![]() |
Les producteurs agricoles ont pris le virage vers une agriculture durable, assure l'UPA
19 Février 2002 - La Voix - (HG) - Avec le projet d'implantation d'une porcherie à Ste-Victoire son nombre d'opposants, les représentants locaux de l'Union des producteurs agricoles (UPA) ont senti le besoin de mieux faire connaître le virage vers une agriculture durable qu'ont dû emprunter les producteurs agricoles du Québec.
Cela fait plus de 10 ans que les producteurs font des efforts pour l'environnement, croit le président de la section locale, Daniel Fredette.
Lui et son confrère Alain Beaudin ont rencontré la semaine dernière les maires de la région, puis les représentants des différents organismes économiques, afin de leur expliquer quelle était cette agriculture durable, et quels étaient les principaux défis à relever dans le Bas-Richelieu pour en venir à une cohabitation harmonieuse de tous les milieux.
Selon MM Fredette et Beaudin, les producteurs agricoles comprennent de plus en plus que l'agriculture durable – structure d'entreposage, rotation des cultures, nivelage du sol, plan de fertilisation, utilisation de résidus de production (paille et fumiers, par exemple), etc., au lieu d'engrais chimique, est rentable.
Pour Alain Beaudin, l'utilisation des résidus n'a d'ailleurs pas pour seul but de fertiliser, mais aussi de nourrir les micro-organismes de la terre, ce qui est profitable au sol. S'adapter aux nouvelles techniques, c'est facile et plus rentable, fait-il valoir.
Depuis quelques années, les agriculteurs, face aux changements dans les méthodes de productions, se sont formés des clubs-conseils, ce qui leur permettent d'engager collectivement un agronome. Tour à tour, ils essaient ces nouvelles méthodes sur des parties de leurs terres et l'expérience est par la suite adaptée à l'ensemble des fermes. Chacun donne les méthodes qu'il a expérimentées et qui peuvent être applicables aux autres, a indiqué M. Beaudin.
Par ailleurs, un développement harmonieux doit être équilibré dans une région. Si les cultivateurs ont besoin de fumier pour nourrir leur terre au lieu d'utiliser des intrants (engrais chimique), il faut aussi des producteurs animaliers pour leur fournir ce fumier. Il faut développer en créant un équilibre entre la production végétale et animale, estime M. Fredette. Actuellement, fait-il savoir, il manque de producteurs animaliers dans la région, ce qui pourrait inciter des producteurs à importer du fumier d'autres régions. Ce serait mieux avant tout de générer des activités économiques ici. Mais on ne veut pas créer de surplus dans la production animale, par exemple, précise M. Fredette.
Ce dernier estime que concernant l'implantation de la porcherie, les opposants ont une certaine méconnaissance de la façon dont l'agriculture évolue. Pour ma part, ce n'est pas un problème de cohabitation, c'est un problème d'acceptation. Il est important de se parler et de dialoguer. Je comprends leur peur que ça sente mauvais tout le temps, mais ce ne sera pas le cas, assure-t-il, donnant exemple l'absence de problèmes engendrés par la présence de porcheries à Saint-Aimé. Les gens savent ce que c'est, quand c'est la période de brassage, ça dure de 24 à 48 heures, affirme-t-il. Il y a des producteurs qui ne font pas d'efforts et ceux-là, on (l'UPA) ne les défend pas. Le ministère de l'Environnement devrait leur enlever leur permis. On ne souhaite pas que les gens vivent dans de mauvaises odeurs à l'année longue, a-t-il soutenu. Ce ne serait pas à l'avantage du producteur de porc que de se mettre ses voisins à dos en faisant de mauvaises pratiques agricoles.
Le secteur agroalimentaire constitue par ailleurs un des secteurs économiques le plus dynamique au Québec à l'heure actuelle. En 2001, à l'intérieur d'une période de neuf mois, affirme Alain Beaudin, il s'est créé 14 000 emplois. Ça prend aussi de l'agriculture pour faire de la transformation agroalimentaire.
Dans le Bas-Richelieu, on compte 502 producteurs (125 femmes et 377 hommes) pour 361 fermes qui se partagent 36 000 hectares de terre, soit 2/3 du territoire de la MRC. Le secteur agroalimentaire, ce qui comprend l'agriculture et la transformation, y génère 1 260 emplois et occupe 6 % de la population active. Les principales productions sont laitières (43 %), céréalières (33 %) et porcines (12 %). La volaille et les autres productions végétales représentent 11,6 %. Le capital agricole est évalué à 215 M $.
Selon les statistiques, une ferme québécoise nourrit 225 personnes par jour et crée une moyenne de 12 emplois.














