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Avec ses émissions, ses cours et ses livres
La cuisine suscite de plus en plus les passions!
25 Janvier 2006 - Les 2 Rives - Marilyne Champagne - Les émissions de cuisine font grimper de plus en plus les cotes d'écoute, les cours de cuisine affichent complets et on ne compte plus le nombre de gadgets qui sortent dans les magasins spécialisés, sans oublier les produits fins et du terroir qui arrivent dans nos épiceries. Force est donc de constater que la cuisine sous toutes ses formes suscite un engouement profond pour plusieurs depuis les dernières années.
"Il faut remonter au début des années 1990 avec l'émission de cuisine "Ciel mon Pinard", qu'animait à l'époque Daniel Pinard, pour constater l'émergence d'un intérêt populaire pour la cuisine", observe Sylvie Gauthier, retraitée de chez Bell Canada qui enseigne la cuisine pour une deuxième année aux services des loisirs de la ville de Contrecoeur. Toutefois, c'est vraiment depuis le début des années 2000, avec la venue d'émissions comme celles de Ricardo, À la Di Stasio, L'Épicerie et autres qu'on sent vraiment l'engouement pour tout ce qui touche à la cuisine. Le mouvement "Slow Food" a aussi été un facteur important. Nicole L. Bergeron, qui est à la tête du nouveau Marché Richelieu du Vieux-Sorel, abonde en ce sens et se souvient du chemin parcouru depuis 15 ans. En effet, celle-ci donnait déjà des cours de cuisine à cette époque: "Les gens connaissaient très peu les légumineuses, ou les algues par exemple. Pour eux, les sushis n'avaient rien d'appétissant, et maintenant, ils se battent pratiquement pour en manger!" D'ailleurs, avec l'ouverture du Marché, Mme Bergeron constate que les connaissances des Sorelois en alimentation sont excellentes. "Les gens sont très bien renseignés, ils s'informent dans les médias, et veulent des choses spécifiques. Par exemple, ils savent exactement quelle coupe de viande demander au boucher."
Les 50 ans et plus
D'autre part, selon Mme Gauthier, on peut compter deux générations d'adeptes. Dans un premier temps, il y a les 30-35 ans qui s'intéressent aux bons vins et aux plaisirs de la table. L'autre génération est celle des 50 ans et plus. Celle-ci porte de plus en plus d'attention à la préparation de leurs repas. Ils aiment particulièrement les soirées entre amis accompagnées de bons vins, de plats élaborés, comme un "osso-buco" par exemple. Et quand ils vont au restaurant, ils veulent découvrir un nouveau plat. La plupart des membres de cette génération sont à la retraite et ils peuvent y mettre le temps qu'il faut. Ce sont eux également qui possèdent les moyens financiers. "Étonnamment, on voit de plus en plus d'hommes qui poussent leur femme à cuisiner de nouveaux plats et ce sont eux qui sont prêts à dépenser les plus gros montants pour se procurer des gadgets. Certains, qui n'avaient jamais cuisiné avant, se découvrent soudainement une passion pour la cuisine rendus à la retraite", constate-t-elle. Pour ce qui est de la nouvelle génération, il semble y avoir deux groupes. L'un qui regroupe les adeptes du fast-food dont l'alimentation n'est pas au centre de leurs préoccupations, et l'autre qui est conscient de l'importance de manger santé, mais qui aime toutefois le faire de la façon la plus rapide. "Ils veulent bien manger, mais sur le pouce!", admet-elle à la blague. Pour sa part, Mme Bergeron trouve également que ce sont les baby-boomers, avec leur pouvoir financier, qui sont les plus grands consommateurs, et surtout, qui sont les plus intéressés par leur santé. C'est pourquoi la génération de leurs enfants intègrent davantage de fruits et de légumes à leur alimentation. Ce sont aussi les baby-boomers qui ont le pouvoir de voyager beaucoup et qui sont ainsi à même de découvrir la cuisine de différents pays.
Des mythes tenaces
Néanmoins, même si la retraite est encore loin, on peut bien manger, sans que ça nous coûte une fortune, sans que ça nous prenne trois heures, et malheureusement, souvent les jeunes ne le savent pas, explique Mme Gauthier. "Il ne faut pas non plus 12 012 ingrédients, ce n'est pas vrai!" La preuve est la popularité grandissante de l'Américaine Rachel Ray qui propose de bien manger en dedans de 30 minutes et avec des ingrédients simples. La cuisine de son émission "30 Minute Meals" est conviviale, elle a bon goût et on peut réaliser des repas pour 2, 4 ou 20 personnes en peu de temps. De nos jours, on peut trouver à l'épicerie des légumes déjà préparés, des mélanges de salade, des coupes de poulet désossé et sans la peau. On peut aussi préparer plusieurs repas d'avance et les congeler. Pour Mme Gauthier, l'avantage majeur est de pouvoir contrôler la quantité de gras, de sucre, de sel, mais surtout, on y gagne en matière de goût et on y fait même des économies. D'autre part, on n'a plus besoin d'aller à Montréal et dans les grands centres pour se procurer des aliments provenant de différentes cultures. Plusieurs épiceries de la région commencent à avoir sur leurs tablettes plusieurs produits répondant à un intérêt fort marqué pour la cuisine santé, avec de l'hummus et des trempettes santé, pour la cuisine asiatique avec des algues, du gingembre mariné, des sauces chinoises, et autres. À ce sujet, un sondage réalisé par le Marché Richelieu montre que c'est la cuisine asiatique, suivie de la cuisine indienne, qui obtiennent la plus grande cote d'amour du public. On est loin du ragoût et du pouding chômeur!














