Hydro-Québec, litre d’essence à la pompe, le lait, etc.
Des hausses qui frappent de plein fouet les plus démunis

17 Mars 2006 - Les 2 Rives - Marilyne Champagne - En septembre dernier, le prix de l’essence à la pompe a atteint un sommet historique de 1, 47 $ le litre au Québec et en janvier dernier, le litre de lait a subi une augmentation de 3,58 sous. Pour sa part, Hydro-Québec a annoncé la semaine dernière que les usagers devront absorber une hausse des tarifs de 5,3 % à compter du 1er avril, tandis que la SAAQ souhaite que le coût du permis de conduire sans point d’inaptitude passe de 46 $ à 127 $ en 2008. Voilà un constat peu réjouissant, surtout pour les personnes les plus démunies de notre société qui ont déjà de la difficulté à rejoindre les deux bouts. Pensons notamment aux personnes âgées qui ne vivent que d’une pension de vieillesse ou aux familles monoparentales.

Mise en place de mesures

Pour Jacques Patenaude, agent en économie sociale au Centre local de développement du Bas-Richelieu, il est évident que ce sont les personnes les moins en moyen qui souffrent le plus de ces hausses.

Néanmoins, dans une optique de développement durable, les hausses d’Hydro-Québec peuvent avoir un effet positif puisqu’elles obligent les gens à réduire leur consommation. Plusieurs personnes qui utilisaient le mazout pour se chauffer font le passage à l’électricité, ce qui réduit inévitablement les gaz à effet de serre. Le véritable problème se situe dans l’inexistence de moyens d’adaptation proposés par la société d’État. Comme l’explique M. Patenaude, Hydro-Québec n’a pas besoin des surplus engendrés par cette hausse des coûts pour exister. Avec ce surplus, elle devrait mettre en place des mesures d’adaptation graduelle passant notamment par l’éducation. Par exemple, de nouvelles ampoules en spiral ont été mises sur le marché. Moins énergivores, elles permettent d’obtenir l’éclairage d’une ampoule de 60 watts en ne consommant que 13 watts. D’une durée de vie de 10 000 heures, soit d’environ 9 ans, ces ampoules permettent actuellement des économies substantielles. On obtient aussi des économies semblables en se dotant d’un système de chauffage à contrôle électrique ou avec une pompe de douche à débit réduit. «Les personnes démunies ne peuvent pas se payer de ces nouvelles ampoules plus coûteuses que les traditionnelles. C’est là

qu’Hydro-Québec devrait jouer son rôle. Quand il y a des hausses comme celles-là, la société d’État devrait s’assurer que le portefeuille global des consommateurs ne soit pas affecté.», estime M. Patenaude. Selon ce dernier, en plus de l’éducation, Hydro-Québec pourrait mettre en place des mesures qui pourraient agir directement à la source en finançant, par exemple, la construction de logements sociaux de qualité. Souvent, les gens habitent des logements mal isolés parce que les personnes en charge de la construction doivent travailler avec de petits budgets. Subventionner ces constructions serait un pas dans la bonne direction.

Faire évoluer le discours

Pour l’agent du CLD, les médias n’ont fait que s’indigner devant le constat des hausses, sans pour autant suggérer des solutions. Devant un problème, les gens ne réfléchissent pas toujours aussi loin qu’ils le pourraient. Il faut se questionner sur les surplus engendrés par ces hausses et faire en sorte qu’ils soient utilisés à aider les plus démunis, soutient M. Patenaude.

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