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Aciers Atlas : une nouvelle technologie pourrait sauver les emplois menacés

4 Septembre 2001 - La Voix - Les travailleurs des Aciers Atlas, qui ont appris en début d'été que leur employeur, Slater Steels, envisageait de mettre quelque 200 employés à pied, commencent à reprendre un peu d'espoir.
En effet, une nouvelle technologie serait susceptible d'améliorer la qualité du produit, tout en faisant augmenter la productivité de l'entreprise de Tracy.
En entrevue téléphonique, le président Michel Tellier demeure toutefois prudent. Il y a de l'espoir, mais ce n'est rien de définitif. Nous devons voir les possibilités offertes par cette nouvelle technologie. De plus, l'équipe locale de direction doit éliminer les pressions que nous subissons actuellement. Nous nous sommes demandés : qu'est-ce qu'on peut faire pour sauver le maximum d'emplois. Une de nos priorités est cependant l'élimination du déficit mensuel.
Nouvelle encourageante, le prix de l'acier est en hausse, ce qui est bénéfique pour les revenus de l'entreprise. Il faut augmenter notre productivité, améliorer la qualité de notre matière première. Nous devons travailler fort à l'interne à trouver d'autres solutions pour démontrer aux actionnaires que nous ne sommes pas un gouffre financier.
M. Tellier dit être en contact avec des entreprises européennes qui possèdent cette nouvelle technologie. Ceci dit, a-t-il fait remarquer, est-ce adaptable ici ? C'est ce genre d'analyse auquel son équipe sera confrontée au cours des prochaines semaines. Ce qui est certain cependant, c'est que le laminoir à chaud ne constitue pas l'avenir dans le domaine. C'est un dinosaure, a-t-il lancé.
Pour sa part, le président du syndicat des travailleurs, Yves Larrivée, semble confiant. On prévoit une hausse du prix de l'acier en septembre. Ça remettrait certaines unités sur les équipes de 12 heures.
Quant à cette nouvelle technologie, M. Larivée croit qu'elle offrirait une meilleure qualité de travail. Actuellement, on coule des brames d'acier de 5 pouces d'épaisseur. La nouvelle technologie permettrait de couler à 100 millièmes de pouce d'épaisseur. L'entreprise regarde donc la faisabilité pour l'usine de Tracy et envisage aussi d'autres options potentielles reliées à cette technologie. Je crois qu'ils veulent essayer de sauver le plus d'emplois possible.
Ceci dit, il fait remarquer que l'entreprise maintient tout de même sa demande d'une réouverture de la convention collective, qui arrivera seulement à échéance en novembre 2002. Cette réouverture, si le syndicat accepte, entraînerait la renégociation des clauses monétaires et normatives, ainsi que la possibilité de signer un contrat d'une durée de cinq ans. M. Larrivée a fait savoir qu'une assemblée générale spéciale aura lieu mercredi prochain à cet effet. Le représentant syndical devait aussi rencontrer le député Sylvain Simard hier. Nous aussi on veut sauver les emplois. Il faut tous avoir le même objectif, a-t-il conclu.
Sylvain Simard optimiste
Quant au député et président du Conseil du Trésor, Sylvain Simard, il se déclare heureux de ce nouvel espoir. Soulagé aussi qu'il n'y ait pas eu de décision précipitée en juin dernier, au moment où l'entreprise entrevoyait une mise à pied massive. On ne méritait pas ça, a-t-il lancé du fond du cœur. C'est important pour l'entreprise de se tourner vers une technologie moderne. Ils vont passer de la technologie la plus périmée à la plus avancée.M. Simard dit avoir sensibilisé ses collègues ministres (Finances, Industrie et Commerce, ainsi que le Premier ministre) aux possibilités pour le gouvernement de venir en aide à l'entreprise. Nous sommes ouverts à une collaboration avec l'entreprise, car le virage est là. Il s'agit d'un projet dont l'investissement variera entre 60 M $et 100 M $, croit-il.
Il a au passage salué le travail local de M. Tellier et son équipe. M. Tellier, qui dirige aussi les Forges de Sorel, engage de 10 à 25 personnes par année, a fait remarquer M. Simard. L'important, c'est d'aller de l'avant. Il faut un volume de production plus important et une meilleure qualité de produit, estime-t-il.














