![]() |
Consultation de Sylvain Simard sur la santé
19 Février 2002 - La Voix - (HG) - C'était à prévoir. La cinquantaine de représentants d'organismes du milieu de la santé, qui avait répondu à l'invitation du député Sylvain Simard pour assister à une soirée de consultation concernant leurs attentes à son égard, a particulièrement débattu de la question d'un éventuel regroupement des institutions de santé du Bas-Richelieu.
Admettant les conditions particulières de la région (vieillissement de la population, baisse démographique, exode des jeunes) devant obligatoirement mener à un réajustement au niveau des services offerts, les intervenants ont toutefois bien indiqué à M. Simard que les missions respectives de chaque institution – soins de 1ère ligne pour le CLSC, soins de longue durée pour les CHSLD et soins de courte durée pour l'Hôtel-Dieu – devaient être maintenus. Quelques-uns d'entre eux doutaient notamment qu'un regroupement puisse permettre cela.
D'autres ont fait état de leurs craintes à l'égard d'une fusion, ce qui est, tous en ont convenu, très différent d'un regroupement.
Pour un, René Lachapelle, qui représentait la CSN à cette occasion, a indiqué que le mouvement syndical ne s'opposait pas nécessairement à un regroupement. Mais ça doit se faire dans le sens d'un développement des services qui passe par un financement public adéquat. Pour sa part, Fernand Lacoursière, de la CSN, a déploré que les travailleurs – ceux qui vivent quotidiennement avec les patients – aient été en quelque sorte exclus du débat. On respecte les conseils d'administration (dans lesquels on retrouve des représentants des usagers) mais pour une décision aussi capitale, les travailleurs de la santé devraient pouvoir donner leur point de vue.
Sylvain Simard a pour sa part tenté de rassurer la salle en assurant que les missions respectives devront continuer et être au cœur de l'action. Sa préoccupation se portait plus particulièrement sur la situation particulière du Bas-Richelieu qu'il estime, du point de vue vieillissement de la population (16,5 % de la population est âgée), être de 10 ans en avance de ce qui sera la réalité du Québec dans une dizaine d'années.
Il nous faut assumer des soins de santé coûteux, mais les gens d'ici ont le droit d'obtenir les mêmes services qu'ailleurs.
Une des problématiques concernant le financement est que le Bas-Richelieu fait partie de la Montérégie, région dont la moyenne d'âge est beaucoup plus jeune que dans le Bas-Richelieu, ce qui crée des écarts importants. De plus, le financement per capita n'avantage pas la région, puisqu'elle est en décroissance. Alors que les soins à donner sont plus coûteux en raison de l'âge plus avancé des patients, on reçoit moins d'argent parce qu'il y a moins de monde. C'est un paradoxe auquel M. Simard s'est dit sensible.
Le manque de recours aux soins de santé les soirs et les fins de semaine est aussi un phénomène préoccupant, surtout si on le couple avec le manque de médecins généralistes. Actuellement, l'urgence de l'Hôtel-Dieu constitue la seule porte d'accès aux soins de santé en dehors des heures régulières de travail, ce qui provoque parfois des distorsions tant au niveau budgétaires que dans les différents types de soins à offrir.
Le manque d'omnipraticiens constitue un problème majeur dans la région, croit pour sa part le Dr Pierre Martin, président du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de l'Hôtel-Dieu. Selon lui, 30 % de la population n'a pas accès à un médecin de famille, les clientèles des médecins actuels étant complètes.














