Le Survenant débarquera chez vous!


L'équipe du Survenant et le comité de la fierté

21 Avril 2005 - Les 2 Rives - Marilyne Champagne les 2 Rives - Les comédiens Jean-Nicolas Verreault, François Chénier, Germain Houde et Catherine Trudel étaient de passage dimanche dernier à Sorel-Tracy, à l'occasion de la sortie du film Le Survenant, qui était présenté en avant-première soreloise au Cinéma St-Laurent. Ces derniers, accompagnés du réalisateur Érik Canuel, du producteur Jacques Bonin et de la scénariste Diane Cailhier, ont rencontré les médias en conférence de presse.

"C'est le film le plus important de ma carrière!", s'est exclamé Érik Canuel, à qui l'on doit notamment La loi du cochon, Nez Rouge et Le dernier tunnel. Il a aussi confié que s'il a décidé de plonger dans l'aventure du Survenant, c'était à cause de Diane Cailhier, une scénariste avec laquelle il avait déjà travaillé et dont il connaissait le talent. C'est avec entrain qu'il a également salué le talent des comédiens exceptionnels qui ont eu à camper des personnages phénoménaux.

Le film se devait de respecter l'œuvre de Germaine Guévremont, de s'en inspirer, en plus de puiser à même la source d'inspiration de l'écrivaine, a laissé entendre M. Canuel. "On n'a jamais voulu dénaturer l'œuvre", d'ajouter le producteur. La preuve, les Guévremont ont été enchanté du résultat!

Le défi était de taille puisqu'il fallait trouver la bonne façon de traduire à l'écran toute la poésie, la subtilité et tout le lyrisme qui font la beauté du livre. Mme Cailhier a confié avoir lu le livre de Mme Guèvremont près de 14 fois. Comme dans toute adaptation de roman, un travail de synthèse a aussi été nécessaire. Il a été primordial pour toute l'équipe de connaître bien l'histoire puisqu'il y avait beaucoup "d'atmosphère" à mettre en images, de non-dits, a mentionné la scénariste. Du livre, on se devait de faire évoluer les personnages pour qu'ils gagnent en profondeur. Des personnages qui ont chacun une faille. La différence majeure entre le livre et le film se trouve au niveau du point de vue de la narration : dans le premier cas, c'est celui des Beauchemin qui est mis de l'avant tandis que le film montre celui du Survenant.

Au-delà de l'histoire proprement dite, il y avait aussi le souci de la langue, de conserver la manière de parler de l'époque et les expressions utilisées dans la région du Chenal du Moine, tout en les rendant compréhensibles pour un public de notre époque. Pour ce faire, Mme Cailhier a dit s'être référée à des dictionnaires de vieux français et avoir accordé une très grande importance au choix des mots à dire. De son côté, Germain Houde a tenu à rappeler l'importance de ne pas trop moderniser la langue et que c'était celle-ci qui faisait le charme de l'histoire.

Et même avec son langage coloré, le Survenant demeure une œuvre "très, très actuelle", de déclarer Jean-Nicolas Verreault. Effectivement, la question de l'actualité du propos du Survenant est revenue à plusieurs reprises lors de la conférence de presse. "Le Survenant nous ramène à notre propre vérité. Les gens n'aiment pas être bousculés dans leur quotidien", a ajouté M. Canuel à ce sujet.

Une grande aventure

Par ailleurs, bien que le tournage fut une belle aventure pour l'équipe de réalisation, celle-ci a dû faire face à plusieurs contraintes, qu'elles soient de temps, de température ou de lieu. Cependant, le film n'a nécessité qu'une trentaine de journées de tournage, un exploit pour une production d'une telle envergure. Un autre problème a été celui de la température qui s'est avérée trop clémente au moment où l'on souhaitait réaliser une scène de coupe de glace; il fallut donc s'adapter et la forêt a remplacé la glace. Enfin, tourner un film qui se déroule dans les années 1910-11 a comporté aussi son lot de difficultés, ne serait-ce que pour trouver un lieu de tournage sans fils électriques ni industries en toile de fond. Toutefois, l'équipe dit avoir été charmée par les paysages du Chenal du Moine, dont l'Île Dupras, et elle a salué l'accueil extraordinaire des gens de la région. Jean-Nicolas Verreault a aussi confié éprouver un immense plaisir à être de passage à Sorel-Tracy et a rappelé l'importance de considérer le Québec dans son entier, d'aller au-delà de Montréal.

D'autre part, Érik Canuel a souligné aussi le rôle éducatif du film et l'importance de faire voir aux jeunes d'où on vient. Le Survenant présente des gens heureux, qui vivaient bien, ce qui contraste avec d'autres films québécois à caractère historique montrant souvent une époque sombre et triste où les personnages sont misérables, ont rappelé le réalisateur et le producteur.

En ce qui a trait à la série télévisée Le Survenant (de 1954 à 1960), celle-ci n'a influencé en aucun cas le travail de la réalisation, ni celui des acteurs. "Pour ceux qui ont aimé Jean Coutu, faites-en un deuil", s'est exclamé M. Canuel en faisait référence à la performance de Jean-Nicolas Verreault.

Le film prend l'affiche le 22 avril prochain, dans sa version originale et sous-titrée en anglais. Dans trois semaines, il sera du Marché du film à Cannes et sera aussi présenté, dans le cadre de festivals, à Venise, à Berlin et à Los Angeles, et ce n'est qu'un début. Avec ses paysages magnifiques, le Survenant risque d'attirer beaucoup de gens dans la région. Ce sera l'occasion rêvée pour la population de Sorel-Tracy d'accueillir avec chaleur et ouverture d'esprit tous ces "survenants" qui seront de passage!

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