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La MRC appuie la demande d'un moratoire pour geler l'implantation de porcheries
17 Avril 2002 - La Voix - Les maires de la MRC du Bas-Richelieu ont accepté à l'unanimité d'appuyer une résolution de la municipalité de St-Bernard-de-Lacolle à l'effet de demander au gouvernement du Québec un nouveau moratoire interdisant l'implantation de porcheries industrielles à travers la province pour un temps indéterminé.
Cet appui ne touche pas aux agrandissements de porcheries déjà en opération, mais à d'éventuelles nouvelles entreprises.Selon le maire de Ste-Anne, Réjane Salvail, le gouvernement du Québec, à l'heure actuelle, «est mal pris» avec la prolifération des porcheries et, estime-t-elle, une résolution d'appui démontrant la volonté des régions du Québec permettrait «de l'aider» (le gouvernement) à se sortir de cette impasse.
Pour Gilles Salvas, maire de St-Robert, cette résolution est importante pour tout geler avant que le problème s'agrandisse. Le maire de St-David, Raymond Arel, s'est pour sa part inquiété de la définition de porcherie «industrielle». La mairesse Marie Bouchard, de St-Ours, présidente du comité qui rédigera un règlement de contrôle intérimaire (RCI) portant notamment sur la question des porcheries, était d'accord pour un moratoire qui donnera du temps au comité d'avoir le temps d'obtenir toutes les informations nécessaires pour prendre des décisions.
C'est donc sous les applaudissements de la salle, composée majoritairement de citoyens de Ste-Victoire et St-Ours, ainsi que des représentants de l'Autre monde rural, tous en défaveur de l'implantation des porcheries, que cet appui a été adopté à l'unanimité.
Par contre, lors de la période de questions qui a suivi l'assemblée, certains d'entre eux auraient préféré voir les maires adopter une résolution distincte provenant de la MRC du Bas-Richelieu, plutôt qu'un simple appui à une municipalité extérieure.
Henri Tousignant, de St-Ours, estime pour sa part qu'il faut s'opposer à toute construction nouvelle. Selon lui, être agriculteur est le métier noble de celui qui travaille la terre ou qui fait la production du lait par exemple, par opposition aux producteurs de porcs qui, a-t-il affirmé, polluent la terre. Ce n'est pas n'importe qui qui peut s'improviser agriculteur. Il y a des agriculteurs qui sont rendus au point qu'ils doivent se cacher. M. Tousignant estime qu'il faudra donc suggérer au gouvernement d'identifier qui est agriculteur. Il estime que les syndicats agricoles devraient se dissocier des porcheries, une cause indéfendable, a-t-il soutenu.
Il suggère aussi au gouvernement de créer des «cochons-villes» ou des «centres d'excellence du porc», des endroits suffisamment éloignés de la civilisation et où on interdirait la construction de maisons, de façon à ce que les propriétaires, par la suite, ne puissent pas se plaindre.
Les citoyens de St-Ours présents à l'assemblée de la MRC ont pour leur part rappelé qu'une réunion d'information sur la question avait eu lieu à St-Ours il y a quelques jours. Le conseiller municipal de St-Ours, Rémi Olivier, s'est déclaré satisfait que Mme Bouchard ait convoqué une telle assemblée, mais a déploré le refus de la mairesse de donner la parole à Catherine Goretta, citoyenne de Ste-Victoire et membre de l'Autre monde rural. C'est négatif d'empêcher des personnes d'apporter des informations, il faut nous donner toutes les chances d'avoir des informations, a-t-il lancé, rajoutant que personne ne voulait de porcheries à St-Ours qui, selon certains chiffres avancés, pourraient permettre, dans le cadre de la loi actuelle, l'implantation de 13 porcheries.
L'assistance a aussi déploré que les politiciens tentent de se retrancher derrière la Loi (184), adoptée en juin dernier, ainsi que les orientations gouvernementales diffusées en décembre.
Une loi, ça s'amende et ça se change, a lancé Mme Goretta, présente dans la salle, estimant que si tout le monde invoquait ainsi la loi, les choses n'avanceraient pas à la faveur des citoyens. Selon elle, d'autres municipalités refusent l'implantation de porcheries sur leur territoire et ce, même si ça va à l'encontre des souhaits du gouvernement. Si tout le monde dit qu'on n'en veut pas, le gouvernement devra s'ajuster. Il ne faut pas dire, comme une fatalité, qu'on ne peut rien faire. Soit vous avez les désirs de votre population à cœur, soit vous voulez des porcheries. Affichez-vous ! a-t-elle conclu.
Mme Goretta a fait savoir à La Voix qu'une manifestation organisé par l'Union paysanne, regroupant des citoyens de toutes les régions de la province, aura lieu à Québec le 4 mai prochain pour protester contre «le massacre des campagnes, la pollution de l'eau et le dépeuplement des villages, et pour exiger du gouvernement qu'il mette un frein aux barons de l'industrie porcine et de l'agriculture industrielle.














