Un bateau en démolition potentiellement dangereux pour l'environnement

11 Mars 2002 - La Voix - (Hélène Goulet – La voix) - Le bateau dont les travaux de démolition ont été arrêtés par une injonction l'été dernier, et qui est toujours amarré au quai situé à la hauteur de la rue George sur la rivière Richelieu, constitue un danger potentiel pour l'environnement. C'est ce que croit le conseiller municipal de Sorel-Tracy Marcel Lavallée, qui a alerté ses collègues à ce sujet lors de la dernière assemblée du conseil tenue lundi soir.

M. Lavallée, après avoir rappelé les principales étapes du dossier qui a débuté le 5 juin 2001 par une demande de la Ville pour une injonction interdisant la poursuite de la démolition – cette dernière venant à l'encontre d'un règlement municipal – souhaite que la Ville dépose une plainte formelle contre le propriétaire du navire, la firme Richard Lafrance inc., parce qu'à l'heure actuelle, a-t-il déclaré, la cale du navire contient suffisamment de pétrole pour devenir un danger en cas d'incendie dans le secteur.

De plus, a-t-il renchéri, la cale du bateau est tellement affaiblie par les travaux de démolition que s'il y a une brèche, ce pétrole pourrait être répandu dans la rivière, causant ainsi des problèmes majeurs pour l'environnement.

Qui plus est, compte tenu de sa fragilité, le bateau pourrait verser de côté, entraînant là aussi d'importants dommages. Ce dossier-là traîne en longueur et c'est malsain. On a l'air coupable même si on avait atteint notre objectif de stopper le démantèlement du bateau. Il ne faut pas laisser ça dans les mains d'un individu peu scrupuleux. La compagnie a changé quatre fois d'avocats et les procédures traînent en longueur.

Pour sa part, le greffier de la Ville, Jean Charbonneau, a fait savoir qu'une équipe d'urgence composée de représentants fédéraux des ministères des Transports et de l'Environnement sont venu examiner le bateau le 31 décembre dernier. Ayant constaté la présence d'une quantité importante de mazout, ils ont immédiatement fait vider le bateau.

Toutefois, selon les experts gouvernementaux, le bateau constitue toujours un danger en lui-même car il est notamment mal amarré et pourrait être renversé par les effets des glaces.

M. Charbonneau a par ailleurs fait remarquer que le dossier étant actuellement en cours de procédures judiciaires, les fonctionnaires gouvernementaux préfèrent généralement attendre l'ordonnance de la Cour avant de procéder.

Il faut porter plainte, croit cependant M. Lavallée : Sur le plan politique, notre rôle aura été fait. C'est important comme gestionnaire de faire cette démarche par mesure de sécurité. Ça nous dégage d'une responsabilité presque morale, a-t-il conclu.

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