Interprétations discordantes sur la notion des frais de scolarité

11 Mars 2002 - La Voix - (Hélène Goulet – La voix) - La cinquième soirée thématique tenue lundi soir dernier à l'initiative du député de Richelieu et ministre de l'Éducation Sylvain Simard, et qui portait incidemment sur l'éducation, s'est terminée sur une note discordante, alors que des étudiants ont mis en doute l'affirmation du Ministre assurant que les frais de scolarité sont gelés depuis 1994.

Au moment où M. Simard annonçait cette semaine dans les médias nationaux ses préoccupations et ses objectifs dans le domaine de l'éducation, ce qui inclut le maintien de ce gel des frais de scolarité, les étudiants, eux, estiment qu'ils payent de plus en plus cher pour avoir accès aux études supérieures, qu'elles soient collégiales ou universitaires.

Le président de l'Association générale des étudiantes et étudiantes du Cégep de Sorel-Tracy, Jean-François Nobert, a fait savoir que pour sa part, ça lui coûtait environ 500 $ pour étudier au collège chaque année. Il y a des frais champignons (frais spéciaux pour les services autres que pour les cours), le stationnement est payant, ça coûte de plus en plus cher. Nous croyons qu'il est important d'investir massivement dans l'éducation pour favoriser l'accessibilité aux études et ce, gratuitement, a-t-il déclaré.

Pour sa part, M. Simard a fait valoir, après avoir réaffirmé que l'accès aux études collégiales est gratuit, que les frais de scolarité universitaires demeurent au Québec les plus bas en Amérique du Nord. En Ontario, a-t-il donné en exemple, ils sont de 4 500 $, alors qu'au Québec, ils sont de 1 600 $. Aux États-Unis, ils grimpent facilement de 25 000 $ à 30 000 $ par année.

Les propos de M. Simard sur le gel ont été fortement mis en doute par Richard Lefebvre, un étudiant en doctorat de l'Université de Montréal, qui est intervenu de façon impromptue vers la fin de la rencontre, en accusant le ministre de mentir.

Depuis l'été 1999, les frais de rédaction à l'Université de Montréal ont augmenté d'environ 1000 % ! a-t-il clamé sans avoir été invité à prendre la parole, n'étant pas le porte-parole d'une institution ou d'un organisme invités.

Des propos aigres-doux ont par la suite été échangés, malgré les interventions de l'animateur de la soirée qui tentait de reprendre le fil du déroulement. Quelques minutes plus tard, la rencontre prenait fin abruptement.

Le ministre Simard a joué sur les mots, a déclaré à La Voix M. Lefebvre, au terme de l'assemblée. Admettant que le ministre ne parlait alors que des frais de scolarités, et non des autres frais relatifs aux études, il a qualifié cette distinction de finasserie. Les droits de scolarité sont calculés sur la base des crédits. Un crédit est calculé à 55,61 $ (...) C'est ce coût que le gouvernement du Parti québécois a congelé, a-t-il précisé.

Les étudiants universitaires accédant à une maîtrise ou un doctorat doivent, selon lui, payer le total des droits de scolarité durant les trois et six premiers trimestres, même s'ils doivent ensuite, au cours des trimestres suivants, rédiger le mémoire (ou thèse) exigé pour l'obtention du diplôme. Les frais de rédaction demandés par la suite sont, estime-t-il, des frais abusifs, compte tenu de l'utilisation minimale des ressources universitaires par les étudiants en rédaction.

Qu'ils soient de niveau collégial ou universitaire, les étudiants, ce qu'ils voient, au bout du compte, c'est la facture totale et non comment on la qualifie, a-t-il fait remarquer.

Bonne note pour la Commission scolaire

Dans un autre ordre d'idées, le porte-parole de la Commission scolaire de Sorel-Tracy, Jacques Bordeleau, avait de «bonnes nouvelles» à faire connaître. Selon lui, la Direction régionale du ministère de l'Éducation en Montérégie, qui a analysé les performances des différentes commissions scolaires, a fait savoir que la c.s. Sorel-Tracy est l'une des commissions scolaires en milieu défavorisé où les plans de réussite ont été les plus intéressants, obtenant le meilleur taux de diplômation, avec 89,5 %, alors que le taux moyen au Québec (dans le même type de secteur), est de 81,5 %.

Le taux de décrochage scolaire est de 8 % à l'école secondaire Fernand-Lefebvre, et de 13 % à Bernard-Gariépy, où il faut cependant tenir compte de la présence concentrée d'une clientèle en adaptation scolaire.
Nous croyons avoir mis les priorités aux bons endroits, a déclaré M. Bordeleau, qui a précisé qu'une gestion rigoureuse avait permis de conserver les ressources professionnelles sans être déficitaire.

M. Bordeleau a en outre fait connaître la satisfaction des dirigeants scolaires à l'égard de M. Simard, qui, a-t-il précisé, a toujours soutenu la Commission scolaire, notamment en évitant il y a quelques années que cette dernière ne soit engloutie par une commission scolaire plus grosse (par exemple à St-Hyacinthe).

De façon générale, les différents intervenants du milieu scolaire et des jeunes ont tous insisté sur l'importance pour le gouvernement de continuer à investir dans l'éducation et les ressources aux organismes voués à la jeunesse.

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