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Impossible de savoir combien de Bas-Richelois sont sans emploi!

20 Avril 2006 - Les 2 Rives - Louise Grégoire-Racicot - Estimer le pourcentage de chômeurs dans le Bas-Richelieu semble relever de la prospective. Une approche exacte et inexacte à la fois. Car elle repose sur ce que l'on connaît déjà pour anticiper ce qui sera, à partir des perceptions de l'actuel.
En d'autres termes, en ce qui a trait au taux de chômage d'une région comme la nôtre - dont les données ne sont pas actualisées aux trois mois, comme d'autres - on peut dire qu'il est calculé à partir des données du dernier recensement fédéral. Celui de 2001 pour ce qui est de la population totale en âge de travailler, c'est à dire dans les tranches d'âge de 18 a 64 ans.
Trois-Rivières et Sherbrooke sont elles, des villes qui font partie des enquêtes trimestrielles de Statistiques Canada. Plus chanceuses, elles connaissent presque exactement où elles se situent. " Pas le Bas-Richelieu. Nous, on doit travailler avec les vieilles données que l'on peut croiser avec d'autres, prises à diverses sources ", dit Denis Côté du Centre local d'emploi. Et faire des projections avec des informations produites par divers ministères. Rien de plus.
Un biais
Déjà, cela induit un biais dans l'estimation du taux de chômage actuel. Il ne pourra être vraiment défini que lorsque les résultats du recensement de l'été 2006 seront compilés. C'est à dire en 2007 ! Et même là, il ne sera déjà plus complètement à date, réfléchissant la situation de 2006, l'année précédent sa publication|!
L'estimer est aussi une tâche compliquée, puisque la population a varié depuis 2001 dans le Bas-Richelieu. De combien ? Cela dépend des sources d'information. L' Institut de la statistique du Québec donne, pour 2004, 50 772 citoyens dans la MRC.
Des prestataires
Des données tirées de Statistiques Canada rapportent par ailleurs qu'en décembre 2005, le Bas-Richelieu, au bureau de Sorel, desservait 1899 " prestataires d'assurance emploi ", dit-on maintenant alors que la plupart des gens parlent encore et justement de prestataires d'assurance chômage.
En décembre 2004, ce chiffre était de 2313. Ce taux est comptabilisé en tenant compte de la population recensée en 2001 des personnes âgées de 18 à 63 ans. Si la population a augmenté, cela diminue le taux de chômage. Si elle a diminué, cela l'augmente!
Aussi faut-il savoir que la définition d'un prestataire d'assurance emploi au Canada ne correspond pas à celle d'un chômeur utilisée et reconnue par l'Organisation internationale du travail. Notamment celui qui est à la recherche d'un emploi pour la première fois et une autre à la recherche d'emploi mais qui n'est pas admissible à l'aide sociale n'y sont pas comptabilisés. Pour Statistique Canada, un chômeur est une personne qui, la semaine avant le recensement, recherchait un emploi activement et était disponible à occuper un emploi. Soit qu'il ait été mis à pied temporairement et s'attendait à être rappelé ou était disponible à travailler. Soit qu'il recherchait activement un emploi depuis quatre semaines.
De l'aide sociale nommée assistance-emploi
Mais ces données ne révèlent pas non plus comment ces chiffres changent. Bien sûr, certains se sont retrouvés un emploi. Ici et en dehors de la région même s'ils résident toujours dans le Bas-Richelieu. Sans qu'on connaisse le nombre exact. D'autres ont perdu le leur. Certains ont quitté la région. D'autres ont cessé de chercher un emploi. Et d'autres reçoivent de l'aide sociale. De l'assistance-emploi, comme on la nomme désormais.
S'ajoutent donc à ce nombre de personnes sans emploi celles qui reçoivent des prestations dites d'assistance emploi. Ce taux est aussi calculé a partir du recensement de 2001.
Au bureau de Sorel, nous apprennent les chiffres du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale du Québec, on en recensait 1653 en 2005, comparativement à 1668 en 2004. Un taux de 4.6 %.
Le grand inconnu : les sans-chèque
Mais combien sont sans chèque ? Mystère et boule de gomme. Ceux qu'ont dit inactifs sont ceux qui, la semaine précédant le jour du recensement, n'étaient ni occupés, ni au chômage. Donc des étudiants, des personnes au foyer, des retraités, des travailleurs saisonniers en période de relâche qui ne cherchaient pas de travail et des personnes qui ne pouvaient travailler en raison d'une maladie chronique ou d'une incapacité à long terme.
À noter que les personnes retraités ont aussi un statut d'inactifs, mais ils reçoivent un ou des chèques. Soit d'un fonds de pension privé ou public ou encore des prestations de supplément du revenu s'ils n'atteignent pas un seuil minimum de revenus annuels.
Un autre son de cloche
Enfin d'autres données viennent brouiller les cartes. Celles de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) compilées à partir de d'autres sources - soit par exemple, un fichier de revenu Québec portant sur les retenues salariales des employeurs.
En 2003, une telle compilation de l'ISQ - division de la méthodologie et des statistiques économiques et sociales et d'une compilation spéciale faite à Revenu Québec - estimait que, dans le Bas-Richelieu, il y avait 18 956 personnes au travail. Soit 64,5 % de la population dont le revenu moyen d'emploi était de 36 201 $. Un revenu moyen qui la place 24e sur 103 MRC et secteurs québécois pour ses revenus.














