La Ferme des Patriotes, la plus grosse entreprise de production d'œufs biologiques au Canada

11 Mars 2002 - La Voix - (Hélène Goulet – La voix) - Même si la Ferme des Patriotes est située à St-Charles-sur-Richelieu, ses propriétaires Serge Lefebvre, Martine et Chantal Bourgeois, habitent la municipalité de St-Ours et opèrent aussi la Ferme St-Ours, située à l'entrée du village.

À St-Ours, on produit des œufs dit conventionnels, alors qu'à St-Charles, on produit des œufs biologiques.
Pourquoi ne pas concentrer la production à St-Ours ? Le règlement municipal ne le permet pas, fait savoir M. Lefebvre, lors d'une entrevue qui a permis à la signataire de ce texte de comparer (en tant que profane) les deux méthodes de production.

C'est dans la foulée de l'adoption d'un règlement sur l'implantation de porcheries (eh oui !) il y a quelques années, que l'interdiction d'augmenter la production de gallinacés (volailles) avait été sanctionnée, limitant ainsi les producteurs de la ferme St-Ours à leurs droits acquis (20 000 poules pondeuses).

Ce n'est pas normal de se sentir comme des criminels, a laissé tomber M. Lefebvre. Notre métier est important, les normes sont sévères et nous avons une grande responsabilité. L'entreprise agricole emploie 21 personnes réparties à St-Ours et St-Charles. À St-Charles, ils sont contents de nous avoir, on n'a eu aucune plainte.

Les gens se font une idée erronée plutôt que de se déplacer pour aller voir. C'est le syndrome «pas dans ma cour». À l'épicerie pourtant, il ne faut manquer de rien, alors il faut bien qu'ils soient produits en quelque part !

Mais pourquoi les œufs bio ? Nous sommes habitués à produire des œufs de spécialité, poursuit M. Lefebvre : œufs bruns, œufs de type oméga 3, œufs légers avec 25 % de moins de cholestérol. La clientèle est de plus en plus exigeante et sait qu'elle peut avoir accès à des produits spécialisés. La demande est de plus en plus grande et le marché, en croissance, précise-t-il.

C'est ainsi que, ne pouvant faire l'expansion de leur entreprise dans le sens qu'ils le désiraient – ils auraient alors utilisé la ferme Bourgeois des beaux-parents de M. Lefebvre, ils ont dû s'expatrier pour réaliser leur projet qui a vu le jour en l'an 2000 à Ange-Gardien de Rouville, pour ensuite être transféré à St-Charles l'automne dernier.

Des poules heureuses ?

Dans un précédent article sur des produits laitiers produits à St-Aimé, on a parlé de vaches heureuses nourries avec un sous-produit du soya. Dans un même esprit, on serait tenté de croire que les poules brunes (de races Hi-Lyne, Bovans et Isabrown) de la Ferme des Patriotes sont plus heureuses que leurs consœurs de même race de St-Ours, ces dernières étant entassées dans des cages selon les normes en vigueur.
Les poules «bio» courent en effet en liberté dans leur poulailler. Elles ont des nichoirs où elles peuvent pondre leurs œufs bruns (la couleur est due à la race de la poule) à leur guise, avant de retourner jacasser avec leurs congénères. Les poules reçoivent joyeusement les êtres humains en picossant les bottes.

Contrairement aux poules ordinaires, elles ont accès à la lumière du jour et l'été, elles peuvent circuler dehors librement dans des enclos aménagés à cet effet. On calcule environ une superficie de deux pieds carrés par poule. Pour une même superficie dans le secteur régulier, on peut mettre le double de volailles.
Généralement, les opposants à ce genre de production en ont surtout contre les odeurs. La crainte, c'est toujours les odeurs. Et pourtant, contrairement à cette croyance populaire bien ancrée chez les détracteurs, l'odeur n'était pas vraiment accablante dans les poulaillers lors de la visite des lieux. C'est le fumier de poule qui aurait l'odeur caractéristique jugée déplaisante. Mais ce fumier peut se retrouver sur les terres agricoles même s'il n'y a aucun poulailler aux alentours. Par ailleurs, le fumier bio vaut aujourd'hui son pesant d'or, environ 100 $ la tonne. C'est d'ailleurs le seul fumier toléré dans la production biologique en général.

