La première cuvée d'étudiants en tourisme : des gens fiers de la région

28 Janvier 2002 - La Voix - (HG) Les neuf étudiants qui font partie de la première cuvée d'étudiants en accueil touristique et qui termineront leurs études l'été prochain espèrent faire office de précurseurs dans le domaine. Ce sont des gens fiers de leur région et qui ont décidé de la faire connaître au reste du monde.Ce cours qui mène à l'obtention d'un diplôme d'études professionnelles (DEP) a débuté le 15 octobre et est d'une durée de neuf mois. Il a été offert dans la foulée de la reconnaissance de la région du lac St-Pierre comme réserve de biosphère qui devrait, espèrent les intervenants touristiques, attirer de plus en plus de touristes dans la région.

Ces personnes, qui proviennent de divers milieux, ont choisi le tourisme parce qu'ils se disent tous fiers de la région, même ceux qui n'en sont pas originaires et qui s'y sont installés plus récemment. Josée Langelier, par exemple, a été longtemps professeur de piano à Tracy. Les affaires étant moins lucratives par les temps qui courent, elle a décidé de se réorienter et, pour elle, le secteur touristique constituait une avenue intéressante. J'espère pouvoir gagner ma vie dans ce domaine, souhaite-t-elle.

Ce cours n'en est pas un d'agent de voyage, prévient l'enseignante, Nathalie Chevrier, qui a été recrutée à Montréal et à qui les étudiants ont fait découvrir une région qu'elle ne connaissait pas et qu'elle apprend aujourd'hui à aimer.

Votre région possède un potentiel incroyable au niveau nautique, notamment, estime celle qui, à l'instar de beaucoup de Montréalais, ne connaissait de Sorel que la présence des Hells Angels. Avant de connaître votre région, je n'avais pas envie d'y venir. Dans les guides, on n'en parlait pas. Mes élèves me donnent aujourd'hui l'envie de découvrir la région. Quand je viens ici par la route 132, je découvre un très beau paysage. Il y a beaucoup de potentiel aussi parce que ce n'est pas loin de Montréal.

C'est très important de faire la promotion de notre région, assurent les étudiants, enthousiastes. Le défi consiste aussi à articuler le développement touristique, estime pour sa part Daniel Tremblay. Ça prend des infrastructures et des entrepreneurs. Des idées de projets, j'en ai plusieurs que je peux donner à ceux qui ont envie de partir des entreprises, ajoute-t-il.

Tous sont convaincus que ça prend quelques événements majeurs, comme le Festival de la gibelotte, ou le Festival des Montgolfières à St-Jean, pour attirer les touristes plus d'une journée.Les étudiants s'inquiètent notamment du peu de ressources dans le domaine de l'hébergement, domaine où ils seront particulièrement formés et où ils devraient normalement effectuer des stages cet été. C'est un problème majeur et ça nous inquiète un peu, admettent-ils, rappelant qu'à l'heure actuelle, seule l'Auberge de la Rive constituait une infrastructure hôtelière d'envergure dans la région.

En attendant, ils suivent différents cours : anglais, patrimoine avec Louise Pelletier, des cours sécurité de l'Ambulance St-Jean. Dans leurs locaux situés au Centre de Formation professionnelle, boulevard Tracy, une partie de l'ameublement fait office de simulation d'une réception d'hôtel. Ils assistent aussi à de nombreuses conférences. Nous sommes en mode «immersion», on en parle tout le temps ! Nous en mangeons !

Si la plupart souhaitent un jour être à l'emploi dans le milieu l'hébergement, certains ont des projets plus spécifiques. Michelle Savard, qui est venue demeurer dans la région à cause de son conjoint originaire de Sorel-Tracy, espère fonder, d'ici quelques années, avec d'autres personnes, une auberge de jeunesse qui sera gérée sous le mode coopératif. Daniel Tremblay souhaite devenir agent de développement touristique. Diane Provençal songe à devenir coordonnatrice en événements spéciaux.

Pour eux, le développement touristique de la région demeure un beau et immense défi : À Sorel, il y a tout à faire, c'est un avantage car à Montréal, par exemple, il y a beaucoup de compétition, estime Daniel Tremblay : Les défaitistes diront qu'il n'y a rien, mais les positifs, eux, diront qu'il y a tout à faire. C'est une question de point de vue. Il y a ici un grand potentiel de développement écotouristique, récréotouristique, agrotouristique et même en tourisme industriel (visites d'usines).

Il faut se vendre, vendre nos produits locaux, vendre sa ville, non seulement aux touristes, mais aussi à ceux qui seraient amenés à y vivre, estime pour sa part Nicole Pageau. Au fil de la discussion avec la journaliste, les étudiants s'enflamment, se passionnent, discutent à bâtons rompus.Bref, cette première cuvée d'étudiants en tourisme constituera certainement une belle équipe d'ambassadeurs pour la région.


Hélène Goulet Journal La Voix

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