labelle, au centre-ville de Sorel-Tracy, était inutilisée depuis 1989.

Toutefois, la créance fut rachetée il y a quelques semaines par les hommes d'affaires Richard et Louis Bibeau, propriétaires du Cactus Café, lesquels, a fait savoir M. Castilloux, exigent maintenant le remboursement de l'hypothèque d'ici un mois.

Pour M. Castilloux, les structures de financement traditionnelles ne peuvent pas répondre aux besoins de son entreprise, et c'est pourquoi il privilégie une approche différente. Avec l'utilisation d'une hypothèque traditionnelle, les paiements mensuels seraient selon lui trop élevés pour pouvoir prendre de l'expansion.

Il estime donc que la formation d'un groupe de personnes sensibles à l'essor du Cabaret permettrait à ces dernières de prêter un montant remboursable au bout de deux ans, avec un intérêt de 7,75 %. M. Castilloux a fait valoir que ce prêt consenti serait à toutes fins pratiques garanti par la valeur de l'édifice.

Ainsi, le nombre de personnes peut varier, selon le montant qu'ils accepteront de prêter : ça peut être tout autant 160 personnes à 1 000 $ que 16 personnes à 10 000 $, a-t-il noté.

Tout le montage financier sera effectué sous la supervision d'un notaire, a spécifié M. Castilloux. Les personnes intéressées à investir peuvent rencontrer ce dernier pour avoir plus d'informations, mais le chèque devra être fait au nom du notaire.

Que se passera-t-il si le couple fait faillite ou décide d'abandonner avant échéance ? Selon M. Castilloux, la valeur de l'édifice, actuellement évaluée à 136 000 $, doit être sous peu réévaluée à la hausse, à cause des rénovations qui ont été effectuées.

M. Castilloux estime que le Cabaret se trouve à un point tournant de son histoire. L'entreprise, le Cabaret du Saint-Cyrille va bien, a-t-il soutenu. La problématique est strictement reliée à la créance de l'édifice qui abrite le Cabaret.

Si le projet fonctionne, les profits générés par les activités du Cabaret, au lieu de rembourser la dette hypothécaire chaque mois, pourront donc être utilisés pour faire certaines rénovations et, surtout, pour offrir une programmation contenant certains artistes d'envergure internationale. Cela positionnera le Cabaret et par le fait même la ville de Sorel-Tracy comme plaque tournante du milieu culturel québécois et canadien, a soutenu M. Castilloux.

Parmi les artistes pressentis avec qui il est actuellement en pourparlers, il a nommé le pianiste de jazz Chick Corea, le chanteur Tony Bennett et le jazzman Dave Brubeck.

Avec de tels artistes, le Cabaret devra nécessairement étendre sa clientèle au-delà des limites du Bas-Richelieu. Ces artistes, très connus, nous permettront de faire connaître les avantages à venir les voir dans l'ambiance du Cabaret, a-t-il fait valoir.

L'avenir du Cabaret
Mais qu'arrivera-t-il au Cabaret si les gens ne répondent pas à l'appel, ou si on n'atteint pas le montant total ?

Si le montant n'est pas atteint, il y aurait possibilité de compléter le financement avec les institutions traditionnelles, mais M. Castilloux ne le souhaite pas. Les institutions financières voudront être premiers créanciers, s'il arrive quelque chose, a-t-il mentionné. Les petits investisseurs se retrouveraient donc deuxièmes créanciers. Si le montant n'est pas atteint, les chèques seront tout simplement remis à leurs propriétaires.

D'autre part, il n'écarte pas la possibilité d'une fermeture du Cabaret. Mon entreprise peut s'installer ailleurs, a-t-il fait remarquer.

De son côté, l'homme d'affaires Richard Bibeau, rejoint par La Voix afin de connaître ses intentions quant à l'avenir de la bâtisse, si jamais M. Castilloux se trouvait dans l'impossibilité de le rembourser, n'a pas voulu émettre de commentaire. C'est de l'ordre des affaires et c'est privé, a-t-il tout simplement répondu.

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