Les poules bio sont nourries avec des produits bio sans OGMou produits de synthèse, ni pesticide. Des précautions sanitaires sévères sont prises à l'intérieur de poulaillers.

Comme elles prennent plus de temps libre pour se dégourdir, elles mangent plus, tout en produisant un peu moins d'œufs que la poule traditionnelle. Les œufs sont ramassés à la main trois fois par jour, ce qui exige une main-d'œuvre supplémentaire, alors que dans l'entreprise traditionnelle, tout se fait mécaniquement.
Bref, ce sont des «poules de luxe» qui coûtent plus cher à entretenir !

Ça coûte environ le double, estime M. Lefebvre.

En conséquence, les œufs bio sont vendus plus cher, évidemment. Alors qu'une douzaine d'œufs réguliers coûte autour de 2 $, la douzaine d'œufs biologiques varie entre 4,59 $ et 4,99 $. Pour le producteur, a indiqué M. Lefebvre, la marge de profit demeure toutefois sensiblement la même.

Les trois poulaillers du producteur abritent 15 500 poules qui arrivent toutes ensemble à l'âge de un jour et qui commencent à produire à la 19e semaine. 52 semaines plus tard, comme leurs congénères traditionnelles, elles ont terminé leur vie de pondeuses et sont vendues pour leur chair qui sera transformée en sous-produits de volaille (brochettes, etc.).

La Ferme des Patriotes est la plus grosse ferme à produire des œufs biologiques au Canada, estime son propriétaire. Deux autres producteurs, de moindre envergure, existent au Québec. Les œufs biologiques sont distribués par Nutri-œufs de St-Hyacinthe dans les épiceries, les grandes chaînes d'alimentation et les marchés de Montréal.

Nous venons d'être inscrit sur la liste de fournisseurs de Loblaw qui s'approvisionnait en Ontario auparavant, a fait enfin valoir M. Lefebvre avec une satisfaction évidente.


La Ferme des Patriotes, la plus grosse entreprise de production d'œufs biologiques au Canada

(Hélène Goulet – La voix) - Même si la Ferme des Patriotes est située à St-Charles-sur-Richelieu, ses propriétaires Serge Lefebvre, Martine et Chantal Bourgeois, habitent la municipalité de St-Ours et opèrent aussi la Ferme St-Ours, située à l'entrée du village.

À St-Ours, on produit des œufs dit conventionnels, alors qu'à St-Charles, on produit des œufs biologiques.
Pourquoi ne pas concentrer la production à St-Ours ? Le règlement municipal ne le permet pas, fait savoir M. Lefebvre, lors d'une entrevue qui a permis à la signataire de ce texte de comparer (en tant que profane) les deux méthodes de production.

C'est dans la foulée de l'adoption d'un règlement sur l'implantation de porcheries (eh oui !) il y a quelques années, que l'interdiction d'augmenter la production de gallinacés (volailles) avait été sanctionnée, limitant ainsi les producteurs de la ferme St-Ours à leurs droits acquis (20 000 poules pondeuses).

Ce n'est pas normal de se sentir comme des criminels, a laissé tomber M. Lefebvre. Notre métier est important, les normes sont sévères et nous avons une grande responsabilité. L'entreprise agricole emploie 21 personnes réparties à St-Ours et St-Charles. À St-Charles, ils sont contents de nous avoir, on n'a eu aucune plainte.

Les gens se font une idée erronée plutôt que de se déplacer pour aller voir. C'est le syndrome «pas dans ma cour». À l'épicerie pourtant, il ne faut manquer de rien, alors il faut bien qu'ils soient produits en quelque part !

Mais pourquoi les œufs bio ? Nous sommes habitués à produire des œufs de spécialité, poursuit M. Lefebvre : œufs bruns, œufs de type oméga 3, œufs légers avec 25 % de moins de cholestérol. La clientèle est de plus en plus exigeante et sait qu'elle peut avoir accès à des produits spécialisés. La demande est de plus en plus grande et le marché, en croissance, précise-t-il.

