Le Comité des Sans-Chemise en campagne pour réclamer un régime plus équitable de l'Assurance-emploi


(photo Hélène Goulet)

8 Juin 2004 - La Voix - Le Comité des Sans-Chemise de la région de Sorel-Tracy profite de la campagne électorale fédérale pour dénoncer ce qu'il qualifie de "vol de la caisse de l'assurance-emploi" et pour réclamer un régime universel plus équitable. C'est dans ce contexte que ses représentants - le Syndicat de l'Enseignement du Bas-Richelieu, le Syndicat des Travailleurs d'Alstom Canada, le Centre d'information, de références et de services, le Regroupement des chômeurs et chômeuses de la région Sorel-Tracy, et le Centre d'aide et d'information populaire - interpellent les candidats des différents partis politiques pour leur demander leur position sur la question de l'Assurance-emploi.

Le porte-parole du Comité, Jean-Pierre Péloquin, a rappelé que depuis 1996, l'Assurance-emploi est de moins en moins accessible aux travailleurs qui perdent leurs emplois.

Depuis cette date, le nombre d'heures travaillées pour être éligible à recevoir des prestations est passé de 300 à 910 heures. Parallèlement, les personnes ne peuvent pas cotiser avant d'effectuer un minimum de 15 heures/semaine, ce qui pénalise plus particulièrement les jeunes et les femmes.

En 2004, seulement 45% des personnes qui cotisent sont éligibles, alors que ce pourcentage était de 81% avant 1996, a soutenu M. Péloquin. Selon lui, depuis 1996, ce sont 39 millions $ par année qui se versent en moins en cotisations dans le Bas-Richelieu. Ça finit par créer une pression sur l'Aide sociale (de compétence provinciale), note-t-il.

Cette situation est d'autant plus scandaleuse, estime-t-il, que le gouvernement fédéral libéral a eu, grâce à la caisse de l'Assurance-emploi, un surplus qui était de 44 milliards de dollars en mars 2003. Ce surplus doit aujourd'hui friser les 50 milliards, croit-il.

Il existe, à travers le Québec, une quinzaine de comités de sans-chemise, dont les représentants ont rencontré, récemment à Granby, le premier ministre sortant Paul Martin, qui était en 1996 ministre des Finances et donc responsable de ces surplus budgétaires pris à même les cotisations des travailleurs canadiens.

Interpellé sur la question, M. Martin a répondu que ces surplus avaient été utilisés pour éponger le déficit, pour investir dans la santé, etc. Selon M. Péloquin toutefois, il s'agit d'un réel détournement de fonds puisque les travailleurs cotisent pour une assurance-emploi et non pour payer d'autres dépenses.

D'où le slogan Qui a volé l'argent des chômeurs ? Moi, je ne vote pas pour ça ! que l'on retrouve sur des affiches placardées un peu partout dans la ville, à l'image des affiches des candidats.

La Loi de l'Assurance-chômage, adoptée en 1940, est la loi sociale la plus ancienne au pays, a rappelé M. Péloquin. Elle avait été votée au Parlement en 1935, dans la foulée de la crise économique de 1929, mais ce n'est qu'en 1940 qu'elle a obtenu la sanction royale britannique obligatoire. En 1971, le régime est devenu universel.

On demande aux partis politiques d'avoir une position claire sur la question, et de prendre position sur la base de nos revendications, a indiqué M. Péloquin, qui a précisé que les Sans-chemise ont pu, dans le cadre de la campagne, s'enregistrer au Registre des tiers tel que prévu par la Loi canadienne. Dans ce contexte, l'organisation québécoise a droit de dépenser un maximum de 168 900 $ pour faire la promotion de ses idées dans le contexte de la campagne électorale fédérale.

Dans Richelieu, les représentants de l'organisation comptent interpeller les candidats lors d'événements publics.

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