Les déboires d'Atlas et la politique

6 Juin 2004 - La Voix - Hélène Goulet - La Voix - La fermeture imminente de l'usine Atlas de Tracy - à moins qu'une solution miracle ne soit trouvée d'ici peu - alimente quelque peu la campagne électorale du comté de Richelieu, somme toute plutôt calme jusqu'à maintenant.

C'est en effet par voie de communiqué que la candidate libérale Ghislaine Provencher a dénoncé cette semaine le candidat du Bloc québécois, Louis Plamondon, l'accusant de s'être "royalement trompé dans le dossier de l'entreprise Atlas".

Mme Provencher écrit avoir relevé une déclaration récente de M. Plamondon qui reprochait alors au gouvernement libéral fédéral de ne pas avoir répondu à une demande de l'entreprise pour une aide en vertu d'un plan de modernisation.

Foutaise, répond la candidate. Non seulement cette entreprise (...) n'a pas formulé une telle demande depuis que Louis Plamondon a été député, mais elle n'a jamais demandé au gouvernement fédéral une telle aide depuis les 15 dernières années, soutient-elle.

Selon Mme Provencher, qui précise avoir rencontré les dirigeants d'Atlas dans le cadre d'une tournée pré-électorale, Atlas aurait surtout besoin d'une assistance pour l'aider à trouver un acheteur, "mais ça n'a absolument rien à voir avec ce qu'avance le candidat bloquiste".

Mme Provencher estime que la représentativité de M. Plamondon est peu importante au sein du gouvernement fédéral, et qu'il ne mérite plus la confiance du comté de Richelieu.

Louis Plamondon réitère son appui au comité de survie
De son côté, le député sortant, qui a officiellement déposé son bulletin de candidature mercredi au bureau des élections, dit réitérer son appui au comité de survie des Aciers Atlas.

M. Plamondon dit avoir demandé au gouvernement fédéral de mettre à la disposition des entreprises en difficulté un fonds spécial de modernisation. L'épidémie de fermetures et d'usines en difficulté qui frappe le Québec et le Canada ne doit pas laisser indifférent le gouvernement fédéral, a-t-il soutenu. Selon lui, au moins trois usines ont fermé leurs portes depuis un mois dans des circonscriptions représentées par des députés libéraux : Imperial Tobacco (circonscription de Liza Frulla), Saargummi (circonscription du ministre Denis Paradis), et Whirlpool (circonscription de Gilbert Normand), ce qui représente la perte de près de 1 400 emplois.

Selon M. Plamondon par ailleurs, les préoccupations des citoyens qu'il rencontre durant la campagne concernent surtout le scandale des commandites, les promesses libérales non tenues, le manque d'argent en santé, ainsi que l'inquiétude concernant l'élargissement de la voie maritime du Saint-Laurent. Chez les agriculteurs, les prochaines négociations avec l'Organisation mondial du commerce s'ajoutent à ces préoccupations.

Et en politique provinciale
Il n'y a pas que dans le cadre de la campagne électorale fédérale qu'on parle des Aciers Atlas.

Le député de Richelieu à l'Assemblée nationale du Québec, Sylvain Simard, dit craindre que le gouvernement du Québec ne fasse rien de concret pour empêcher la fermeture définitive de l'usine d'ici peu.

Dans un communiqué émis jeudi, M. Simard dit avoir saisi par lettre le premier ministre Jean Charest de cette fermeture imminente. De plus, il dit avoir demandé au ministre du Développement économique et régional, Michel Audet, un engagement "clair et ferme" afin que la Société générale de financement s'implique pour sauver les centaines d'emplois concernés par cette fermeture.

Si rien n'est fait au cours des prochains jours, déplore M. Simard, l'usine Atlas de Sorel-Tracy va fermer ses portes définitivement (...) Qu'entend faire le ministre du Développement économique régional pour rassurer ces 450 travailleurs qui vont perdre leur emploi ?

Il semblerait, selon le communiqué de M. Simard, que M. Audet devait rencontrer, jeudi en fin de journée, la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, ainsi que les représentants des syndicats locaux.

Selon M. Simard, le ministre Audet estime que s'il n'y a pas d'avenir pour l'entreprise, il est inutile d'utiliser les fonds publics de la SGF pour les perdre de façon automatique. M. Audet souhaite plutôt une solution qui irait dans le sens d'une viabilité à long terme.

Le mot du commissaire industriel
Enfin, de son côté, le commissaire industriel Claude Piché, en marge d'une conférence de presse tenue jeudi matin concernant les opportunités européenne de prospection (voir autre texte), estime qu'il y a encore motif d'espérer, malgré le fait que la situation continue d'être très inquiétante. Nous avons eu des discussions préliminaires, mais ce sont des choses qui prennent beaucoup de temps. Un investisseur ne prend pas rapidement une décision impliquant des déboursés de plusieurs centaines de millions de dollars ! La situation est complexe, ajoute-t-il, et comporte plusieurs dimensions : l'environnement, le marché, la production, la modernisation, la relance et la reconquête d'une clientèle ayant déjà trouvé un autre fournisseur.

Ceci dit, M. Piché a indiqué que le travail qui a été fait jusqu'à maintenant a été bien fait, et a permis à des gens d'exprimer un certain intérêt envers Atlas.

Retour Imprimer



Google
 
Web soreltracyregion.net

13 personnes connectées sur le site
Cette page a été lue 523 fois.