Martin Larivière sauve deux fillettes de la noyade

11 Juin 2002 - La Voix - Martin Larivière possède un nom de famille prédestiné. Il est le propriétaire du bateau passeur entre St-Roch et St-Ours, et il réside au bord de l’eau tout près de son lieu de travail. Mais, surtout, lundi dernier, il a sauvé d’une noyade quasi certaine deux fillettes de St-Roch qui étaient tombées à l’eau.

Katherina, 9 ans et sa soeur Claire-Ina Goudreau, 8 ans, se trouvaient sur le quai, près du traversier, en fin d’après-midi, lundi.

Katherina a manifesté à sa sœur son désir d’apprendre à nager cet été. Claire-Ina, elle, a cru qu’elle voulait le faire immédiatement et a innocemment poussé sa grande sœur à l’eau. Je pensais qu’elle pourrait nager, a-t-elle admis par la suite. Mais elle aussi a été déséquilibrée et s’est retrouvée dans l’eau glacée.

Martin Larivière pour sa part, se trouvait par hasard près de là avec sa sœur, qui a aperçu les deux fillettes à l’eau. Quand je les ai vues, je suis allé chercher deux bouées sur le bateau, et j’ai commencé par sauver la plus jeune, qui était plus près du bord, a indiqué à La Voix M. Larivière, un grand gaillard d’une trentaine d’années. Puis, j’ai continué à nager car le courant, qui est très fort, emportait l’autre fillette vers le centre de la rivière.

La seule idée que j’avais en tête, c’est que je ne voulais pas qu’elle meure. Je ne voulais pas vivre ça après. Je la voyais remonter, puis redescendre, puis remonter. Je lui parlais tout le temps, lui disant de rester calme.

Martin Larivière a dû nager une distance de 125 pieds (près de 50 mètres) avant de rattraper Katherina qui avait peur mais qui n’avait toutefois pas perdu connaissance.

Il a pu ainsi la ramener au bord de l’eau, puis reconduire les deux fillettes auprès de leur mère Marianne.

L’eau était elle très froide ? Je ne le sais pas, à vrai dire. Je ne pensais qu’à les sauver. C’était comme une idée fixe. Ce fut une expérience très particulière, et ça n’a pas vraiment été plaisant à vivre. J’était content après, a déclaré M. Larivière. Ce dernier doit son endurance à sa bonne forme physique, car il a pénétré dans l’eau avec son jean, des espadrilles et un chandail de laine, ce qui le rendait d’autant plus pesant.

Après, la pression est tombée, et Martin Larivière dit avoir pleuré durant une heure. Il considère que ce fut un accident bête qui peut arriver chez les enfants. Ne les chicanez pas ! a-t-il lancé à la mère quand il a été les reconduire.

C’est cette dernière qui a communiqué avec les médias afin de remercier publiquement le sauveur de ses deux fillettes. Mme Goudreau, qui a accouché d’un cinquième enfant la semaine dernière, considère Martin Larivière comme un vrai héro.

La mairesse de St-Roch, Suzanne Durez, est de son avis et compte bien faire des démarches au niveau national pour faire reconnaître publiquement le courage du jeune homme.

Quant aux fillettes, elles ont encore un peu peine à réaliser ce qui leur est arrivé. Katherina ne voulait pas prendre son bain, lundi soir, a noté Mme Goudreau.

Mercredi, au moment où les photos ont été prises, Katherina admettait qu’elle avait encore mal à l’oreille, aux bras et aux jambes. À leur arrivée près du quai, Katherina et Claire-Ina ont spontanément couru vers Martin pour lui démontrer de touchants signes d’affection.

Puis, espiègles, les deux sœurs ont voulu se faire prendre en photo sur le quai en se penchant vers l’eau.
La journaliste leur a prié de n’en rien faire…

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