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Atterrés par des rumeurs malsaines, Le comité organisateur de la FestiFête du Canard'O se saborde

27 Août 2001 - La Voix - Les membres du comité organisateur de la FestiFête du Canard'O de Contrecoeur, qui en était à sa 4e édition cet été, ont démissionné en bloc cette semaine, se disant victimes d'une campagne de salissage sans précédent. Cette activité ne reviendra pas l'année prochaine.
Mardi matin dernier, devant la presse locale, ils étaient atterrés et évoquaient les événements qui sont survenus lors de la dernière édition avec beaucoup de peine.
Rappelons que la FestiFête du Canard'O a vu le jour en 1998, grâce à l'implication d'un groupe de bénévoles de Contrecoeur dirigés par le président Roger Salvail. M. Salvail est propriétaire du dépanneur Maxi localisé dans la municipalité. Rapidement, l'organisme est incorporé comme organisme sans but lucratif et la fête est reconduite en 1999 et 2000 dans les rues de Contrecoeur.
Toutefois, le succès grandissant de la FestiFête a amené ses organisateurs à repenser certains aspects logistiques. Par exemple, la route 132 devant être réouverte à la circulation tous les soirs, il fallait donc défaire les stands et les refaire quotidiennement.
Ainsi, pour sa 4e édition, l'organisation a décidé d'utiliser un site fermé situé au quai municipal. Ce site permettait entre autres d'intensifier l'animation en après-midi le samedi.
Comme dans plusieurs événements majeurs qui procèdent à des nouveautés, de nombreuses critiques peuvent parvenir à une organisation et cela a été le cas pour la Festifête, a admis M. Salvail. Les critiques visaient notamment le coût d'entrée et la localisation du nouveau site. Nous devions hausser le coût d'entrée parce que nous avons subi une baisse de commandite (Ispat-Sidbec et Stelco McMaster) équivalent à 10 000 $, a fait savoir M. Salvail qui, de plus, a indiqué qu'offrir une meilleure programmation coûtait nécessairement un peu plus d'argent. Toutefois, après comparaison avec d'autres festivals régionaux, le président estime que la FestiFête demeurait malgré tout un des événements les moins dispendieux.
Rumeurs malsaines
Si ces critiques ont été accueillies avec sérénité – elles étaient attendues et normales, puisque les changements provoquent des réactions, estime M. Salvail – il en a été tout autrement pour certaines rumeurs qualifiées de malsaines qui ont fini par saper toute l'énergie du comité de bénévoles.
En premier lieu, une pétition, signée par plusieurs commerçants, avait été présentée au conseil municipal en début de juillet. M. Salvail, qui était présent à l'assemblée, a déclaré avoir expliqué le pourquoi des changements.
Mais les rumeurs se sont poursuivies par la suite, notamment à l'effet que la FestiFête coupait les accès aux commerces qui payaient des taxes. Selon M. Salvail, il est normal qu'un site fermé devait changer ses limites. Par ailleurs, on aurait fait croire aux commerçant qu'ils ne pouvaient pas utiliser leur propre terrain pour étaler leur marchandise dans le cadre d'une «vente-trottoir». Ce qui est totalement faux, a lancé M. Salvail qui a expliqué cependant que ces commerces ne pouvaient pas en effet utiliser le trottoir ou tout emplacement public, puisque les rues n'étaient pas fermées à la circulation automobile.
Autre rumeur persistante, celle de la cantine du site qui aurait été, a-t-on fait circuler – opérée par une «personne de l'extérieur».Dans les faits, M. Salvail a fait savoir que n'ayant pu trouver un équipement équivalent à Contrecoeur, il avait loué les équipements d'une cantine mobile de Sorel-Tracy. Toutefois, a-t-il insisté, c'est une personne de Contrecoeur (Donald Lajeunesse, concessionnaire au parc Antoine-Pécaudy) qui a opéré le commerce durant la fin de semaine.
La rumeur qui a certainement été la plus destructrice pour le président a été celle où il a été accusé d'empocher des profits de 9 000 $ pour la vente de la bière à l'organisation de la Fête. Dans les faits, mon dépanneur a fourni 100 caisses de bière et j'ai reçu en profit 2 $ par caisse. Ça fait donc 200 $ et non pas 9 000 $.
De fait, la FestiFête, qui a subi les contrecoups de ces rumeurs, en plus de voir ses commandites réduites substantiellement, est maintenant déficitaire. On ne connaît cependant pas encore le montant du déficit. Nos finances sont toujours scrutées à la loupe puisque nous sommes un OSBL, a pour sa part fait remarquer la trésorière Isabelle Chrétien.
D'autre part, le comité organisateur a déploré le fait que seulement 48 % des visiteurs étaient des gens de Contrecoeur. 52 % provenaient de l'extérieur. Cette campagne de salissage a fait en sorte qu'une partie de la population contrecoeuroise a boycotté l'événement, croit M. Salvail. Sans aucun doute, ce type de rumeurs a terni la réputation de la FestiFête du Canard'O et de ses administrateurs, a-t-il résumé.
Le directeur des loisirs déplore les rumeurs
Dans une lettre qu'il a fait parvenir à La Voix le 20 août dernier, le directeur du service des loisirs de Contrecoeur Yvon Boisvert a déploré l'impact négatif sur les bénévoles qu'a pu engendrer pareille histoire. Je n'avais jamais vu des bénévoles aussi atterrés (...) Ils ont eu la malchance de vivre une campagne de calomnies digne d'une série télévisée américaine (...) Que l'on utilise les attaques personnes contre des individus qui font de leur mieux pour réaliser une fête dans la communauté, il y a de sérieuses questions à se poser, a-t-il déclaré, se disant toujours étonné de voir des personnes qui n'ont pas le courage de signer leur «qu'en-dira-t-on», s'amuser à les véhiculer.
M. Boisvert a réitéré l'importance du bénévolat dans la communauté. Contrecoeur, a-t-il fait savoir, compte 42 associations qui totalisent 761 bénévoles, soit 57 861 heures de bénévolat). Des gens qui, a-t-il indiqué, il faut saluer et à qui il faut dire «merci».














