Le dossier du dragage est maintenant prêt à recevoir l'autorisation du ministère de l'Environnement

11 Mars 2002 - La Voix - (Hélène Goulet – La voix) - La Corporation de développement des parcs industriels et du port de Sorel-Tracy avait mis une somme de 6 M $ de côté prise à même la subvention gouvernementale de 21 M $ pour le projet de dragage du port. Ce dragage est rendu prioritaire en raison de l'amoncellement considérable des sédiments situés à l'embouchure de la rivière Richelieu, empêchant de plus en plus les bateaux d'accoster aux différents quais.

Mais une étude de faisabilité effectuée par des experts laissait plutôt croire que le projet allait coûter plus de 12 M $.

Casse-tête et maux de tête pour les responsables du dossier.

Ceux-ci – le Centre local de développement et la Corporation – ont toutefois décidé de refaire leurs devoirs et de commander une contre-expertise visant à vérifier les alternatives à ce projet haut de gamme et optimal qui, tout compte fait, dépassait les besoins réels des usagers du port.

Jeudi, le commissaire industriel Claude Piché, au nom de la Corporation, était heureux d'annoncer en conférence de presse que non seulement le nouveau projet actuellement sur la table se situera vraisemblablement en deçà des 6 M $ prévus initialement tout en répondant aux attentes des usagers, il répondra aussi aux normes environnementales en évitant à la fois le délestage des sédiments en eau libre et le va-et-vient incessant des camions.

En effet, le nouveau projet de dragage sélectif détermine qu'au lieu de draguer quelque 200 000 mètres cubes, on en draguera que 50 000 mètres cubes, auxquels s'ajoutera, au cours des dix prochaines années, un dragage d'entretien d'environ 50 000 mètres cubes supplémentaires (le projet initial prévoyait 100 000 mètres cubes).

Pour résumer, M. Piché a indiqué que la contre-expertise a déterminé qu'il n'était pas nécessaire de procéder au dragage d'une superficie aussi large que prévue pour permettre aux bateaux d'accoster. On élimine donc une partie de cette superficie, partie qui, d'ailleurs, contenait une quantité importante de sédiments. D'autre part, la profondeur du dragage a aussi été modifiée à la baisse, passant de 11,5 mètres à 11 mètres, ce qui est suffisant pour les navires, estiment les experts. Le projet a été validé par les exploitants des quais et répond à leurs besoins.

De plus, le projet de moindre importance permettra l'utilisation d'une technologie plus simple et moins onéreuse.

On évitera le coût du transport des sédiments puisqu'en raison de la quantité moindre, on pourra les déposer à proximité, notamment dans une baie artificielle située en bordure de la rivière, au parc industriel régional, et sur un terrain en bordure du fleuve appartenant à Alstom. Selon les études, les sédiments ne présentent qu'une contamination comparable à l'environnement général du fleuve et ne constituent pas, selon M. Piché, un problème majeur. Les résidus du dragage d'entretien qui sera effectué durant les dix prochaines années seront acheminés à l'ancien site d'enfouissement sanitaire de Sorel-Tracy, avec l'accord de la Ville.
Le projet permettra de préserver la capacité concurrentielle du port, estime-t-il d'autre part, rappelant que le maintien des activités portuaires de Sorel-Tracy était prioritaire pour le développement économique régional, la conservation d'emplois, la production agricole de l'ensemble de la Montérégie et la production industrielle lourde de la région, tout en dégageant les activités portuaires de Montréal.

Dans ce contexte, le dragage est essentiel tant pour la sécurité navale que pour le développement économique. La situation actuelle présente des hauts-fonds qui constituent un danger réel d'accident pour les navires, a fait remarquer M. Piché. Les capitaines de bateaux sont de plus en plus réticents à accepter d'accoster au port de Sorel.

Il ne reste maintenant qu'à déposer le projet auprès du ministère de l'Environnement du Québec, qui doit apposer son autorisation avant de pouvoir procéder aux travaux.

Il s'agit toutefois d'une procédure qui peut s'étaler jusqu'à une quinzaine de mois, puisqu'elle prévoit diverses étapes, dont des études d'impacts et des consultations publiques.

Le député de Richelieu Sylvain Simard a toutefois indiqué que le Ministère avait déjà été sensibilisé au dossier et a dit souhaiter que le processus soit accéléré dans la mesure du possible en respectant les délais légaux.

Une réglementation offre par ailleurs la possibilité de procéder à un dragage d'urgence ne dépassant pas 5000 mètres cubes. Il s'agit d'une disposition qui pourrait être utilisée par la Corporation, croit M. Simard, et qui permettrait un début de dragage dès cet été.

Il s'agit d'un projet viable, économique, et réalisable dans l'année avec des garanties environnementales, a assuré M. Simard, qui a salué le travail quasi quotidien de M. Piché dans ce dossier depuis plusieurs mois.

Les débardeurs signent un contrat de sept ans

Au passage, le député Simard a aussi salué la signature de la convention collective des débardeurs du port de Sorel pour une durée de sept ans. Pour les travailleurs, estime-t-il, c'est important de leur assurer le maintien de leurs emplois et l'assurance de procéder au dragage permet de croire que le port va continuer à se développer.

C'est sécurisant et stimulant pour nous, a enfin fait savoir à La Voix Pierre Éthier, délégué du syndicat des débardeurs affilié au Syndicat canadien de la fonction publique (local 4333). Le dragage est très important pour nous, a-t-il conclu.

Retour Imprimer



Google
 
Web soreltracyregion.net

36 personnes connectées sur le site
Cette page a été lue 778 fois.