La Chambre de commerce invite les entreprises à utiliser les fonds relatifs à la formation de la main-d’œuvre

17 Juin 2002 - La Voix - C’est à l’initiative de la Chambre de commerce du Québec, en collaboration avec Emploi-Québec et les chambres de commerces locales, que vient d’être lancée une initiative visant à favoriser le développement de la main-d’œuvre en entreprise.

En effet, peu d’entreprises, dont la masse salariale se situe entre 250 00 $ et 1 M $, utilisent l’argent qu’ils doivent débourser, chaque année, pour la formation de leur main-d’œuvre.

La Loi 90, votée au Québec il y a quelques années, prévoit en effet que ces entreprises doivent investir 1 % de leur masse salariale dans la formation. Si elles ne le font pas, elles doivent tout de même débourser ce montant en impôts qui est acheminé dans un Fonds spécial à cet effet, et dont l’argent est redistribué à des projets spécifiques de formation.

Le projet lancé aujourd’hui est à la fois audacieux et résolument stratégique, a déclaré cette semaine le président de la Chambre de commerce et d’industrie Sorel-Tracy métropolitain, Jean-Pierre Letarte. Les employeurs de la région qui ne profitent pas des avantages de la loi 90 versent des sommes considérables au Fonds national de formation de la main-d’œuvre (FNFMO). Nous croyons que cet argent leur appartient et qu’ils devraient l’investir dans la formation de leurs employés.

Pour sa part, Gérald Théroux du groupe-conseil GCRH, mandaté pour effectuer une campagne de sensibilisation dans la région, estime que cette initiative adoptera une approche personnalisée. Les employeurs seront ainsi mieux en mesure de prendre des décisions éclairées en ce qui concerne la formation de leurs employés.

Cette campagne, dont les objectifs sont la sensibilisation et l’aide aux entreprises pour l’organisation de leur formation, a pour clientèle cible les entreprises qui payent le montant prescrit par la loi, sans toutefois se conformer aux objectifs de formation. Ce sont souvent des entreprises de services, a fait remarquer M. Théroux. Leurs dirigeants ne voient souvent pas les avantages importants reliés à la formation de leurs employés.

Êtes-vous parmi les employeurs qui font encore un chèque au gouvernement ? constitue le thème de cette campagne de publicité qui comprend la distribution d’un dépliant à cet effet auprès de quelque 500 entreprises de la région.

Une intervention personnalisée de trois heures dans l’entreprise, pour analyser les besoins, sera également accessible gratuitement pour les employeurs intéressés.

La formation peut s’adresser autant à une secrétaire, qui a besoin de se perfectionner au niveau informatique qu’au superviseur qui pourrait bénéficier de notions en relations humaines, par exemple, a fait remarquer M. Théroux. Il faut faire réaliser aux employeurs les multiples besoins de formation, selon le contexte de chaque entreprise, a-t-il fait valoir. Parfois, une formation peut ne durer que quelques jours et s’avère aussi utile qu’une longue période d’études.

Il s’agit donc d’une intervention ponctuelle, d’un projet spécial qui prendra fin à l’automne prochain. Pour la suite, c’est Emploi-Québec qui, selon son mandat habituel, prend la relève. C’est d’ailleurs cet organisme gouvernemental qui gère le Fonds national de formation.

Notre but, c’est de donner le goût de la formation, a souligné M. Théroux. Selon lui, la «culture de la formation » est très peu développée au Québec, contrairement, par exemple, à certains pays d’Europe, où cet aspect est plus développé. En France, la contribution de l’employeur peut s’élever à 1,5 %, voire à 2 % de la masse salariale.

Les entreprises intéressées peuvent déjà s’inscrire en contactant la directrice générale de la Chambre de commerce, Rachel Doyon, au 742-0018.

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