C'est ainsi que, ne pouvant faire l'expansion de leur entreprise dans le sens qu'ils le désiraient – ils auraient alors utilisé la ferme Bourgeois des beaux-parents de M. Lefebvre, ils ont dû s'expatrier pour réaliser leur projet qui a vu le jour en l'an 2000 à Ange-Gardien de Rouville, pour ensuite être transféré à St-Charles l'automne dernier.

Des poules heureuses ?

Dans un précédent article sur des produits laitiers produits à St-Aimé, on a parlé de vaches heureuses nourries avec un sous-produit du soya. Dans un même esprit, on serait tenté de croire que les poules brunes (de races Hi-Lyne, Bovans et Isabrown) de la Ferme des Patriotes sont plus heureuses que leurs consœurs de même race de St-Ours, ces dernières étant entassées dans des cages selon les normes en vigueur.
Les poules «bio» courent en effet en liberté dans leur poulailler. Elles ont des nichoirs où elles peuvent pondre leurs œufs bruns (la couleur est due à la race de la poule) à leur guise, avant de retourner jacasser avec leurs congénères. Les poules reçoivent joyeusement les êtres humains en picossant les bottes.

Contrairement aux poules ordinaires, elles ont accès à la lumière du jour et l'été, elles peuvent circuler dehors librement dans des enclos aménagés à cet effet. On calcule environ une superficie de deux pieds carrés par poule. Pour une même superficie dans le secteur régulier, on peut mettre le double de volailles.
Généralement, les opposants à ce genre de production en ont surtout contre les odeurs. La crainte, c'est toujours les odeurs. Et pourtant, contrairement à cette croyance populaire bien ancrée chez les détracteurs, l'odeur n'était pas vraiment accablante dans les poulaillers lors de la visite des lieux. C'est le fumier de poule qui aurait l'odeur caractéristique jugée déplaisante. Mais ce fumier peut se retrouver sur les terres agricoles même s'il n'y a aucun poulailler aux alentours. Par ailleurs, le fumier bio vaut aujourd'hui son pesant d'or, environ 100 $ la tonne. C'est d'ailleurs le seul fumier toléré dans la production biologique en général.

Les poules bio sont nourries avec des produits bio sans OGMou produits de synthèse, ni pesticide. Des précautions sanitaires sévères sont prises à l'intérieur de poulaillers.

Comme elles prennent plus de temps libre pour se dégourdir, elles mangent plus, tout en produisant un peu moins d'œufs que la poule traditionnelle. Les œufs sont ramassés à la main trois fois par jour, ce qui exige une main-d'œuvre supplémentaire, alors que dans l'entreprise traditionnelle, tout se fait mécaniquement.
Bref, ce sont des «poules de luxe» qui coûtent plus cher à entretenir !

Ça coûte environ le double, estime M. Lefebvre.

En conséquence, les œufs bio sont vendus plus cher, évidemment. Alors qu'une douzaine d'œufs réguliers coûte autour de 2 $, la douzaine d'œufs biologiques varie entre 4,59 $ et 4,99 $. Pour le producteur, a indiqué M. Lefebvre, la marge de profit demeure toutefois sensiblement la même.

Les trois poulaillers du producteur abritent 15 500 poules qui arrivent toutes ensemble à l'âge de un jour et qui commencent à produire à la 19e semaine. 52 semaines plus tard, comme leurs congénères traditionnelles, elles ont terminé leur vie de pondeuses et sont vendues pour leur chair qui sera transformée en sous-produits de volaille (brochettes, etc.).

La Ferme des Patriotes est la plus grosse ferme à produire des œufs biologiques au Canada, estime son propriétaire. Deux autres producteurs, de moindre envergure, existent au Québec. Les œufs biologiques sont distribués par Nutri-œufs de St-Hyacinthe dans les épiceries, les grandes chaînes d'alimentation et les marchés de Montréal.

Nous venons d'être inscrit sur la liste de fournisseurs de Loblaw qui s'approvisionnait en Ontario auparavant, a fait enfin valoir M. Lefebvre avec une satisfaction évidente.

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