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Oui à Kyoto, mais de facon territoriale disent Louis Plamondon et Bernard Bigras du BQ

29 Mars 2006 - Les 2 Rives - Louise Grégoire-Racicot - De passage à Sorel-Tracy jeudi dernier, le député du Bloc québécois Benoît Bigras, critique du parti en environnement, a précisé qu'il traversait le Québec pour s'assurer que les régions emboîtent toujours le pas au protocole de Kyoto tel que signé par le Canada en 1998.
M. Bigras veut être en mesure de défendre le consensus québécois en cette matière quand s'ouvriront les travaux à la chambre des communes, au début d'avril. Il pourra ainsi se donner un véritable rapport de force, d'autant qu'il se dit inquiet de la position qu'adoptera le gouvernement Harper en cette matière, lui qui se dit favorable à la lutte aux changements climatiques sans toutefois définir comment il la mènera.
Pour le Bloc, garder le cap sur les objectifs de réduction des gaz à effet de serre à la source est essentiel. Mais il refuse que cette politique soit imposée d'un océan à l'autre comme pourrait le prôner le premier ministre. "Il faut une solution équitable pour le Québec dont le secteur manufacturier a déjà diminué de 9% ses émissions de gaz. Lui demander un effort additionnel de 15% encore - la même chose qu'il demanderait aux pétrolières de l'Ouest qui n'ont encore rien fait en ce sens - est impensable. Voilà pourquoi nous proposons une approche territoriale et non globale. Et que le 6% d'efforts qui restent à faire au Québec, on puisse le faire comme on l'entend et non à travers des programmes déterminés à Ottawa. "
C'est donc finalement un droit de retrait avec pleine compensation que réclamera le BQ avec bien entendu présentation de la part du Québec d'un plan clairement défini. Il a déploré que le gouvernement Charest n'ait pas encore pris une position claire et le leadership en cette matière.
Mauvaise performance de la centrale thermique
Déjà le Québec avait emboîté le pas à Kyoto mais ses performances se sont amenuisées depuis deux ans, essentiellement a-t-il dit, à cause du fonctionnement à plein régime des activités de la centrale thermique de Sorel-Tracy.
Abondant dans le même sens, Louis Plamondon a rappelé toutefois que le Bas-Richelieu avait pris le taureau par les cornes pour protéger l'environnement. Il a énuméré les importants efforts consentis par QIT - une référence mondiale, a-t-il dit - la naissance de Conporec et les nombreuses batailles menées par les environnementalistes autour de Michel Berthiaume contre le fonctionnement à plein régime de la centrale thermique. "Nous avons ici fait de grands efforts et heureusement avons des chiens de garde qui ont su ramener une utilisation raisonnable de la centrale, "
M. Bigras se dit toutefois conscient que toutes les régions n'ont pas les mêmes activités et intérêts en matière de défense de l'environnement. Certaines défendent des intérêts économiques aussi. Comme celles qui souhaitent pouvoir continuer à promouvoir l'utilisation des VTT et motoneiges, par exemple. Peut-être faudra-t-il imposer à ces manufacturiers des normes qui ressembleraient à celles de Californie. Ce qui ne changerait pas nécessairement le quotidien de certaines régions tout en atteignant les objectifs. " Il ne faut surtout pas que la protection de l'environnement soit considérée comme une contrainte mais comme de la valeur ajoutée que l'on donne a nos milieux. ", a-t-il conclu,
M. Bigras termine cette semaine sa tournée. Malheureusement il a dû interrompre sa visite à Sorel-Tracy tôt jeudi et n'a pu rencontrer, comme Louis Plamondon l'aurait souhaité, les intervenants du milieu en développement durable et environnement. Mais, se console-t-il, il l'avait déjà fait à Trois-Rivières et à Longueuil où il en a croisé certains.














