Réouverture de l’Auberge de la Rive; Les syndiqués demandent l’intervention des politiciens

7 Mai 2002 - La Voix - C’est en ce mercredi 1er, Fête internationale des travailleurs, que les représentants du syndicat des employés de l’Auberge de la Rive, accompagnés de leurs représentants de la CSN, ont dénoncé l’utilisation, par leur employeur, de ce qu’ils qualifient de «personnel de remplacement», ou plus concrètement selon, de «scabs», lors de la réouverture du complexe hôtelier, le vendredi 26 avril.

Après deux ans de fermeture, suite à un conflit de travail qui s’était soldé par la signature d’une convention collective et d’un protocole de retour au travail, le 30 mars 2001, les membres du syndicat s’attendaient à être rappelés pour se remettre à l’ouvrage. L’employeur en a décidé autrement, engageant dans la quasi-totalité des cas de nouveaux employés.

Les syndiqués, outrés de ce qu’ils qualifient de «mauvaise foi de l’employeur», se sont présentés l’Auberge, vendredi dernier, au moment où le Parti libéral y réunissait des militants dans le cadre d’un cocktail bénéfice. Ils ont pénétré dans la bâtisse pour manifester leur mécontentement, dispersant sur les murs au passage des auto-collants. Ils sont ressortis peu après, tout comme l’organisation libérale et leurs invités, qui ont décidé de déménager leurs pénates à la salle Le Petit Prince au centre-ville de Sorel-Tracy.

Selon les représentants syndicaux, aucun employé syndiqué n’a été rappelé, si ce n’est une seule personne, qui avait été suspendue du syndicat pour avoir travaillé lors du conflit (scab).

Jean Lortie, président de la Fédération du Commerce (CSN) à laquelle est affilié le syndicat, dit aller de surprise en surprise. Ils (les employeurs) ont perdu le sens des choses. Les deux parties ont apposé leurs signatures sur le protocole d’entente et sur la convention collective. Selon ce protocole, a-t-il spécifié, copie en main, tous les salariés qui étaient à l’emploi de l’employeur avant l’arrêt de travail seront rappelés au travail, à leur occupation et selon leur cédule de travail, selon les besoins normaux de l’employeur à cette époque de l’année, le tout conformément aux dispositions de la convention collective (article 1 du protocole).

M. Lortie estime que les propriétaires Gordon Wells et Robert Faithfull ont agi de mauvaise fois à plusieurs reprises, notamment lors qu’ils avaient déclaré en mai 2001 ne pas posséder les permis nécessaires de Tourisme Québec pour opérer de nouveau. Ce permis avait été pourtant octroyé deux semaines auparavant, a-t-il soutenu.
Nous sommes prêts à repartir sur des bases nouvelles. Redonnons-nous une chance. Je ne comprend pas que l’employeur s’acharne ainsi à détruire sa propre entreprise. Il détruit aussi l’industrie touristique régionale. Pourtant, les gens veulent seulement retourner au travail.

La CSN, a-t-il assuré, ne laissera pas tomber le syndicat.

Un appel aux politiciens
Ce n’est pas nous qui avons provoqué une chicane, a fait remarquer M. Lortie. La présidente du Conseil central de la Montérégie, Pierrette Poirier, ainsi que le vice-président Robert Morand (qui siège sur divers conseils d’administration d’organisme de développement économique régionaux dont la SADC et le CLD), ont lancé un appel aux politiciens locaux. La classe politique doit se mouiller, a déclaré Mme Poirier. Les employés s’attendaient à reprendre le travail.

Elle a rappelé que le syndicat avait subi beaucoup de pression politique durant le lock-out, à l’époque où on nous disait que la CSN mettait en péril l’entreprise.

Aujourd’hui, a-t-elle poursuivi, l’entente que nous avons signé est satisfaisante pour nous. Nous demandons donc à la classe politique qu’elle fasse les mêmes pressions auprès de l’employeur. Les employés sont prêts à travailler. C’est leurs emplois.

Pour sa part, M. Morand a indiqué que le Parti libéral du Québec avait, avant le cocktail, accepté de communiquer avec la direction de l’Auberge, dans le but de les inciter, en vain, à réengager le personnel syndiqués.

Tout le monde s’était mêlé du dossier à l’époque, c’est maintenant que les pressions doivent se faire, a poursuivi M. Morand. Il faut ouvrir l’Auberge le plus vite possible, a-t-il insisté.

Finalement, Jean Lortie a insisté sur le fait que la CSN n’acceptera pas les cotisations des nouveaux employés engagés par la direction de l’Auberge. Nous n’allons pas nous faire acheter pour 30 deniers ! On ne prendra pas les cotisations des scabs ! a-t-il finalement lancé.
Quant aux moyens qui seront utilisés par le syndicat pour faire valoir les droits de ses membres, ils sont de trois ordres.

Toute d’abord, l’appel aux politiciens. Dans un deuxième temps, on regardera la possibilité d’utiliser les diverses avenues du processus légal. Finalement, cela va de soi qu’il y aura des actions de mobilisation et d’action non encore déterminées, a enfin indiqué le conseiller syndical Fernand Lacoursière.

Par ailleurs, au moment de mettre sous presse, jeudi soir, la CSN faisait savoir à La Voix que les syndiqués rencontreraient le ministre Sylvain Simard, vendredi (hier), lequel devait adresser un message à leur intention. Le président de la CSN, Marc Laviolette, était de passage dans la région à l’occasion des activités entourant la Fête internationale des travailleurs.

L’heure de tombée ne nous a cependant pas permis de connaître la teneur des messages qu’ont livré aux manifestants MM Simard et Laviolette.

Retour Imprimer



Google
 
Web soreltracyregion.net

12 personnes connectées sur le site
Cette page a été lue 1152 fois.