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Le conseil devra aller en référendum ou abandonner le projet, 1174 personnes ont signé le registre pour contrer le projet des barrières ferroviaires
4 Juin 2002 - La Voix - (Hélène Goulet) - Ça prenait 698 opposants, mais il en est venu 1174, mardi dernier à l’hôtel de ville de Sorel-Tracy, pour signer le registre. Cette séance massive de signatures empêchera le conseil municipal d’aller de l’avant avec son projet de règlement d’emprunt de 822 000 $ pour l’implantation de barrières aux passages à niveau des boulevards Tracy et des Érables, ainsi que l’installation de clôtures le long de la voie ferrée.
Il s’agirait de la plus importante signature de registre depuis au moins 25 ans, estimait, mercredi, le greffier Jean Charbonneau, actuellement en convalescence, rencontré par hasard au centre-ville. Ce fut par ailleurs une journée chargée pour le personnel, puisque les signataires ont défilé à raison d’une centaine à l’heure ! On se serait cru un jour d’élection, a lancé le greffier par intérim, René Chevalier.
Au moment de mettre sous presse, le maire de Sorel-Tracy, Marcel Robert, a indiqué à La Voix que 76 % des signataires, soit 890 personnes, étaient en provenance du secteur Sorel, alors que 284 signataires étaient de Tracy. Le ratio de population globale de Sorel-Tracy est de 65 % de résidants à Sorel (environ 22 000 citoyens), et de 35 % résidants de Tracy (12 000 citoyens).
D’autre part, a signalé M. Chevalier, il y a eu des gens du secteur concerné qui sont venus signer.
M. Robert a par ailleurs indiqué qu’il n’était pas surpris du résultat. Au moment de mettre sous presse, jeudi, le conseil n’avait pas encore statué sur la décision à prendre, suite à cette signature. Normalement, a-t-il fait savoir, le conseil rendra publique sa décision lors de la prochaine séance mensuelle qui se tiendra lundi soir, 3 juin.
Deux choix s’offrent au conseil : abandonner le projet ou aller en référendum sur la question, ce qui implique un coût de 100 000 $ environ. On pourrait aussi retirer notre règlement d’emprunt actuel et proposer autre chose par la suite, a-t-il fait valoir.
Ceci dit, M. Robert admet que les discussions risquent d’être difficiles au sein même du conseil, puisque les élus sont divisés sur la question. Pour sa part, il se dit plus sensible sur la question du bruit des trains que sur la question de la sécurité, estimant que les citoyens doivent se responsabiliser.
Le conseiller Daniel Bérubé, qui avait voté contre le règlement, a réitéré sa position, à savoir que le projet se devait d’être peaufiné avant d’être présenté à nouveau devant la population. Lui-même a déjà suggéré, question de sécurité, de poser des arrêts obligatoires dès maintenant, aux passages à niveaux des boulevards Tracy et des Érables. Plusieurs ont dit que c’était à la population de se prononcer sur la question, a-t-il fait remarquer. La population, du moins une partie de celle-ci, s’est maintenant prononcée contre ce règlement d’emprunt. Selon lui, il faudra donc au conseil se pencher à nouveau sur la question, de façon à répondre aux attentes de la population.
Ce projet a soulevé la passion tant chez ceux qui souhaitaient l’implantation de barrières que chez les opposants. Il s’agit d’un dossier épineux depuis plusieurs années pour les résidants du secteur de Tracy, aux prises avec un problème quotidien de bruit puisque l’absence de barrières oblige les trains à siffler longuement et fortement pour avertir les automobilistes, aux passages à niveau. La mort récente de la jeune Audrey Parenteau, 21 ans, dont l’automobile a été happée par un train il y a quelques semaines, a soulevé également la question de la sécurité.
Des opposants – des affiches de Mikes Enseigne ont été installées un peu partout dans la ville sur la question – trouvent généralement que le coût est trop élevé.
Pour sa part, le fondateur de l’Action civique active, Nidal Joad, se dit d’accord avec l’implantation de barrières, mais contre un règlement d’emprunt. Il estime que d’autres solutions plus économiques pourraient être envisagées, dont certaines pourraient être immédiates (système de brigadiers et patrouilles de police). À plus long terme, les sommes requises pour ces travaux devraient être prévues au budget sans qu’il soit nécessaire d’aller en règlement d’emprunt.














