![]() |
Près de 400 étudiants manifestent devant les bureaux de Sylvain Simard
8 Avril 2002 - La Voix - (Hélène Goulet La Voix) - Près de 400 étudiants provenant de plusieurs institutions d'enseignement collégial et universitaire du Québec sont venus manifester devant les bureaux du ministre de l'Éducation Sylvain Simard, à Sorel-Tracy, mercredi après-midi. Une cinquantaine d'entre eux provenait du Cégep de Sorel-Tracy, d'où est parti le cortège, vers 14h00.
Toutefois, c'est à 9h en avant-midi qu'une quinzaine d'étudiants membres de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) ont réussi à s'introduire dans les bureaux du ministre pour occuper les locaux jusque vers 14h30, ce qui a nécessité l'intervention des policiers de la Sécurité publique de Sorel-Tracy.
Les revendications étudiantes, telles que formulées lors d'une précédente manifestation qui a eu lieu à Québec le 21 février, se concentraient autour de ces thèmes principaux : les étudiants sont contre ce qu'ils appellent «l'assujettissement de l'éducation aux lois du marché», et sont en faveur d'un réinvestissement massif en éducation.
C'est ce qu'ont tenté d'expliquer ceux qui ont envahi les bureaux du ministre, absent à cette occasion, au personnel en place, Sylvain Rochon, Suzanne Éthier, et Lyne Latour. Les occupants, dont aucun ne provenaient du Cégep de Sorel-Tracy, ont réclamé une rencontre avec le ministre Simard.
Rencontre, qui, de dire Sylvain Rochon par la suite, avait déjà été confirmée en fin d'avril avec les représentants de l'Association générale des étudiantes et étudiants du Cégep de Sorel-Tracy, qui fait partie de l'ASSÉ. Cette dernière pourra finalement y envoyer ses représentants.
À l'intérieur des bureaux, il n'y a pas eu de bris, mais beaucoup de désordre, les occupants s'empressant aussi de vider quelques bouteilles de vin, du café, des jus à même l'inventaire du bureau de comté. Ils avaient aussi semble-t-il emballé quelques effets (bouteilles de vin et articles de papeterie) à rapporter avec eux, mais la crainte de la fouille policières, après qu'ils eurent accepté de sortir vers 14h30, a fait en sorte qu'ils ont laissé sur place les sacs qu'ils avaient préparés à cet effet.À l'extérieur, la manifestation était pacifique mais agrémentée de slogans bien sentis.
Un des porte-parole , qui avait occupé l'intérieur des lieux, a annoncé que le groupe avait obtenu une rencontre avec le ministre, tout en déplorant la fouille policière dont ils avaient été victimes en sortant. Les policiers ont notamment vérifié les disquettes qu'ils avaient dans leur sac, ce qui a provoqué l'indignation des manifestants.
De son côté, Sylvain Rochon estimait que certains dossiers du bureau concernaient des citoyens et étaient donc considérés comme confidentiels.
Ce dernier, à la fin de la manifestation, a fait savoir aux médias locaux que le bureau du ministre n'avait pas l'intention de porter plainte, notamment parce que rien n'avait été brisé.
Quant aux manifestants, ils ont dénoncé plusieurs situations qu'ils considèrent comme irritantes. Les porte-parole ont dit être satisfait d'avoir pu parler à la directrice adjointe du Cabinet du ministre, Johanne Pageau, au téléphone, qui a confirmé une rencontre avec M. Simard d'ici quelques semaines.
En plus des deux revendications principales, les étudiants souhaitent que le ministre reconnaisse toutes les organisations étudiantes du Québec.
Ils se déclarent par ailleurs contre la déréglementation et la privatisation au profit, disent-ils, des grandes entreprises, qui contrôlent de plus en plus l'éducation, les médias et la police.
En investissant dans certains secteurs de l'éducation, les grandes entreprises imposent leurs diktats et les étudiants sont limités dans leur formation et leurs perspectives d'emploi, ont-ils fait valoir.De plus, les contrats d'exclusivité pour la vente de certains produits (Pepsi, par exemple), constituent aussi une situation qui pourrait entraîner certains effets pervers dans le milieu de l'éducation.
Ils déplorent enfin l'absence de cours de philosophie ou de français pour ceux et celles qui veulent obtenir une attestation d'études collégiales (AEC), un phénomène réducteur à leur avis, ainsi que l'absence de certains cours d'analyse critique sur le marxisme ou l'anarchisme, d'arts, de musique ou de danse.
Nous sommes pour une éducation gratuite, de qualité, clamait la pancarte d'un étudiant. Nous allons nous battre au nom de la gratuité – Nous sommes contre la privatisation – Non au cégeps Pepsi. Tels étaient quelques-uns des slogans des pancartes que soutenaient des étudiants.
Le président de l'AGECST, Philippe Nobert, s'est finalement déclaré satisfait de cette manifestation, où, selon lui, les étudiants ont réussi à se faire entendre.
Certains étudiants ont toutefois déploré le manque de couverture médiatique au niveau national.
Plus de grabuge que de bris dans les bureaux du député de Richelieu.














