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Le CLD mise sur le développement durable

21 Mai 2002 - La Voix - (Hélène Goulet) - Le Centre local de développement du Bas-Richelieu (CLD), qui tenait mardi soir son assemblée générale annuelle, mise principalement sur le développement durable pour assurer la croissance économique de la région.
Le plan de reconversion industrielle et de redressement économique, en constituant un élément unificateur, a déjà porté des fruits, a constaté le directeur général du CLD, Yves Fortin, faisant le bilan des actions de l’organisme pour l’année 2001.
Après avoir rappelé que ce bilan faisait état de la création ou la consolidation de plus de 700 emplois dans la région – la création du parc industriel régional Ludger-Simard constituant un des facteurs importants de la relance – M. Fortin a fait état du potentiel «exceptionnel» que représente la région et de la volonté manifeste de nombreuses entreprises et groupes locaux d’intégrer la gestion environnementale à leurs façons de faire.
Le CLD du Bas-Richelieu s’est donné pour objectif de positionner, au cours des cinq prochaines années, le Bas-Richelieu comme une région d’avant-garde au Québec en matière de développement durable-, a-t-il soutenu.
La définition la plus simple du développement durable se résume au développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs, a résumé M. Fortin dans son rapport sur la question. Selon lui, il y a lieu de trouver des façons d’utiliser les ressources de la planète plus efficacement, un concept de plus en plus répandu et appliqué à travers le monde.
C’est aussi les propos qu’a tenu en substance le conférencier invité à l’assemblée. Sylvain Plouffe, spécialiste d’écoconception – à la fois chercheur et entrepreneur – a pour sa part rappelé les grandes lignes de l’évolution du concept de l’écologie, de la phase «verte» des années 70 au concept de développement durable actuel.
Ce concept peut être facilement appliqué dans les entreprises, notamment au niveau de la fabrication d’objets d’utilisation courante, a-t-il fait valoir. Les travaux du chercheur et de son équipe visent à analyser, à partir d’un objet aussi banal qu’une brosse à dents, par exemple, comment on peut modifier l’approche de la fabrication (manche en bois, non jetable) dans le but d’éviter la surconsommation d’un matériau difficilement biodégradable (le plastique). C’est un domaine complexe, mais la législation est de plus en plus contraignante en regard de la préservation de l’environnement, estime le chercheur. On se doit de prendre les devants, même si ça demande beaucoup d’efforts. Estimant que 90 % des objets fabriqués pourraient être repensés et qu’une grande quantité de résidus de production pourraient être récupérés, M. Plouffe y voit là une opportunité intéressante à saisir pour la région. Tous les produits sont à refaire, et ça constitue un beau défi ! a-t-il fait remarquer.
C’est ici, dans votre région, que ça bouge le plus à travers le Québec en ce qui concerne l’intérêt au développement durable, a-t-il poursuivi. C’est une région intéressante, où les entreprises, qui ont été contraintes après avoir pollué, sont finalement plus conscientisées que la moyenne générale.
Des organismes comme le Centre de recherche en environnement UQAM/Sorel-Tracy, ainsi que le Centre de transfert technologique, tout comme le nouveau programme collégial en environnement, hygiène et sécurité du travail qui sera dispensé au Cégep de Sorel-Tracy à compter de septembre, constituent aussi des outils précieux pour une région qui veut concentrer son créneau d’activités dans le domaine de l’environnement, estime-t-il.
Pour Yves Fortin, par ailleurs, les occasions d’affaires sont intéressantes pour les entrepreneurs de la région. Dans un document sur la question, il cite l’entreprise Melri, qui a acquis l’année dernière les installations de Tioxide Canada, et où il y loge une nouvelle compagnie produisant des micros agrégats destinés au sablage par jet de sable, tout ça à partir du matériel stérile issu des opérations de QIT-Fer et Titane. On y a d’ailleurs créé une vingtaine d’emplois.
Plusieurs autres initiatives régionales y sont saluées, dont celles de l’Atelier du chômeur et de la firme Conporec pour son service de gestion intégrée des déchets domestiques. Seulement 29 % du volume de déchets ramassés sont enfouis, un rendement jamais observé en Amérique du Nord qui a valu à l’entreprise plusieurs contrats, notamment du côté américain.
Chez QIT, plus de 60 % des résidus de procédé – 550 000 tonnes par année – sont réutilisés ou recyclés. Des résidus des Aciers Atlas sont aujourd’hui traitées par l’entreprise Recmix, dont la clientèle est établie à travers le monde.
Plusieurs projets présentement à l’étude visent à transformer les résidus d’une entreprise en matières premières pour une autre dans la création de nouveaux produits.
Pour les entreprises, l’application du concept de développement durable, on le voit, peut s’avérer un choix rentable. Il permet l’amélioration de certains procédés de gestion (optimisation), des économies substantielles, une confiance accrue des consommateurs et des investisseurs, un accès plus facile aux marchés, et, conséquemment, une rentabilité accrue.
Pour le CLD, qui chapeaute des secteurs diversifiés de l’activité économique régionale, il est maintenant important de doter la région d’une politique de développement durable, qui constitue un pas supplémentaire pour inscrire cette préoccupation au cœur des pratiques des intervenants du Bas-Richelieu.
M. Fortin a fait valoir que les gouvernements vont raffermir de plus en plus leurs exigences et légiférer davantage pour forcer les entreprises à adopter un mode de gestion plus responsable.
C’est une tendance lourde, a confirmé Sylvain Plouffe.
200 nouveaux emplois pour 2002
Par ailleurs, le CLD a aussi pour objectif de créer 200 nouveaux emplois pour l’année qui vient, a fait savoir M. Fortin. Tout en maintenant la priorité sur la consolidation des emplois actuels, il estime qu’il faut aussi concentrer les efforts sur la formation, dans le but de mieux outiller les entrepreneurs locaux. Il faudra également mettre des efforts pour se mettre sur la «map», a-t-il aussi soutenu, par le biais de différents moyens, dont la promotion de la région, l’amélioration des réseaux de contacts et celle des infrastructures, etc.
Le plus gros défi demeure, selon lui, le positionnement de la région face au phénomène de la mondialisation des marchés.














