Le 26 mars, Journée nationale des cuisines collectives

25 Mars 2002 - La Voix - (Hélène Goulet)- Mardi prochain 26 mars, on célébrera à travers le Québec la Journée nationale des cuisines collectives. Denise Robitaille, du Centre d'action bénévole du Bas-Richelieu et coordonnatrice des cuisines collectives dans la région, a rappelé à La Voix que dans la région, les cuisines collectives existent depuis 1990. Nous avions obtenu un projet Défi étudiant qui nous a permis de faire une étude de marché. Les cuisines collectives ont ensuite été mises sur pied grâce à un projet de Développement de l'emploi et, en 1996, on avait trois points de services, au presbytère St-Maxime, au Centre Sacré-Cœur et à l'église Enfant-Jésus. Cette année, le Centre Nouvel Axe nous permet d'utiliser la cafétéria en soirée.

L'objectif des cuisines collectives est de réunir des personnes qui prépareront ensemble des repas équilibrés et économiques pour la semaine.

Il en coûte pour chaque personne la somme de 6 $ pour une portion de cinq repas différents. Cela revient à 1,20 $ par repas, a fait remarquer Mme Robitaille. Une personne peut faire la cuisine pour plusieurs membres de sa famille, a-t-elle ajouté, précisant qu'il s'agissait de portions généreuses.

Chaque fois que les participants se réunissent, ils déterminent eux-mêmes ce qu'ils vont cuisiner. Ils font leur liste d'épicerie selon les rabais en vigueur, font leurs achats en groupe et préparent collectivement la nourriture. On compte généralement des repas de poulet, bœuf, poisson, de pâtes ou de porc.

Le rôle des cuisines collectives, c'est d'amener les gens à voir plus large dans l'élaboration de leurs menus. Ils sont aussi sensibilisés à une nourriture plus saine et complète, soutient Mme Robitaille. Il demeure que c'est eux qui font leur propre choix quant à ce qu'ils veulent cuisiner.

En 1995, on a ainsi préparé 3 933 portions de repas. Ce nombre a légèrement diminué en 2001, passant à 3 786. Environ 600 bénéficiaires différents participent aux cuisines collectives. Certains sont là depuis le début, fait valoir Mme Robitaille.

Les participants ne s'engagent pas nécessairement pour toutes les semaines, mais ils sont de plus en plus réguliers, note-t-elle avec satisfaction.

Il n'y a aucun critère spécifique d'admissibilité et les cuisines sont ouvertes à toute personne en mesure de défrayer les coûts. Certains bénéficiaires du programme soutien-dépannage du CAB peuvent à l'occasion recevoir une aide financière à cet effet.

Généralement, les groupes se composent de quatre à six personnes qui cuisinent cinq repas différents pour un total de 15 à 20 portions, sous la supervision d'une responsable.

Participer aux cuisines collectives permet de briser l'isolement pour certains, favorise la prise en charge de l'individu et son autonomie financière, et développe l'entraide collective, explique Mme Robitaille.

Une étude réalisée par le Regroupement des cuisines collectives du Québec démontre que la participation aux cuisines collectives a des retombées significatives sur la santé morale, physique et psychologique. Ces effets ont aussi des retombées positives sur la cellule familiale et sur le développement social durable. 52 % des personnes affirment être plus en forme, 54 % sont plus détendues, 28 % ont un meilleur sommeil, 14 % notent une diminution des maux reliés à la digestion et, finalement, 84 % déclarent savoir quoi faire lors de problèmes à la maison et connaître de nouvelles façons de mieux manger. C'est quasiment une thérapie, estime Mme Robitaille. Ils s'échangent des conseils entre eux et vivent moins de stress concernant la nourriture à venir.

À l'heure actuelle, on compte dans la région quatre groupes réguliers, deux groupes de jeunes mères, ainsi qu'un groupe de soir. Et il y a à peu près autant d'hommes que de femmes dans les groupes, croit Mme Robitaille.

Au Centre Sacré-Cœur, mardi matin, deux jeunes mères, Suzie Dubé et Isabelle Demers, étaient en compagnie de la responsable Johanne Soucy et coupaient des légumes au moment de la visite de la journaliste. Visiblement satisfaites de participer aux cuisines collectives, les deux jeunes femmes apprécient la générosité des portions : Je peux m'en faire congeler. Les portions sont généreuses... aussi généreuse que notre animatrice ! lance finalement Isabelle Demers avec un grand sourire.


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