L’Atelier du chômeur fête son 10e anniversaire

11 Juin 2002 - La Voix - C’est par une journée portes ouvertes, qui aura lieu le vendredi 14 juin, que l’Atelier du chômeur célébrera avec la population son 10e anniversaire.

Même si l’organisme a vu le jour dans les années 70 par le biais de la Jeunesse ouvrière chrétienne, qui offrait alors les services d’un comptoir d’entraide, c’est en 1992 que l’Atelier du chômeur du Bas-Richelieu a été incorporé. En 1993, il déménageait ses pénates sur l’avenue Hôtel-Dieu, à son emplacement actuel.

Aujourd’hui, l’Atelier du chômeur est beaucoup plus qu’un endroit où les gens peuvent acheter des articles usagés recueilli auprès de la population.

C’est, d’abord et avant tout, une entreprise d’insertion sociale qui, depuis 10 ans, a créé 19 emplois permanents. L’insertion sociale a pour principe la formation des personnes qui veulent réintégrer le marché du travail, mais qui, auparavant, doivent acquérir une certaine discipline après avoir été en marge du milieu de travail.

La formation, pour une entreprise d’insertion sociale, est institutionnalisée, a fait valoir à La Voix le directeur administratif Jacques Larochelle. Tous les mercredis, il y a de la formation pour les employés sur différents sujets. Ça peut aller de l’économie familiale à la violence faite aux femmes. Il faut aussi parfois montrer à quelqu’un l’importance d’acquérir une discipline, comme celle de se lever le matin. Certains réaliseront qu’il leur faut effectuer un retour aux études.

L’arrivée de la directrice Jacinthe Sirois, en septembre 93, puis de M. Larochelle, deux mois plus tard, aura permis une gestion plus serrée de l’entreprise. Il fallait un redressement. Ou on s’en sortait, ou on coulait, a signalé M. Larochelle, qui se rappelle que les ventes hebdomadaires de l’époque oscillaient entre 200 et 300 $.
Aujourd’hui, le chiffre d’affaires se monte à quelque 288 000 $ de revenus autogérés annuellement, excluant les subventions. Emploi-Québec a accrédité officiellement l’Atelier comme entreprise d’insertion sociale en mars dernier, la première au Québec.

D’ailleurs, l’expérience de l’Atelier du chômage est reconnue à travers la province comme un modèle du genre.

En fait, résume M. Larochelle, il y a plusieurs façons de voir l’Atelier : comme entreprise d’insertion (la première mission), la mission d’entraide et de protection de l’environnement, parce qu’on récupère, on réutilise et on recycle à peu près tout ce que la population vient porter. L’atelier a aussi pour objectif de créer des emplois durables. Depuis 1994, tous les surplus budgétaires sont affectés à la création d’emplois.

Un des grands succès de l’Atelier, c’est que la population se l’est appropriée, croit pour sa part Mme Sirois. C’est infernal ce qui peut rentrer, tout ce qu’on nous apporte. Si on tente d’imaginer ce que représente les 600 tonnes de vêtements que les gens ont apporté l’année dernière, ça représente, en surface, l’équivalent de 100 magasins comme l’Atelier !

Seulement 5 % de tout ce qui est apporté à l’Atelier prend le chemin de l’enfouissement, estiment Mme Sirois et M. Larochelle. Certains objets, comme les électroménagers, sont rafistolés, d’autres, comme les vêtements inutilisables, sont vendus au poids à des entreprises de recyclage.

Les gens ont acquis l’habitude de venir porter ce qu’ils n’utilisent plus, note M. Larochelle. Auparavant, a-t-il remarqué, c’était par gros sacs verts. Maintenant, ce sont de plus petits sacs, parce que, croit-il, les gens font leur ménage plus régulièrement. L’inventaire roule beaucoup.

Et, de plus en plus, fait valoir Mme Sirois, les gens sont moins gênés d’avouer publiquement qu’il se sont procurés un article à l’Atelier. Il faut dire que quand on peut acheter des vêtements d’enfant très propres à 0,50 $ l’unité, ou un manteau d’hiver de qualité à moins de 10 $, ce n’est vraiment pas cher.

Les dirigeants de l’Atelier ont des projets plein la tête. Notamment, on espère développer une section «antiquités» , puis effectuer une cueillette de vêtements sur le territoire de la MRC de la Jemmerais, où les jeunes familles sont plus nombreuses, de façon à pouvoir offrir plus de vêtements pour enfant.

Certains projets prometteurs ont toutefois échoué pour diverses raisons. Ainsi, le projet de l’atelier de couture n’a pu atteindre un seuil de compétitivité. Il aurait fallu, estime Mme Sirois, être équipé à la fine pointe de la technologie pour pouvoir être compétitif. Le projet d’une boutique de vêtements griffés à Montréal a aussi avorté, le momentum, dans ce cas, ayant été mauvais, tout comme une mauvaise température persistante ce qui a éloigné la clientèle.

Fort de leur expertise dans le domaine de la récupération et le recyclage, l’Atelier du chômage souhaite par ailleurs être partie prenante dans la réalisation plan de gestion des matières résiduelles de la MRC du Bas-Richelieu, tel que le prévoit la loi. C’est un projet qui peut faire émerger la région comme leader de l’environnement durable, croit enfin Mme Sirois.

L’horaire de la journée portes ouvertes sera de 9h30 à 11h30, puis de 13h30 à 15h30

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