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Sœur Simone Cournoyer prend sa retraite

Sr Simone Cournoyer
10 Avril 2005 - La Voix - Elle aime être à l'écoute des patients, et ces derniers l'aiment beaucoup.Mais voilà, une santé de plus en plus précaire a finalement eu le dessus sur l'inlassable énergie déployée par Sœur Simone Cournoyer, qui quittera son poste de commissaire locale à la qualité des soins de l'Hôtel-Dieu de Sorel, le 28 mai prochain.
À 77 ans, on peut certes parler d'une retraite bien méritée, après 34 ans de loyaux services au sein de l'institution de santé soreloise.
Mais Sœur Simone ne s'en ira pas sans un pincement au cœur, et une pensée pour chacun des malades à qui elle a prodigué des soins et remonté le moral.
Je dois quitter à cause de ma santé, a déclaré la religieuse, lors d'une entrevue exclusive avec la représentante de La Voix. Ce n'est parce que je n'aime pas mon travail, mais je souffre de polyarthrite et je suis très fatiguée. Je dois m'arrêter, a-t-elle laissé tomber.
Elle commencera sa retraite par une période de vacances, qu'elle passera au Nouveau-Brunswick, un port d'attache où est située la maison-mère de la Congrégation des sœurs hospitalières de Saint-Joseph, communauté fondatrice de l'Hôtel-Dieu de Sorel.
Après ces vacances, elle ira habiter la maison-mère de Montréal, où elle passera une année sabbatique, question de se reposer. Pendant un an, je n'aurai pas d'obligation à respecter, a-t-elle précisé.
Toutefois, ceux et celles qui la connaissent savent bien qu'elle ne pourra pas demeurer sans rien faire. Déjà, elle admet qu'elle gardera son poste au sein du conseil d'administration de la Fondation Hôtel-Dieu de Sorel, afin, entre autres, de garder un lien avec la région.
Une carrière bien remplie
Née un 10 mai dans le quartier du "petit Fort à la mélasse", chemin Sainte-Anne à Sorel, Sœur Simone Cournoyer est entrée en religion à l'âge de 18 ans, en 1948. Je n'ai jamais pensé autrement, je me sens chez moi dans ma communauté, et je n'ai jamais regretté. J'aime servir les autres, leur venir en aide et soigner les malades, a-t-elle précisé. Elle possède une formation d'infirmière hospitalière, ainsi qu'un baccalauréat en sciences infirmières obtenu à l'Université de Montréal.
Elle entre à l'Hôtel-Dieu de Sorel en 1971 comme infirmière responsable du bloc opératoire et de la salle d'opération, puis devient par la suite responsable du département de chirurgie 2D.
Mais c'est la dimension humaniste des soins qui l'intéresse plus particulièrement : la dimension humaine, c'est très important. J'aime aider les malades et les accompagner psychologiquement pour les aider à passer à travers l'épreuve. C'est d'ailleurs elle qui proposera à la Fondation Hôtel-Dieu de verser annuellement un montant d'argent pour l'humanisation des soins. Ce montant, qui est passé de 5 000 $ à 25 000 $ au fil des ans, permet d'acheter des équipements tels des fauteuils confortables, ou des civières, qui améliorent la qualité de séjour des patients à l'Hôtel-Dieu.
Après une formation supplémentaire en psychologie en 1986, des stages dans des unités de soins palliatifs à Marseille et à Lyon, en France, puis des études à l'université d'Ottawa, elle devient protecteure du malade, dont le nom a été changé depuis pour celui de commissaire local à la qualité des services, poste qu'elle occupe depuis ce temps.
Dans l'exercice de ses fonctions, elle a formé à ce jour plus de 600 bénévoles accompagnateurs qui ont œuvré ou qui oeuvrent encore auprès des malades. Une formation qu'elle juge très importante, car l'accompagnement des malades et des mourants constitue une chose délicate. Il faut se connaître soi-même, sinon on se brûle. Il faut aussi savoir se protéger, tout en étant humain, respectueux et à l'écoute, a-t-elle précisé.
Quand on lui demande quels sont les plus beaux moments de sa carrière, Sœur Simone répète : écouter les malades, écouter les gens, les aider... Les préparer psychologiquement avant une opération, écouter les membres de la famille. On ne peut pas séparer la préparation des familles de celle des mourants. Il faut les faire cheminer au même rythme, croit-elle.
Sa grande humanité a souvent été remarquée : en 1995, notamment, elle recevait des mains de la ministre Pauline Marois le Prix d'excellence de la Montérégie à titre de bénévole. Elle a également été honorée il y a deux ans à l'occasion de la Fête du Canada tenue à Sorel-Tracy. L'animatrice de télévision Denise Bombardier l'a recrutée pour participer à une émission intitulée Adieu nos soeurs, sur la baisse des vocations au Québec.
Ceci dit, même si elle apprécie ces marques de reconnaissance, Sœur Simone Cournoyer ne passe pas sous silence tout le travail accompli par ses bénévoles, notamment celui de sa secrétaire bénévole Lise Proulx, qui travaille auprès d'elle depuis plus de sept ans. Sans elle, je n'aurais pas pu accomplir tout ce que j'ai fait. C'est une personne simple et perfectionniste, qui me décharge de bien des choses, a-t-elle fait valoir.
Par ailleurs, la religieuse estime que les soins dispensés à l'Hôtel-Dieu de Sorel sont de qualité. Le personnel est encore très humain, et plusieurs ont encore l'amour de la vocation, malgré la surcharge de travail. Nous avons des soins extraordinaires, et si on se compare, on n'a pas à être jaloux d'ailleurs, pense-t-elle.
Pour elle, il est évident que le vieillissement de la population constitue une pression énorme sur le système de santé. D'où l'importance d'un organisme comme la Fondation Hôtel-Dieu, croit-elle. Si on n'avait pas la Fondation, nous devrions composer avec plusieurs équipements désuets. La population soreloise est très généreuse a-t-elle soutenu.
C'est sûr que je pars avec un peu de regret, avoue-t-elle à la fin de l'entrevue.
Mais avouons, ceux qui vont la regretter le plus, ce sont les nombreux patients de l'Hôtel-Dieu, et tous ceux et celles qui ont un jour croisé son chemin.














