![]() |
Québec réglemente pour séparer la volaille domestique des oiseaux sauvages
11 Avril 2006 - Les 2 Rives - Patrick Turgeon - Maladie hautement contagieuse pouvant causer une mortalité élevée chez la volaille domestique et atteindre rapidement un grand nombre d'oiseaux dans une zone donnée, la grippe aviaire fait peur depuis quelques mois et ce, bien que la souche aviaire du virus (H5N1) n'ait été décelée qu'en Europe et en Asie. Dans certains pays, cette souche a été transmise de la volaille aux humains, mais n'a jamais été isolée au Canada. Même si l'influenza aviaire est absente des élevages canadiens, différentes actions sont posées par le ministère de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation du Québec (MAPAQ) pour diminuer les risques d'introduction de ce virus sur le territoire québécois.
Jean Labbé est technologiste agricole au bureau du MAPAQ, à Sorel-Tracy. Conscient que la publication de certaines nouvelles aient eu des répercussions majeures chez les producteurs de poulet, il se défend bien de vouloir être alarmiste en parlant de la grippe aviaire. Au contraire. Il comprend que les autorités doivent exercer une vigie constante auprès des éleveurs. "Pour le moment, il n'y a aucun cas de souche aviaire (H5N1) qui a été signalée au Québec, au Canada et en Amérique. Au Québec, le ministère de l'agriculture a édicté un règlement en vigueur depuis le 4 novembre 2005 pour réduire les risques d'introduction du virus dans le cheptel québécois. Les gens ont le devoir de le respecter afin de lutter contre ce virus", nous a-t-il précisé, en entrevue, vendredi.
Une grande responsabilité
Le règlement sur le confinement des oiseaux captifs stipule que depuis novembre 2005, chaque propriétaire ou gardiens d'oiseaux doit prendre les mesures nécessaires pour empêcher que ses oiseaux soient en contact direct ou indirect avec des oiseaux sauvages; doit confiner ses oiseaux à l'intérieur d'une installation construite et aménagée de manière à empêcher tout contact direct ou indirect avec des oiseaux sauvages; et ne pas utiliser des eaux de surface pour le nettoyage des lieux, des bâtiments ou du matériel d'élevage ni pour abreuver des oiseaux. Et par oiseaux, le ministère entend tous les oiseaux élevés ou détenus en captivité pour la production de viande, d'œufs, de consommation ou d'autres produits commerciaux, la fourniture de gibier de repeuplement et la reproduction de ces catégories d'oiseaux et les oiseaux de basse-cour de fantaisie.
Depuis quelques semaines, M. Labbé a investi plusieurs heures de son temps de travail pour communiquer avec ses producteurs afin de bien leur expliquer la situation et les aviser des conséquences à ne pas respecter la réglementation. Bien que la plupart des producteurs comprennent bien le message, certains sont plus réticents. Leur cas est alors référé au Service d'inspection du MAPAQ, des pêcheries et de l'alimentation du Québec.
Ce règlement vise en fait à séparer physiquement la volaille domestique des oiseaux sauvages. Ces derniers sont en fait reconnus comme une source potentielle de virus de l'influenza qu'ils peuvent transmettre à la volaille domestique. Entre autres par leurs fientes, a dit le technologiste agricole sorelois, convaincu de l'importance du règlement.
Il apparaît essentiel, soutiennent des spécialistes du ministère, de protéger les volailles domestiques contre toute exposition à des oiseaux sauvages. Car, doit-on le rappeler, en cas d'épidémie, l'élevage d'un producteur ainsi que ceux situés dans une zone déterminée pourraient être contraints à un abattage massif. "Le règlement doit être mis en application pour tous les producteurs et gardiens d'oiseaux et ce, qu'ils en possèdent des centaines ou seulement quelques-uns. Le printemps est un temps propice pour envoyer leurs oiseaux à l'extérieur. Cette façon de faire est désormais interdite. À l'exception de ceux qui installeront des volières selon les spécifications inscrites dans le Guide de confinement et de biosécurité applicable aux élevages extérieurs saisonniers".
Enfin, la meilleure façon de confiner ses oiseaux est de les garder à l'intérieur d'un bâtiment pourvu de murs et d'un toit solide, admet M. Labbé, tout en précisant que Sorel-Tracy est une étape majeure sur la route des oiseaux migrateurs. D'où l'importance, note-t-il, de respecter le règlement édicté par le MAPAQ. Et une autre règle importante à observer est d'éviter de ramener des maladies à la ferme, entre autres, en entrant dans l'élevage avec des bottes souillées ou en conservant la moulée ou la litière dans des endroits exposés aux oiseaux sauvages et à la vermine. Pour de plus amples informations sur la grippe aviaire et les questions entourant le confinement des oiseaux domestiques, il est possible de rejoindre Jean Labbé au numéro 742-3758, poste 225, ou encore en visitant le site Internet du MAPAQ à l'adresse suivante : www.mapaq.gouv.qc.ca.














