Le milieu agricole veut éviter la pollution, l'industrialisation... et les intégrateurs !

5 Mars 2002 - La Voix - (Hélène Goulet La Voix) - Les personnes vivant en milieu agricole, les producteurs eux-mêmes et le député Sylvain Simard sont d'accord sur un point : il faut lutter contre la pollution agricole susceptible de causer des dommages à la terre.

La protection de l'environnement en milieu agricole constitue un des plus grands défis que nous aurons à confronter dans les prochaines années, a déclaré le député Simard, lundi soir dernier, lors de la quatrième assemblée de consultation qu'il a initiée et qui portait sur le monde agricole.

Si tous s'entendent sur la question, les moyens envisagés ne sont pas toujours les mêmes. Pour Catherine Gorreta, porte-parole de l'Autre monde rural, organisme fondé suite au projet d'implantation d'une porcherie à Ste-Victoire, il est essentiel de resserrer les normes environnementales. Citant un article sur la question, elle a déclaré que certains projets, même s'ils sont conformes aux normes en vigueur, sont susceptibles de causer des préjudices. Selon elle, il y a une nuance entre projets agricoles et projets industriels «porteurs de pollution».

D'autre part, Ghislaine Beauchemin, un producteur agricole représentant l'UPA, a fait savoir que les agriculteurs tendent eux-mêmes depuis plusieurs années vers une agriculture durable. La nouvelle génération s'aperçoit qu'améliorer nos méthodes de production de façon écologique est profitable.
Pour sa part, Dollard Cournoyer, président de la Société d'agriculture, a rappelé que la production agricole apporte des inconvénients qu'il faut accepter : Les gens doivent savoir qu'en agriculture, ça sent (le fumier). Nous, les producteurs agricoles, vivons sur nos terres. Aujourd'hui, on met moins de pesticides et d'herbicides. Résultat, ça nous coûte moins cher. Ceci, tout en étant meilleur pour la terre, a-t-il sous-entendu.

En fait, le problème auquel est confronté le producteur est, à l'instar de plusieurs industries, la mondialisation, et la concurrence américaine, où les normes sont moins sévères et où la production agricole est davantage subventionnée.

Tout au long de la soirée, les intervenants ont évité dans la mesure du possible de lâcher le mot «porcherie». Finalement, c'est la mairesse de St-Ours, Marie-Bouchard, qui a abordé la question des intégrateurs, ces démarcheurs qui ratissent le milieu agricole à la recherche de terres où implanter des porcheries. Les intégrateurs ont un lobby très fort et un soutien financier important. Ils ont une bonne écoute du gouvernement. On ne les veut pas chez nous, car quand ils entreprennent un territoire, ils en prennent plus que moins. Ce sont des pratiques qui ne sont pas nécessairement saines.
M. Simard a admis que les intégrateurs pouvaient faire problème, mais qu'on ne pouvait pas régler les choses facilement. Il faut être vigilant. À St-Robert, où il y a une porcherie, il n'y a eu aucune plainte en huit ans. C'est sûr qu'il ne faut pas une porcherie à tous les coins de rues.

Le conseiller municipal Rémi Olivier, de St-Ours, a pour sa part indiqué que les gens vivant en milieu rural et qui ne sont pas des producteurs agricoles, ne sont pas contre l'agriculture, mais plutôt contre une agriculture de type industriel.

Enfin, la conseillère Huguette St-Germain, de Massueville, est intervenue pour signifier son enthousiasme face à la nouvelle politique de la ruralité du gouvernement du Québec. Les gens aiment leur village, leur environnement et leur mode de vie. Cette politique, croit Mme St-Germain, en est aussi une de reconnaissance de ce mode de vie.

Finalement, le député Simard a avoué en fin de soirée avoir craint un «crêpage de chignon» entre tenants et opposants des porcheries.

Les opinions ont été émises dans le respect des uns envers les autres, a-t-il salué. Il faut continuer à se parler. En conclusion, il a rappelé que la région Sorel-Tracy, aux prises il y a quelques années avec un important problème de pollution industrielle, avait su utiliser cette problématique pour en faire une force en faisant de l'environnement son principal créneau de développement économique.

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