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L'urgence du dragage refait surface ; Un bateau heurte le quai à cause des hauts-fonds

20 Août 2001 - La Voix - Un bateau qui devait décharger sa cargaison au port de Sorel a heurté, le vendredi 3 août dernier, le quai de déchargement opéré par la compagnie James Richardson international, situé du côté du fleuve St-Laurent, tout près de l'embouchure de la rivière Richelieu.
Un accident qui n'a pas trop causé de dommages importants, tant au bateau qu'au quai, mais qui aurait pu avoir des conséquences désastreuses si le navire avait embouti les équipements de déchargement. Cependant il s'agit d'un événement qui affectera d'une façon certaine la rentabilité de l'entreprise.
En effet, selon le directeur local de JRI, Fernand Roy, les hauts-fonds provoqués par l'accumulation des sédiments au confluent de la rivière et du fleuve, combiné à la baisse du niveau de l'eau due à la belle température des dernières semaines, amènent les capitaines de bateaux à vouloir accoster dans d'autres ports. Déjà, l'entreprise a perdu des contrats qu'elle évalue à près de 600 000 $, a affirmé M. Roy.
Vendredi dernier, le capitaine du Paterson, en provenance des Grands Lacs, ne voulait pas accoster au quai et voulait aller ailleurs. C'est nous qui avons insisté, a expliqué à La Voix M. Roy. Nous avons fait venir deux remorqueurs pour manoeuvrer à travers les hauts-fonds. Ça nous a coûté un supplément de 8 000 $.
Ces précautions n'ont pas empêché le bateau de rentrer dans le quai. Le capitaine n'avait pas vraiment des bons mots pour Sorel... a laissé tomber M. Roy. Le grain déchargé est manipulé par les employés de JRI qui va le recharger sur des bateaux de mer. Ça représente une partie importante de l'économie locale, croit M. Roy. Mais avec le dragage qui tarde, le port de Sorel est en train de perdre son nom, a-t-il lancé.
Un dragage avait été effectué par l'entreprise même sur une largeur de 8 mètres en 1999-2000. Cependant, ce n'est pas suffisant pour les bateaux plus importants. Le fonds se situe actuellement entre 6 et 8.5 mètres. Le projet de dragage devrait permettre de l'abaisser à 9.5 mètres, ce qui est nécessaire pour les gros navires.
Rappelons qu'une partie importante du fonds de relance régional de 21 M $, soit quelque 6 M $, est réservé à cet épineux dossier du dragage. Toutefois, les études d'impacts, qu'elles soient économiques ou environnementales, s'étirent. Ce qui n'aide pas, ce sont aussi les échanges entre les gouvernements fédéral et provincial. Le fédéral s'est départi des ports il y a quelques années, mais n'a toujours pas allongé l'argent qu'il avait promis dans le cadre du transfert des responsabilités. Le provincial, a pour sa part, une vision de la gestion des ports qui n'a pas encore été dévoilée. Des rencontres gouvernementales doivent d'ailleurs avoir lieu à Québec la semaine prochaine à ce sujet.
Pour Fernand Roy, c'est clair : Il faut réactiver le dossier. On a l'argent (les 6 M $), il faut que ça bouge, car on perd de l'argent. Le député Sylvain Simard va devoir faire des pressions en haut lieu. M. Roy a par ailleurs affirmé qu'un contracteur lui a fait savoir récemment qu'il pouvait effectuer le contrat «clé en main» dans un délai de quatre mois, ce qui comprendrait l'obtention des permis du ministère de l'Environnement.
Le milieu doit aussi contribuer financièrement
Pour sa part, le directeur général du Centre local de développement du Bas-Richelieu, Yves Fortin, a expliqué à La Voix qu'il y a une importante question financière à régler. Le CLD est maître d'oeuvre dans le dossier du dragage. Selon le protocole d'entente signé à la suite de l'obtention des 21 M $, le fonds de relance ne peut financer au-delà de 70 % du coût total de la facture, a-t-il rappelé. Il faut donc trouver les 30 % restants. Si on parle d'une facture totale de 6 M $ pour le dragage, cela veut dire un apport local de 1,8M $. Au moment où on se parle, personne ne s'est encore manifesté en ce sens. M. Fortin a de plus laissé entendre que la facture totale pourrait s'élever au-delà de 6 M $.
Les négociations du fédéral et du provincial sur le transfert des ports et des quais peuvent aussi prendre des années à se régler, croit M. Fortin. Québec devrait présenter bientôt sa politique maritime et ses engagements, a-t-il toutefois précisé.
Le député (Sylvain Simard) est sensible au problème et on essaie de trouver des solutions. Vous savez, a-t-il poursuivi, le dragage représente 225 000 mètres cubes de sédiments à déplacer. Pour illustrer, un camion 10 roues peut transporter 10 mètres cubes. Ça représente donc 22 000 camions.
Si le dossier finit par débloquer, on pourrait aussi décider d'étaler les travaux sur deux ans, avance M. Fortin.
Chose certaine, il s'agit d'un dossier plus que préoccupant, a-t-il conclu. Au bureau du député et président du Conseil du trésor, Sylvain Simard, on signale que ce dernier entrera de vacances lundi prochain (20 août). Son attaché politique Sylvain Rochon a confirmé à La Voix que M. Simard sera saisi des derniers événements dès son retour.














