La CSN demande une médiation préventive. Les syndiqués de l’Auberge de la Rive veulent «tourner la page»

27 Mai 2002 - La Voix - (Hélène Goulet) Au lendemain du jugement de la Cour supérieure du Québec qui a ordonné aux propriétaires de l’Auberge de la Rive de réembaucher les employés syndiqués, tel que le prévoyait le protocole de retour au travail signé en mars 2001, les syndiqués souhaitent maintenant pouvoir «tourner la page» afin de pouvoir retrouver leur emploi respectif et travailler.

À l’aube d’une saison touristique qui s’annonce extraordinaire au Québec, selon le président de la Fédération du commerce Jean Lortie, il est également important que les parties puissent se rapprocher et mieux collaborer ensemble puisque, a-t-il fait remarquer, une entreprise touristique a pour but de servir des touristes, donc des êtres humains. Un climat de travail malsain serait préjudiciable à l’entreprise.

À cet égard, la CSN a demandé au ministère du Travail du Québec d’affecter un médiateur afin que la direction de l’Auberge et le syndicat participent à un exercice de médiation préventive, a pour sa part fait savoir Pierrette Poirier, présidente du Conseil central de la Montérégie, lors d’un point de presse tenu jeudi pour faire le point sur la fin du conflit.

Mme Poirier a également indiqué que les représentants de la CSN ont invité les membres du syndicat à faire preuve de patience et de tolérance. Le retour au travail, suite au jugement du juge Jean-Jacques Croteau, s’est effectué selon elle dans un certain cafouillage que l’on espère toutefois attribuable à la rapidité dans laquelle la décision a été rendue. Des commis-débarrasseurs (bus boys) n’auraient pas été rappelés tel que prévu notamment.

Il faut rétablir le climat de travail, ont soutenu les représentants syndicaux à plusieurs reprises.

Nous comprenons que la situation est délicate, qu’un conflit de travail aussi dur et long laisse des séquelles, qu’il puisse encore y avoir de l’animosité de part et d’autre, a déclaré Mme Poirier. Cependant, nous croyons que nous avons besoin d’espace et de temps.

Selon M. Lortie par ailleurs, la démarche de médiation préventive donne en général d’excellents résultats. Lundi prochain déjà, les porte-parole des deux parties doivent se rencontrer pour établir les balises de cet exercice.

La Cour a permis le retour au travail, et il faut maintenant passer à une autre étape, afin de passer un bel été, tant pour les travailleurs syndiqués que l’employeur et les touristes, a fait valoir M. Lortie. La Saison s’annonce très bonne selon tous les indicateurs, et on s’attend à ce qu’il y ait beaucoup de visiteurs américains au Québec.

La présidente du syndicat, Rachel Pelletier, admet qu’il y a encore de l’inquiétude parmi les employés, dont une trentaine ont été rappelés à ce jour. Mme Pelletier a profité de l’occasion pour remercier la population en général pour son appui, et plus particulièrement le député Sylvain Simard pour sa prise de position publique en faveur des employés.

Les priorités sont de repartir l’Auberge et d’améliorer les relations de travail, a enfin indiqué le conseiller syndical Fernand Lacoursière. En ce sens, estime-t-il, les prochains jours seront cruciaux.

On revient dans un cadre normal de travail, avec une convention collective et tout ce qui s’y rattache, comme le droit de grief, a pour sa part fait remarquer M. Lortie. On ne veut pas faire 700 griefs par semaine, a-t-il déclaré, insistant sur l’urgence d’arrêter l’escalade des affrontements. Le syndicat à des efforts importants à faire. Il faut faire disparaître la hargne de part et d’autre, et ne pas s’embarquer dans d’autres affrontements a-t-il conclu.

Signalons que les parties doivent toujours se rencontrer devant un arbitre du travail, le 10 juin, pour interpréter la convention et le protocole quant au droit de rappel et au lien d’emploi des syndiqués. La décision de la Cour supérieure est temporaire, jusqu’à ce que l’arbitre tranche sur le fond de la question.

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